Nutrition et insuffisance rénale : tout ce que vous devez savoir

4 novembre 2019
Le contrôle de la nutrition en cas d'insuffisance rénale est très important pour prévenir la malnutrition des patients et ralentir la maladie. Nous allons tout vous expliquer !

Les personnes souffrant d’insuffisance rénale, en particulier sous sa forme chronique, doivent modifier leur alimentation pour maintenir un bon état nutritionnel et réduire l’accumulation de substances toxiques que le rein est incapable d’éliminer. Dans la suite de cet article, nous allons vous apprendre tout ce que vous devez savoir sur la nutrition en cas d’insuffisance rénale.

Nutrition et insuffisance rénale

La malnutrition calorique et protéique est fréquente chez les patients atteints d’insuffisance rénale chronique. C’est également un bon indicateur de mortalité et de morbidité. Par conséquent, il est important de connaître les besoins alimentaires du patient atteint d’insuffisance rénale à différents stades de son évolution pour prévenir ce phénomène.

Il faut savoir qu’il existe différents degrés de la maladie : insuffisance rénale aiguë, insuffisance rénale chronique et thérapie rénale substitutive (hémodialyse et dialyse péritonéale). Dans cet article, nous allons donner des directives nutritionnelles générales pour la maladie, mais il est nécessaire de les personnaliser en fonction de la phase dans laquelle se trouve le patient.

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Régime alimentaire en cas d’insuffisance rénale

Le régime alimentaire pour l’insuffisance rénale est considéré comme strict, car plusieurs groupes alimentaires doivent être limités ou éliminés. Toutefois, si le patient est sous dialyse continue, le régime alimentaire n’a pas besoin d’être si restrictif.

Contrôler la quantité de protéines

Veiller à sa consommation de protéines en cas d'insuffisance rénale

La restriction protéique en cas d’insuffisance rénale modérée ralentit la progression de la maladie. Les protéines surchargent le rein, mais sont nécessaires pour une bonne nutrition. Actuellement, un régime hypoprotéinique modéré de 0,8 g/kg/jour (valeur biologique élevée de 60 %) est recommandé si le patient n’est pas sous dialyse. Si le patient est sous dialyse, ces exigences sont accrues.

Réduire le potassium et le phosphore

Le potassium, s’il s’accumule dans le sang, augmente le risque de maladie cardiaque. Le taux plasmatique de potassium doit être surveillé. Un taux élevé de phosphore dans le sang à long terme affecte significativement les os. La restriction protéique entraîne déjà une réduction du phosphore.

Assurer l’apport en calcium et en vitamine D

En ce qui concerne le calcium, son absorption intestinale est déficiente en raison d’une diminution de la vitamine D. La vitamine D doit être supplémentée, car un déficit peut causer l’athérosclérose, le dysfonctionnement endothélial et l’hypertrophie ventriculaire. Une étude publiée dans Nephrology suggère que la supplémentation en vitamine D aurait un bénéfice vasculaire.

Maîtriser l’apport en sel

D’autres facteurs doivent être pris en compte dans la nutrition d’un patient atteint d’insuffisance rénale. Il s’agit notamment du contrôle de l’apport en sel, car il favorise la rétention de fluides que le rein ne peut pas éliminer. Une consommation normale de sel doit être limitée à environ 1.000-2000 mg / jour.

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Limiter la consommation de liquides

Si vous souffrez d'insuffisance rénale, surveillez votre consommation de liquides

Si le patient est sous dialyse, il faut surveiller sa consommation de liquides, car les personnes sous dialyse urinent généralement peu. Ainsi, si on ingère de grandes quantités de liquide sans les expulser, elles peuvent s’accumuler dans les chevilles et même dans les poumons et le cœur. Nous vous recommandons de toujours vous peser sur la même balance pour vous assurer de ne pas prendre de poids pendant les séances de dialyse.

Les clés nutritionnelles de l’insuffisance rénale

Afin d’appliquer les directives expliquées ci-dessus, il est nécessaire de suivre les clés suivantes concernant la nutrition. Cependant, il est préférable de consulter directement un nutritionniste afin qu’il conseille les aliments en fonction des besoins de chacun.

  • Adapter à chaque patient la consommation de protéines présentes dans la viande, le poisson, les produits laitiers et les œufs
  • Contrôler la consommation de légumineuses, de légumes, de fruits, de noix et de cacao, car ce sont les aliments les plus riches en potassium. Ceci afin d’éviter l’hyperkaliémie
  • Lorsque vous consommez des légumes, des légumineuses ou des pommes de terre, plongez-les dans l’eau trois heures avant la cuisson, et faites-les bouillir après avoir éliminé l’eau de cuisson à quelques reprises. Il est également conseillé de les faire sauter par la suite pour réduire la teneur en eau
  • Une autre façon pour manger plus de légumes consiste à les acheter congelés. Les fruits en conserve ou cuits peuvent aussi être une bonne alternative. Toutefois, il ne faut pas en manger plus de deux fois par jour
  • Il est préférable de consommer du pain grillé parce qu’il contient moins d’eau
  • Limiter la consommation de produits complets en raison de leur teneur élevée en phosphore et en potassium
  • Évitez de boire des boissons gazeuses, bien que sucrées, car elles n’éliminent pas correctement la sensation de soif
  • Ne pas manger d’aliments ultratransformés, de soupes et purées, de saucisses, de viandes fumées, de poissons et de gâteaux apéritifs, afin de bien suivre un régime pauvre en sel
  • Consommez modérément des produits laitiers entiers, pour la quantité de phosphore qu’ils contiennent

Comme vous l’avez déjà vu, le traitement nutritionnel de cette maladie est complexe. N’hésitez pas à consulter un spécialiste pour personnaliser votre situation.

 

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  • Sociedad Andaluza de Nefrología. NEFROSAN.