Les 3 types de daltonisme

Tous les daltoniens ne perçoivent pas les couleurs de la même manière, car la maladie se manifeste de plusieurs façons. Découvrez ici les caractéristiques de chacune d'entre elles.
Les 3 types de daltonisme

Dernière mise à jour : 31 décembre, 2021

Le daltonisme est une affection oculaire qui se caractérise par une difficulté à percevoir les longueurs d’onde des couleurs. La plupart des cas se développent en raison de causes génétiques, mais il est également possible de développer un daltonisme en raison d’interactions environnementales. Il existe plusieurs types de daltonisme.

En effet, cette maladie n’est pas homogène dans sa forme. L’organisme National Eye Institute distingue trois types de daltonisme, qui à leur tour ont plusieurs sous-types. Tous les patients diagnostiqués avec la maladie ne perçoivent pas les couleurs de la même manière, un point qui doit être pris en compte pour éviter les préjugés et les clichés.

De manière générale, on distingue trois types de daltonisme : rouge-vert, bleu-jaune et complet ou total. Ces catégories ne sont pas spécifiques : il existe des sous-catégories qui décrivent plus en détail la forme de la maladie.

Le daltonisme est dû à une défaillance des cônes de la rétine (cellules spécialisées) à l’heure de collecter ou interpréter les longueurs d’onde des couleurs. Soit ils ne fonctionnent pas, soit il n’y en a aucun.

Le daltonisme rouge-vert

Le daltonisme rouge-vert est la forme de la maladie la plus courante dans le monde. Selon des études, elle touche jusqu’à 8 % des hommes d’origine européenne, un pourcentage qui chute à 0,4 % chez les femmes.

Ceux qui souffrent de cette variante ont des difficultés à distinguer les tons rouges et verts en raison de l’absence ou du dysfonctionnement des photorécepteurs. Ces gènes sont codés sur le chromosome X, ce qui explique pourquoi il est plus fréquent chez les hommes. On distingue les sous-types suivants :

  • Deutéranomalie. C’est le type le plus courant de daltonisme rouge-vert. Le vert est perçu très faiblement. Quand il y a beaucoup de vert clair, cette couleur est perçue comme une couleur très proche du rouge, et quand il y a peut de vert clair, l’individu la perçoit comme du noir ou du marron, les tons sombres du vert. Ce type est également connu sous le nom de daltonisme Deutan.
  • Deutéranopie. Les personnes atteintes de cette variante ont du mal à distinguer les longueurs d’onde rouge, jaune et verte du spectre, car elles ne possèdent pas de photorécepteurs pour la couleur verte, ou alors ces derniers ne fonctionnent pas du tout. Par conséquent, ils ne peuvent pas discriminer cette couleur par rapport à celles mentionnées. Le spectre des couleurs est presque entièrement assimilé dans les tons jaunes et bleus.
  • Protanomalie. Ceux qui souffrent de cette variante présentent une mutation du photorécepteur de la longueur d’onde rouge, ce qui signifie que cette couleur est interprétée de manière plus faible. Avec beaucoup de lumière, le rouge se rapprochera des nuances de vert, le rose intense du gris et le violet intense au bleu, entre autres.
  • Protanopie. Dans ce cas, l’individu ne possède pas de photorécepteurs pour la couleur rouge, raison pour laquelle il la confondre avec le vert, le jaune ou le gris selon sa tonalité et l’absence ou la présence de lumière. Par exemple, les nuances de violet, de lavande et de violet sont indiscernables du bleu, et le rouge des feux de circulation paraît noir.

De manière générale, on peut dire que la deutéranomalie et la protanomalie sont les formes les plus bénignes du daltonisme rouge-vert. La plupart des individus n’ont pas de complications au quotidien, beaucoup d’entre eux ignorent même qu’ils sont daltoniens. La deutéranopie et la protanopie sont les variantes les plus graves et peuvent créer des complications modérées dans la perception de la réalité.

Les types de daltonisme et leurs conséquences.

Le daltonisme bleu-jaune

Le daltonisme bleu-jaune est le deuxième des types de daltonisme les plus courants. Il est également connu sous le nom de daltonisme Tritan, car le nom précédent peut être trompeur. En effet, ceux qui souffrent de cette variante ont du mal à reconnaître la couleur bleue et les tons bleu-vert.

Ils ont également du mal à faire la distinction entre les tons jaunes et rouges. Bien que ce daltonisme puisse être héréditaire, de nombreuses personnes développent ce type en raison d’affections oculaires ou d’une dégénérescence naturelle avec l’âge. On distingue deux sous-types :

  • Tritanomalie. Les individus atteints de ce type présentent une défaillance dans les photorécepteurs du pigment bleu, ce qui le fait apparaître dans des tons pâles ou faibles. C’est une forme rare de daltonisme qui affecte les hommes et les femmes en proportion égale. Les personnes atteintes de cette variante ont du mal à faire la différence entre le bleu et le vert, et le rouge et le violet.
  • Tritanopie. Les individus atteints de ce type n’ont pas de photorécepteurs de longueur d’onde bleue, ils ne peuvent donc pas du tout distinguer cette couleur. Le sujet ne pourra pas faire la différence entre le bleu et le vert, le violet et le rouge et le jaune et le rose, entre autres combinaisons.
Les types de daltonisme et leur diagnostic



Le daltonisme complet ou total

Le daltonisme complet ou total correspond à l’incapacité à distinguer les couleurs du spectre de longueurs d’onde. Il n’est pas lié à l’agnosie des couleurs, une condition dans laquelle le patient ne peut pas percevoir ou interpréter les couleurs, bien que son œil soit capable de les distinguer physiologiquement.

C’est le type de daltonisme le moins courant : selon les experts, seule 1 personne sur 30 000 en souffre. Comme dans le cas précédent, il peut évoluer à des degrés différents (léger, modéré ou sévère). Généralement, on distingue deux sous-types :

  • Monochromie des bâtonnets. Ce type est souvent appelé achromatopsie et se distingue par l’absence de cônes sur la rétine. En plus de ne pas pouvoir distinguer les couleurs, les individus ont des difficultés à voir dans des contextes d’intensité lumineuse modérée et élevée (leur vision est meilleure lorsqu’il y a moins de lumière).
  • Monochromie des cônes. Les individus ont des bâtonnets et des cônes. Ils manifestent également une sensibilité à la lumière et une acuité visuelle réduite, mais celles-ci sont moindres par rapport au cas précédent. Selon la gravité, les individus peuvent distinguer des différences de luminosité, mais pas de nuances.

Généralement, une personne daltonienne totale perçoit la réalité sous différentes nuances de gris. C’est la forme la plus grave de la maladie, bien qu’heureusement la moins fréquente. Elle s’accompagne souvent de problèmes de vision qui rendent encore plus difficile la perception de toute chose.


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Les individus qui souffrent des formes les plus bénignes du daltonisme, en particulier les deux premières variantes, ne se rendent pas compte qu’elles souffrent de cette maladie. Il s’agit souvent d’une affection stable à vie et qui affecte les deux yeux de la même manière. Si vous pensez souffrir de daltonisme, n’hésitez pas à consulter un spécialiste.

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