Le diagnostic de grossesse môlaire

2 mars 2019
La grossesse môlaire est une complication rare de la grossesse. C'est généralement grâce à une échographie qu'on parvient à la diagnostiquer.

Tout au long de la période de gestation, plusieurs altérations peuvent survenir, ce qui rend nécessaire d’agir le plus tôt possible. L’une de ces complications (bien que rare) est la grossesse môlaire. Dans la suite de cet article, nous allons vous expliquer en quoi consiste cette pathologie. Ainsi que quelles techniques que l’on utilise pour la diagnostiquer.

Qu’est-ce qu’une grossesse môlaire ?

La grossesse môlaire est un terme qui fait référence à la maladie trophoblastique gestationnelle, aussi connue sous le nom de MTG. Dans ce contexte, il y a une prolifération anormale du tissu qui constitue le trophoblaste. A savoir une des couches cellulaires impliquées dans la formation de l’embryon.

Le pronostic de cette situation est extrêmement variable et plusieurs catégories de grossesses môlaires peuvent être distinguées en fonction de la nature de l’entité clinique.

dangers de la grossesse môlaire
Diagnostic de grossesse môlaire.

D’une part, nous pouvons être atteintes d’une maladie bénigne des tissus qui ne présente aucun risque de développer une pathologie tumorale cancérogène. Dans ce cas, il s’agit d’une maladie trophoblastique gestationnelle bénigne avec môle hydatiforme partielle ou complète.

A l’inverse, il existe une série de pathologies liées à la grossesse môlaire qui sont regroupées sous le nom de néoplasie trophique gestationnelle. Dans ce groupe se distinguent les môles hydatidiformes malignes ou invasives, les choriocarcinomes et les tumeurs épithéliales affectant les tissus trophoblastiques.

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Quels sont les signes et symptômes d’une grossesse môlaire ?

Il est important de garder à l’esprit qu’au cours des premières semaines de grossesse, elle peut passer totalement inaperçue. Cependant, au fur et à mesure que la grossesse progresse, une série de manifestations cliniques apparaîtront qui faciliteront le diagnostic :

  • Métrorragie : des saignements vaginaux se produisent chez presque toutes les femmes qui portent une grossesse môlaire. En effet, le tissu trophoblastique a une capacité invasive élevée. Il se situe entre les couches cellulaires, si bien que le sang s’accumule parce qu’il ne peut pas se drainer correctement. Lorsque le volume de sang dépasse la capacité de la cavité, des saignements soudains se produisent.
  • Toxémie : il s’agit d’un signe courant chez les patients, mais il peut y avoir des cas où elle n’apparaît pas. La toxémie comprend l’hypertension associée à la grossesse et est une affection grave qui nécessite des soins médicaux pour éviter des répercussions.
  • Hauteur utérine anormale : le fond utérin croît chaque mois de grossesse d’environ 4 cm de haut. Dans le passé, l’âge gestationnel pouvait être calculé en palpant la taille utérine. Aujourd’hui, cette technique est devenue obsolète grâce à l’introduction des ultrasons. Dans tous les cas, une taille utérine supérieure à la normale est un signe associé à une grossesse môlaire.
  • Altérations  hormonales : tout au long de la grossesse, plusieurs contrôles analytiques sont effectués pour vérifier que tous les niveaux sont corrects. Lorsqu’il y a prolifération de tissu trophoblastique, les niveaux hormonaux sont modifiés car il s’agit d’une couche cellulaire à capacité endocrinienne.

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Comment établit-on un diagnostic de grossesse môlaire ?

D’abord, il faut avoir une suspicion basée sur des aspects cliniques. Les altérations hormonales dans l’analyse sanguine sont un test important pendant la grossesse môlaire.

Cependant, tout cela n’est pas spécifique. C’est-à-dire qu’il peut y avoir des traits communs avec d’autres troubles de la grossesse. Surtout si c’est la première fois que la patiente est mère ou s’il y a des altérations génétiques. Sans aucun doute, la technique la plus utilisée pour diagnostiquer une grossesse môlaire est l’échographie.

risques de la grossesse môlaire
La grossesse môlaire est une grossesse à risque.

Grâce à l’utilisation de l’échographie, nous pouvons visualiser directement le sac gestationnel et les kystes qui apparaissent fréquemment à côté de celui-ci. En outre, en cas de suspicion, on peut effectuer des prélèvements afin de réaliser une étude biologique. Si, au moment du diagnostic, on soupçonne une maladie néoplasique, en plus de l’échographie, un test d’imagerie comme la tomodensitométrie ou la radiographie est nécessaire.

Il est essentiel d’effectuer une extraction complète pour éviter de futures complications. En particulier en cas de métastases, où il est indispensable d’accompagner un traitement chirurgical adjuvant et une chimiothérapie.

Si la patiente n’a pas l’intention d’avoir plus d’enfants ou si le risque de complications est très élevé, un traitement plus agressif est choisi. Mais comme tout le reste en médecine, on choisit toujours d’avoir une attitude plus conservatrice dans le cas des jeunes patientes.

En résumé, le diagnostic et le traitement de la grossesse môlaire est multidisciplinaire. Mais l’étude analytique et les techniques d’imagerie sont ce qui aide vraiment à la diagnostiquer et à établir le bon pronostic.