Obstruction des trompes de Fallope : quelles sont les causes ?

L'obstruction des trompes de Fallope est un problème difficile à diagnostiquer, surtout en raison de l'absence de symptômes. Une fois qu'on la détecte, il est possible d'appliquer un traitement qui, en général, fonctionne.
Obstruction des trompes de Fallope : quelles sont les causes ?

Dernière mise à jour : 10 août, 2021

L’obstruction des trompes de Fallope est une cause d’infertilité féminine. On estime d’ailleurs qu’elle est responsable de 10 à 25 % des cas de stérilité chez la femme.

Pour comprendre l’importance médicale de l’obstruction des trompes de Fallope, il est nécessaire de dire que, dans des conditions normales, ces conduits relient les ovaires et l’utérus. Si les trompes sont bloquées, elles ne permettent pas le passage de l’ovule, qui est produit dans l’ovaire, jusqu’à l’utérus.

Ainsi, l’obstruction des trompes de Fallope ne permet pas la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde. Dans ces conditions, toute fécondation est impossible. Néanmoins, dans de nombreux cas, ce problème est traitable.

Principaux symptômes

La surprise d'un test de grossesse.

L’obstruction des trompes de Fallope empêche ou complique la fécondation.

L’un des aspects problématiques de ce trouble est que l’obstruction des trompes de Fallope ne provoque que rarement des symptômes. Dans de nombreux cas, une femme ne se rend compte de ce problème que lorsqu’elle veut tomber enceinte et n’y parvient pas.

Il y a aussi des cas où cette obstruction débouche sur des symptômes légers. On peut parfois noter une douleur pas très intense sur un côté de l’abdomen. Néanmoins, cela ne se produit que lorsqu’il y a un type spécial de blocage, l’hydrosalpinx.

En outre, il peut y avoir des symptômes quand la cause est un autre problème comme l’endométrioseMalgré cela, le plus habituel est qu’il n’y ait pas de manifestations évidentes de l’obstruction.

Qu’est-ce qui peut provoquer l’obstruction des trompes de Fallope ?

L’obstruction des trompes de Fallope est généralement la conséquence d’une autre affection ou d’une lésion. Plusieurs conditions de santé peuvent déboucher sur ce problème. Parmi les plus habituelles, nous retrouvons :

  • La salpingite. Il s’agit d’une inflammation des trompes à la suite d’une infection. Étant donné que ces conduits sont très délicats, ils peuvent se boucher ou être abimés.
  • L’hydrosalpinx. Le plus habituel est qu’il résulte d’une infection, en général la chlamydia ou la gonorrhée. Dans ce cas, les franges qui se trouvent au bout des trompes de Fallope et qui sont fondamentales pour que l’ovule les atteigne depuis l’ovaire se bouchent.
  • Le pyosalpinx. Il s’agit d’une inflammation qui se produit parce que les trompes sont pleines de pus et, par conséquent, bouchées. Si elles se déchirent, elles forment un abcès au niveau du pelvis.
  • L’endométriose. Dans ce cas, une partie de la paroi de l’utérus se développe hors de l’utérus. Il peut y avoir une adhérence qui bloque les trompes de Fallope.
  • Chirurgie pelvienne. Ce type d’intervention peut aussi mener à l’apparition d’une adhérence qui bloque ces conduits.
  • Congénital. L’obstruction des trompes de Fallope peut parfois être une anomalie qui est présente depuis la naissance.
  • Blocage provoqué. Quand il y a eu une opération de ligature des trompes.

Comment affecte-t-elle la fertilité ?

Comme nous l’avons commenté un peu plus haut, l’obstruction des trompes de Fallope rend la fécondation impossible. Ce blocage empêche la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde : la grossesse ne peut donc pas se produire.

Quoi qu’il en soit, il est important de nuancer ce point. Tous les blocages n’ont pas le même degré de sévérité. On distingue deux modalités :

  • Obstruction totale. La fécondation est impossible parce que l’ovule et le spermatozoïde ne peuvent pas se rencontrer.
  • Obstruction partielle. Dans ce cas, la fécondation est difficile mais pas impossible. Certains ovules réussissent à franchir l’obstacle et il leur est donc possible de retrouver les spermatozoïdes.

Par ailleurs, dans de nombreux cas, seule une des trompes se retrouve bouchée. Si c’est le cas, l’ovule peut se déplacer dans l’une d’elles ; la possibilité de grossesse est plus faible, mais elle est toujours là.

Diagnostic de l’obstruction des trompes de Fallope

En plus du fait que l’obstruction des trompes de Fallope ne génère pas de symptômes, il peut aussi s’arriver que les trompes s’ouvrent et se referment. Établir un diagnostic n’est donc pas facile. Pour cela, il est nécessaire de réaliser des examens comme les suivants :

  • Examens radiographiques. Le plus habituel est l’hystérosalpingographie ou HSG. On injecte un fluide qui doit aller vers les trompes de Fallope. Ensuite, on effectue une radiographie pour voir s’il s’est écoulé normalement ou s’il s’est arrêté.
  • Sonohystérographie. Il s’agit d’un examen à ultrasons, qui ressemble au précédent.
  • LaparoscopieElle consiste à insérer une minuscule caméra à l’intérieur du corps pour explorer l’état des trompes de Fallope.

La laparoscopie est l’examen le plus concluant car, dans certaines circonstances, les deux autres aboutissent à un faux positif. Néanmoins, il s’agit d’une méthode invasive et la réaliser n’est pas toujours recommandé. En cas de doute, le mieux est de refaire un examen et de le compléter à partir des données des antécédents cliniques.

Traitement disponible pour l’obstruction des trompes de Fallope

Une femme sous anesthésie générale.

L’obstruction des trompes de Fallope se traite à travers une opération.

Le traitement pour l’obstruction des trompes de Fallope est une intervention chirurgicale. Il existe plusieurs modalités de chirurgie et on choisira celle qui correspond le mieux au type et à la localisation de l’obstruction, ainsi qu’à l’état général du patient.

Les types d’intervention que l’on peut réaliser dans ces cas sont les suivants :

  • Salpingectomie. On a recours à cette chirurgie pour les cas d’hydrosalpinx, c’est-à-dire quand du liquide s’est accumulé dans la trompe de Fallope. On la réalise pour faciliter la fécondation in vitro.
  • Fimbrioplastie. On la pratique quand la partie de la trompe la plus proche de l’ovaire est bouchée. L’objectif est de reconstruire les franges des trompes de Fallope.
  • Canulation tubaire sélective. On la réalise quand l’obstruction est proche de l’utérus. Elle consiste à introduire un cathéter ou tube jusqu’à la trompe de Fallope pour la débloquer.
  • Réanastomose tubaire. On la pratique quand la trompe est bloquée à cause d’une maladie ou pour annuler une ligature des trompes. Elle permet de retirer la partie bouchée et d’unir les parties saines restantes.

Ces processus se réalisent à travers une laparoscopie ou une opération « à ventre ouvert ». Ils requièrent une admission à l’hôpital et une période de récupération qui va de quatre à six semaines.

Possibilité de grossesse après le traitement

La réussite du traitement dépend de la portée de l’obstruction et de sa localisation. La fertilité dépend aussi de l’âge du patient, de la qualité du sperme du conjoint et du niveau de dommages que présentent les trompes de Fallope.

La modalité de chirurgie qui présente le moins de risques est la laparoscopie. Dans tous les cas, le risque de grossesse ectopique est présent. Celle-ci se produit quand l’ovule fécondé s’accroche hors de l’utérus.

Dans certains cas, il est nécessaire d’avoir recours à plusieurs opérations pour traiter l’obstruction des trompes de Fallope et réussir à tomber enceinte. Le plus habituel est qu’une marge de 12 à 18 mois soit donnée avant d’établir le succès ou l’échec du traitement.

Si le procédé a fonctionné, dans la majorité des cas, une femme pourra avoir plusieurs grossesses. S’il échoue, on recommande souvent une fécondation in vitro ou une autre technique de procréation assistée.

La grossesse n’est pas une utopie

Quand une femme subit une opération chirurgicale pour débloquer les trompes de Fallope, elle doit informer son médecin dès qu’elle tombe enceinte. L’objectif est de vérifier s’il y aura une grossesse ectopique ou non.

L’obstruction des trompes de Fallope n’est pas une condition qui exclut définitivement la possibilité de tomber enceinte. Le traitement réussit très fréquemment et, si ce n’est pas le cas, l’alternative de la procréation assistée est toujours là.

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