Polypes utérins : tout ce que vous devez savoir

7 novembre 2019
Dans la plupart des cas, les polypes utérins ne provoquent aucun symptôme. Ils sont presque toujours bénins, bien que dans environ 1% des cas, ils puissent se transformer en pathologie maligne.

Les polypes utérins sont des protubérances qui naissent sur la paroi interne de l’utérus. Leur taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Certains atteignent le volume d’une balle de golf, ou même plus.

L’incidence réelle des polypes dans l’utérus est inconnue. Ceci s’explique par le fait que, dans de nombreux cas, ils ne génèrent aucun symptôme et qu’il n’y a donc pas de consultation. Cependant, on estime qu’ils surviennent chez 10 à 24% des femmes dans le monde.

Ils surviennent le plus souvent chez les femmes âgées de 40 à 65 ans. Cependant, on a également trouvé des polypes dans l’utérus de filles de 12 ans et de femmes de 81 ans. Ils peuvent donc apparaître à tout âge.

Que sont les polypes utérins ?

Une femme ayant des polypes utérins

Les polypes utérins sont de petits morceaux en forme de doigts qui poussent sur la paroi interne de l’utérus. Cette paroi est appelée l’endomètre, ce qui leur vaut parfois le nom de « polypes endométriaux ». Ils s’expliquent par la prolifération des cellules et la croissance de l’endomètre qui en résulte.

Une femme peut avoir un ou plusieurs polypes dans l’utérus. Ils se maintiennent habituellement à l’intérieur de l’utérus, bien qu’ils glissent parfois le long du col de l’utérus et dans le vagin. Ils sont plus fréquents chez les femmes qui atteignent la ménopause ou qui sont déjà ménopausées.

La grande majorité des polypes utérins sont bénins. Seulement 0,5 à 1% contiennent une tumeur maligne. Généralement, les polypes malins sont ceux qui surviennent après la ménopause, qui ont une taille supérieure à 2cm et qui génèrent des saignements post-ménopausiques.

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Symptômes et diagnostic

La plupart des polypes utérins ne présentent aucun symptôme. Un examen de routine permet généralement de les détecter. Dans les cas où il y a des symptômes, ceux-ci comprennent habituellement les manifestations suivantes :

  • Saignement anormal : il peut s’agir de saignements abondants pendant la période menstruelle (ménorragie), de saignements qui ne sont pas liés aux règles (métrorragie) ou de saignements après un rapport sexuel
  • Infertilité : la difficulté ou l’incapacité de concevoir peut être liée aux polypes utérins
  • Avortements
  • Douleur : elle se produit lorsque les polypes pénètrent dans le vagin

Le diagnostic des polypes utérins se réalise au moyen de différents tests tels que :

  • Échographie transvaginale : pour ce faire, on insère un dispositif en forme de tige dans le vagin. Ceci crée une image à travers les ondes sonores
  • Hystéroscopie : un télescope flexible, mince et lumineux est inséré dans le vagin et le col de l’utérus. Cela permet de voir l’intérieur de l’organe
  • Biopsie de l’endomètre : ceci se fait à l’aide d’un cathéter d’aspiration. Un échantillon est prélevé et examiné en laboratoire. Il n’est pas fiable à 100%

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Causes des polypes utérins

Un utérus et un mètre

La science ne sait pas pourquoi les polypes se développent dans l’utérus. Des hypothèses ont été proposées sur leur origine génétique, hormonale et autre. Cependant, il n’y a pas de résultats concluants à ce jour.

On détecte qu’il y a certains facteurs de risque, à savoir :

  • Taux d’œstrogènes élevés
  • Utilisation du tamoxifène : c’est un médicament utilisé pour le traitement du cancer du sein. Il augmente le risque de formation de polypes utérins
  • Traitements hormonaux post-ménopause
  • Obésité
  • Hypertension artérielle
  • Autres maladies : le syndrome de Lynch, le syndrome de Cowden et d’autres maladies rares s’associent au développement de polypes utérins

Autres faits intéressants

Le traitement habituel des polypes utérins est l’ablation chirurgicale ou la polypectomie. Cette intervention se fait par curetage ou grattage utérin, ou par résection par hystéroscopie. Cette dernière procédure est la plus sûre et la plus efficace.

La chirurgie est particulièrement indiquée dans les cas suivants :

  • Femmes préménopausées symptomatiques
  • Femmes préménopausées asymptomatiques avec des polypes de plus de 1,5 cm de diamètre
  • Et, également, chez les femmes postménopausées symptomatiques et asymptomatiques

Dans les cas où des polypes surviennent à la suite de l’ingestion de tamoxifène, une étude attentive de chaque situation particulière devrait être effectuée. Nous recommandons à toutes les femmes de passer régulièrement des examens chez le gynécologue pour déceler tout problème tôt.

 

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