La proctite : définition, causes et traitement

La proctite est une affection qui doit toujours être traitée car, dans le cas contraire, elle peut déboucher sur de sévères complications. L'alimentation et le style de vie influent de façon décisive le développement de cette maladie.
La proctite : définition, causes et traitement

Dernière mise à jour : 06 mai, 2021

La proctite est une inflammation de la paroi du rectum, un tube de type musculaire qui se trouve au bout du côlon, ou gros intestin, et le connecte à l’anus. Les selles passent par ce tube au fur et à mesure qu’elles sortent du corps.

Cette maladie cause plusieurs symptômes gênants qui sont parfois passagers mais peuvent aussi devenir chroniques. La proctite est commune chez les personnes qui sont atteintes de la maladie inflammatoire intestinale, de la maladie de Crohn ou d’une colite ulcéreuse.

Le plus habituel est que l’on traite la proctite avec des médicaments et des modifications dans le style de vie. L’opération n’est nécessaire que dans les cas les plus graves. Selon les données disponibles, cette maladie est en hausse dans le monde actuel.

Quels sont les symptômes ?

Anatomie du rectum.

La proctite est une inflammation de la paroi de l’anus qui peut entraîner une douleur et devenir chronique.

Les symptômes typiques de la proctite sont la douleur dans la zone du rectum et le besoin continu de déféquer. Si on a déféqué il y a peu de temps, on a la sensation de ne pas avoir eu d’évacuation totale. C’est ce que l’on connaît sous le nom de ténesme rectal.

D’autres symptômes sont les suivants :

  • Douleur dans l’anus ou sensation d’avoir quelque chose de mis dans cette zone.
  • Douleur abdominale.
  • Saignement rectal.
  • Sécrétion de mucus par le rectum.
  • Selles très molles.
  • Diarrhée aqueuse, souvent suivie de constipation.
  • Douleur en déféquant.

Dans certains cas, la proctite provoque un dysfonctionnement de la vessie ainsi qu’une faiblesse et une brûlure dans les jambes. Par ailleurs, certains hommes peuvent avoir du mal à maintenir une érection. Dans de rares cas, il peut aussi y avoir de la fièvre et une perte de poids.

Principales causes

La proctite peut avoir des causes très différentes. Le plus habituel est qu’elle provienne d’affections sous-jacentes. Les principales raisons pour lesquelles cette maladie apparaît sont les suivantes :

  • Maladies sexuellement transmissibles (MST). Il peut s’agir de l’effet de la gonorrhée, de la chlamydia, de la syphilis et de l’herpès. En général, elle se transmet par le sexe anal. Chez ceux qui ont le VIH, la maladie est généralement plus grave.
  • Infections communes. Il est possible que la proctite soit la conséquence d’une infection par des bactéries comme Salmonella et Shigella, entre autres. La pharyngite à streptocoque peut causer une proctite à streptocoque chez les enfants.
  • Traumatisme ano-rectal. Le sexe anal et l’insertion d’objets dans cette zone débouchent parfois sur cette maladie.
  • Maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI)Elle comprend la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn. Toutes deux sont des causes fréquentes de la proctite.
  • Radiothérapie. Ceux qui ont reçu un traitement de radiothérapie dans la zone pelvienne ont un plus grand risque de développer une proctite. Les symptômes apparaissent généralement six semaines après avoir entamé le traitement ou neuf mois après l’avoir terminé.
  • Antibiotiques. Certaines personnes développent une proctite après un traitement avec des antibiotiques. Ceux-ci tuent les bactéries qui ne sont pas nocives, ce qui favorise la prolifération d’autres bactéries qui le sont.

Facteurs de risque

Les principaux facteurs de risque de la proctite sont les suivants :

  • Relations sexuelles peu sûres. Ces pratiques augmentent le risque de contracter une maladie sexuellement transmissible. Le sexe avec des partenaires multiples et sans préservatif augmente la possibilité d’attraper ces maladies.
  • Maladies inflammatoires de l’intestin. La colite ulcéreuse et la maladie de Crohn augmentent le risque de contracter une proctite.
  • Traitement par radiothérapie. Si on l’applique dans la zone du pelvis, la possibilité de développer la maladie augmente.

Comment peut-on la diagnostiquer ?

Le diagnostic de la proctite commence par le rassemblement des antécédents médicaux du patient et un examen physique minutieux. On prendra en compte les symptômes, les antécédents familiaux et les pratiques sexuelles, entre autres aspects.

Le médecin procèdera à un examen rectal et demandera probablement certains examens comme les suivants :

  • Hémogramme complet. Il permet de détecter les pertes de sang et les infections.
  • Analyse des selles. Elle permet d’établir s’il y a une infection bactérienne.
  • Anuscopie. C’est un examen pour inspecter le canal anal et la partie inférieure du rectum. Il se réalise avec un appareil qui porte le nom d’anuscope.
  • Coloscopie. Elle permet de visualiser tout le côlon à travers l’utilisation d’une sonde fine qui possède une caméra. Il est aussi possible, grâce à elle, de prélever un échantillon pour faire une biopsie.
  • Fibrosigmoïdoscopie avec fibro-endoscope flexible. Cet examen ressemble à la coloscopie, aussi bien dans la façon de procéder que dans l’objectif.
  • Tests de maladies sexuellement transmissibles. En général, ce sont des analyses à partir d’échantillons obtenus du rectum ou de l’urètre, qui est le conduit qui transporte l’urine.

L’anuscopie, la coloscopie et la fibrosigmoïdoscopie sont des examens invasifs qui peuvent déboucher sur certaines gênes. Néanmoins, le plus habituel est que l’on récupère au cours des 24 heures qui suivent.

Traitements disponibles

Des médicaments sur une table.

Le professionnel choisira le traitement le plus adéquat en fonction de la cause de la proctite.

Pour la proctite, il existe deux lignes de traitement : avec des médicaments ou avec une opération. On emploie différents types de médicaments selon la cause de la proctite :

  • Antibiotiques. Si la proctite est causée par une infection bactérienne.
  • Antiviraux. Quand la cause est une infection causée par un virus.
  • Anti-inflammatoires. Si la maladie est due à une radiothérapie ou à la maladie inflammatoire de l’intestin. On les administre sous forme de comprimés, de suppositoires ou de lavements.
  • Immunosuppresseurs. On les utilise quand la cause spécifique est la maladie de Crohn.
  • Ramollisseurs de selles et dilatateurs. On les emploie quand la proctite est due à la radiothérapie.

L’opération devient une option quand les traitements cités ne sont pas efficaces. Le but est d’extraire la zone endommagée du système digestif. On peut aussi y avoir recours pour détruire le tissu anormal qui saigne avec des procédés comme la coagulation par plasma d’argon, la cryoablation et l’électrocoagulation.

Changements dans l’alimentation et le style de vie

Les changements dans l’alimentation et le style de vie contribuent de manière significative à soulager la douleur et les gênes causées par la proctite. Les mesures les plus recommandées sont les suivantes :

  • Un régime à base d’aliments doux et mous.
  • Éviter les produits épicés, les graisses et les acides lors des épisodes de diarrhée.
  • Boire beaucoup d’eau. Ceci facilite le passage des selles et prévient la déshydratation due à la diarrhée.
  • Éviter la caféine, les sodas et les boissons laitières s’il y a une intolérance au lactose.
  • Éviter les sucreries et les boissons sans sucre.

Il convient aussi de faire un suivi des symptômes : il s’agit d’un registre où l’on consigne les moments d’exacerbation des symptômes et les aliments consommés au préalable, pour ainsi pouvoir détecter les éléments déclencheurs.

Le plus adéquat est de limiter le nombre de partenaires sexuels et d’utiliser un préservatif chaque fois que l’on a une relation sexuelle. Il est important d’éviter le contact sexuel avec des personnes qui ont de l’herpès ou des sécrétions dans la zone génitale.

Que faire face à la proctite ?

Si la proctite ne se traite pas ou si la personne ne répond pas au traitement, il est possible de voir apparaître quelques complications importantes. Parmi elles, nous retrouvons le saignement intense, l’anémie, les abcès, les ulcères sur la paroi intestinale et les fistules.

Une personne avec cette maladie doit recevoir une attention médicale et suivre le traitement prescrit. Le suivi doit être continu, surtout pour faire en sorte que la cause de l’inflammation disparaisse complètement.

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