Peut-on prévenir les ulcères gastriques ?

17 septembre 2020
Prévenir les ulcères gastriques est une tâche qui implique des changements d'habitudes et la mise en pratique de recommandations saines. Voici celles à appliquer en priorité.

L’ulcère gastroduodénal est assez fréquent et, par ailleurs, on observe un taux élevé de réapparition du trouble parmi les patients. Pouvoir prévenir les ulcères gastriques est donc une opportunité dont il faut profiter.

Un faible pourcentage des patients qui souffrent de cette maladie peuvent présenter, en tant que complications, un saignement et une perforation, ce qui implique un risque pour leur vie. Ce sujet est donc à prendre très au sérieux.

Que sont les ulcères gastriques ?

Les ulcères gastriques sont des défauts ou des plaies au niveau de la couche interne de l’estomac ou du duodénum (portion de l’intestin grêle qui se trouve juste après l’estomac). On les appelle aussi ulcères peptiques.

Ils se développent et survivent grâce à l’activité acide du suc gastrique. La maladie s’associe par ailleurs à deux principaux facteurs : l’infection bactérienne par Helicobacter pylori et la consommation de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

La majorité des personnes qui ont un ulcère gastrique seront asymptomatiques ou ne manifesteront qu’une dyspepsie :

  • Douleur dans la bouche de l’estomac.
  • Brûlure ou acidité.
  • Intolérance aux repas avec des éructations et une distension abdominale.
  • Nausées et vomissements.

Les complications de l’ulcère gastrique incluent saignement, pénétration, perforation et obstruction de la sortie gastrique. Elles ont néanmoins diminué par rapport aux décennies antérieures grâce à l’identification et au traitement de H. pylori.

La bactérie helicobacter pylori.

La bactérie H. pylori est un facteur déterminant dans l’apparition des ulcères gastriques et duodénaux.

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Quels facteurs rendent plus probables les ulcères gastriques ?

L’un des facteurs déterminants est l’infection gastrique due à l’Helicobacter pylori. Entre 85 et 100 % des patients qui ont des ulcères gastroduodénaux sont positifs à la présence de la bactérie dans l’estomac ou le duodénum.

De la même façon, l’usage d’anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’aspirine, l’ibuprofène, l’indométacine, le diclofénac, le piroxicam et le naproxène, avec d’autres drogues comme la cigarette et l’alcool, sont des facteurs à risque. Le problème augmente de façon progressive au fil des années où l’on consomme ces produits.

On sait aussi qu’il y a une prédisposition familiale à la présentation d’ulcères. Cette génétique doit se renforcer avec les habitudes pour finir en maladie, comme cela se produit avec l’ingestion de certains aliments et de boissons qui peuvent causer un mal-être au niveau de l’estomac. Avoir une alimentation saine avec beaucoup de fruits, de légumes et de fibres peut diminuer le risque d’en souffrir.

Le rôle du stress dans la formation des ulcères est controversé. Certaines évidences indiquent qu’il peut contribuer à leur développement, tout comme à leur guérison partielle et à l’augmentation de leur récurrence.

Comment prévenir les ulcères gastriques ?

Pour prévenir les ulcères gastriques, nous allons vous donner une série de recommandations que vous pouvez suivre et qui entrent dans le cadre des habitudes saines et des thérapeutiques médicales avec des évidences scientifiques :

  • Éviter la consommation d’aspirines, dans la mesure du possible. On doit plus particulièrement évaluer attentivement leur indication chez des patients avec des antécédents d’ulcères gastriques. De la même façon, on doit prendre les plus faibles doses possibles, en les prenant en mangeant. Si le patient a besoin d’analgésiques, il est préférable de prendre du paracétamol.
  • Pour les patients qui ont des antécédents d’ulcères et doivent continuer à prendre de l’aspirine ou d’autres anti-inflammatoires, on recommande généralement de prendre le traitement avec un inhibiteur de la pompe à protons tout au long de la durée de ce dernier (par exemple, l’oméprazole).
  • Éradiquer l’infection par H. pylori avec des antibiotiques. On a évalué de multiples antibiotiques et beaucoup d’entre eux ne sont pas parvenus à éliminer l’infection. Le régime de traitement sélectionné doit prendre en compte les schémas locaux de résistance à la bactérie. L’un des schémas utilisés est la combinaison de clarithromycine et d’amoxicilline pendant 14 jours.
  • Éviter la cigarette et limiter la quantité d’alcool.
  • Changer son alimentation : éviter le chocolat, les aliments gras, les fritures, le café, les agrumes et les aliments très épicés. Même si l’on sait qu’ils ne sont pas la cause directe d’ulcère gastrique, ils peuvent l’empirer. Diminuer leur consommation peut donc être une bonne chose.
  • Éviter le surpoids.
Un ulcère gastrique chez une femme.

La dyspepsie est un ensemble de symptômes de l’appareil digestif supérieur qui indiquent un ulcère.

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Les mesures préventives sont importantes pour éviter la récurrence

Les patients qui ont souffert d’ulcères gastriques dans le passé seront aidés par la majorité des mesures de prévention recommandées. Nous devons surtout souligner l’usage des AINS et le tabagisme qui sont à éviter.

Par ailleurs, on évaluera bien souvent l’éradication de H. pylori avec un médecin. Le patient ne peut pas en décider par lui-même. Il faut réaliser des examens complémentaires qui corroborent l’existence de la bactérie et sa résistance antibiotique. Une fois ce processus achevé, on établira le protocole d’action.

Les habitudes saines, la réduction du stress et les mesures diététiques, même en n’étant pas des facteurs responsables, peuvent améliorer la symptomatologie ou éviter l’aggravation de la dyspepsie. Il n’existe pas de formules magiques pour cette prévention, mais il faut néanmoins faire preuve d’engagement et de persistance au niveau des changements à appliquer.

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