Qu'est-ce que la thérapie narrative et à quoi sert-elle ?

La thérapie narrative est un style de psychothérapie dont le but est de « permettre » aux gens de réécrire leur récit d'une manière plus compatissante. Elle consiste à prendre conscience de la manière dont les histoires qui se racontent tout au long de la vie influencent le bien-être et la perception de soi.
Qu'est-ce que la thérapie narrative et à quoi sert-elle ?
Maria Fatima Seppi Vinuales

Rédigé et vérifié par la psychologue Maria Fatima Seppi Vinuales.

Dernière mise à jour : 18 janvier, 2023

Et c’est que, en général, chaque expérience et interaction reçoit une signification qui influence la façon dont quelqu’un se voit et voit le monde. Partant de là, ce modèle thérapeutique propose de créer des histoires susceptibles de renforcer l’estime de soi, la vie professionnelle, les relations et les compétences. Voulez-vous en savoir plus ?

Qu’est-ce que la thérapie narrative ?

La thérapie narrative est née de la main de Michael White et de David Epston. Son développement est proche de l’évolution qui se produit dans le domaine de la thérapie familiale et systémique dans les années 80 et 90. Une des idées les plus fortes est liée à l’idée que la personne n’est pas seule, mais toujours en relation avec un contexte.

White et Epston étaient très intéressés par la façon dont nous nous racontons, notre vie et notre identité. Ils considéraient qu’à travers ces histoires, nous ne décrivions pas seulement notre vie, mais la constituions également.

D’où l’importance de connaître les significations, les valeurs et les croyances derrière ces histoires. Des sens qui n’ont pas seulement un ancrage individuel, mais sont fortement déterminés par le contexte et le social.

La thérapie narrative est un traitement conversationnel qui se caractérise par le travail conjoint du thérapeute et de la personne (co-auteur) dans la construction de nouvelles histoires — à partir d’une approche collaborative — orientées vers ce qui est à atteindre.

Elle part de l’idée que la personne a les ressources et les compétences pour le faire, alors que le rôle du thérapeute est d’accompagner ou de guider sur le chemin de la connaissance.

Il a une base solide dans le constructionnisme social. Elle postule que les croyances, les idées, les valeurs, les normes, les pratiques et les discours n’ont pas toujours été là, mais sont des constructions à partir desquelles nous nous positionnons pour interpréter le monde.

Principes de la thérapie narrative

Pour la construction de nouvelles histoires ou de récits alternatifs, la thérapie narrative s’appuie sur différents principes et outils. Nous en soulignons les principaux ci-dessous.

Métaphores narratives

Thérapie narrative et psychologues
Il est important de structurer vos histoires de la manière la plus ouverte et la plus transparente possible pour que la thérapie soit utile.

Les histoires que nous racontons sont une sélection d’événements séquencés, qui sont connectés au fil du temps. Ces récits nous donnent une idée de nous -mêmes et de notre environnement, et servent également de références pour des actions futures.

Cependant, une histoire n’est qu’une façon de raconter les choses. Pour cette raison, à travers la thérapie narrative, il est invité à créer des récits alternatifs qui incluent des aspects ou des détails qui avaient été précédemment omis.

Nommer le problème

Dans les premières séances, la narration a tendance à apparaître plus désordonnée, comme s’il s’agissait d’une cascade d’épisodes. Cependant, au fur et à mesure que la personne s’exprime, ce flux devient plus ordonné.

A ce moment, le thérapeute sollicite le patient pour donner un nom à ce qui l’afflige ou à ce qui le définit. Vous pouvez le faire à travers un mot ou une courte phrase. De cette façon, il est destiné à « externaliser le problème », un autre des principes.

En le nommant, il est nécessaire de prendre en compte divers aspects liés à la langue ; que le patient choisisse les mots qui décrivent le mieux la situation (qui ne lui sont pas imposés) et que ces mots ne renforcent pas la situation qui entretient le problème. De même, le thérapeute, dans son feedback, essaie d’utiliser le langage du client.

Extérioriser le problème

Cette stratégie vise à rendre le problème plus concret et gérable. Il s’agit de dépathologiser le patient, ancré à un diagnostic ou à une étiquette.

L’extériorisation est utilisée comme une technique permettant aux gens de prendre leurs distances avec le conflit et de ne pas le reconnaître comme inhérent à leur personnalité. Ainsi, en mettant le problème à l’extérieur, l’idée de soi comme faible ou inutile commence à s’affaiblir.

Tenir compte du contexte et des circonstances

Les problèmes et les histoires ne surviennent pas dans le vide, mais dans un contexte social et historique spécifique, dans lequel différentes relations de pouvoir sont présentes.

Tenir compte de ces circonstances, les expliciter et les partager avec la personne aide à comprendre que de nombreuses situations ont un rapport direct avec elles. En retour, cela permet d’alléger le poids de la culpabilité.

Par exemple, l’obsession des corps minces et élancés est sous-tendue par une culture qui renforce constamment ces idées.

Renseignez-vous sur les effets du problème

Le thérapeute guide le patient pour identifier comment le problème a affecté sa vie ; quelles ont été les “astuces” ou “voix” par lesquelles le problème a été posé, ses débuts et le contexte dans lequel il apparaît.

Mais la personne est également encouragée à explorer son problème et à identifier quel a été son rôle dans le maintien du problème. C’est ce qu’on appelle les « questions d’influence réciproque ».

L’identité est sociale

La thérapie narrative repose sur une vision constructiviste ou post-structuraliste. Il croit que l’identité n’est pas quelque chose que nous devons découvrir en nous-mêmes. Ce n’est pas une “découverte” ou quelque chose de fixe, mais plutôt, selon White, c’est relationnel et contextuel.

Cela ouvre un éventail de possibles, dans lequel la personne a la capacité de construire son « identité intentionnelle », en se concentrant sur ses désirs, ses motivations, ses croyances, etc.

A quoi sert la thérapie narrative ?

La thérapie narrative a plusieurs avantages pour la santé
Si vous recherchez la croissance personnelle, la connaissance de soi et la stabilité mentale, il est valable d’essayer la thérapie narrative.

La thérapie narrative peut être utilisée aussi bien en travail individuel, qu’en famille, en couple et aussi au niveau communautaire. Bien qu’un cadre de travail soit établi et que la confidentialité soit respectée, il y a une certaine souplesse qui est convenue avec la personne.

Il est possible d’inviter aux séances des personnes significatives ayant été affectées ou participant à l’inconfort du patient.

Par « l’écoute déconstructive », le thérapeute se sert de ces lacunes ou ambiguïtés de l’histoire pour mettre en lumière des aspects peu explorés ou ignorés qui peuvent faciliter une nouvelle version de l’histoire.

Ainsi, cette thérapie aide à retracer les discours dominants postulés comme des vérités uniques et inaltérables, et invite les patients à construire une version de l’histoire plus en phase avec leurs objectifs et leurs désirs.

Quels sont les avantages de la thérapie narrative ?

Parmi ses nombreux bienfaits, la thérapie narrative permet la construction d’une histoire alternative, ouvrant d’autres voies et possibilités plus fonctionnelles et saines.

D’autre part, grâce à l’externalisation, les gens peuvent se détacher du problème et se concentrer sur leurs ressources et leurs compétences, et sur ce qu’ils peuvent faire pour apporter un changement dans la situation qui les afflige.

En se concentrant sur le problème par rapport à son contexte, il est possible de construire une nouvelle perspective sur celui-ci. De même, la connaissance de soi est renforcée et la personne s’autonomise dans sa vie.

Le problème est le problème ; la personne n’est pas le problème…

C’est l’un des principes clés sur lesquels repose la thérapie narrative. Ainsi, je travaille sur l’externalisation pour éliminer l’effet stigmatisant de certains labels.

Ce modèle de psychothérapie comprend que la signification d’un événement n’est pas un “produit de l’esprit”, mais une construction. A partir de là, le changement s’opère.

En soi, il multiplie les versions d’un même événement et permet à chacun de retrouver un rôle proactif et prépondérant dans les différentes décisions de sa vie.

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