Qu’est-ce que le ptérygion ?

19 octobre 2019
Le ptérygion est une lésion vascularisée de la conjonctive de l'œil qui peut envahir la cornée et provoquer un astigmatisme et une diminution de l'acuité visuelle.

Dans cet article, nous allons expliquer du ptérygion. Le ptérygion vient du grec pterys qui signifie petite aile, nageoire. Le ptérygion est une lésion vascularisée de la conjonctive de l’œil qui peut envahir la cornée, causer l’astigmatisme et diminuer l’acuité visuelle.

Il se loge sur la ligne médiane de l’œil, dans l’espace entre les paupières supérieure et inférieure. De forme triangulaire, le ptérygion peut se trouver du côté temporal, mais il est plus fréquente du côté nasal et peut affecter un œil ou les deux.

Il est plus fréquent dans les climats tropicaux et subtropicaux et très rare dans les pays froids. Sa survenance est directement liée au rayonnement ultraviolet, si l’œil est exposé aux rayons du soleil sans filtre ni protection.

Le ptérygion se produit chez les agriculteurs, les ouvriers et ceux qui travaillent à l’extérieur parce qu’ils sont plus exposés au rayonnement solaire et à la poussière. Son apparition semble également liée au contact avec des solvants et des produits chimiques.

Certaines études le mettent en lien avec la sécheresse de l’environnement et à la présence du vent qui accélère l’évaporation des larmes. Toutefois, il a une composante héréditaire et est lié aux maladies immunologiques.

Il se produit chez les individus entre 20 et 50 ans étant plus fréquent dans les zones rurales que dans les zones urbaines, a plus de prévalence chez les Afro-Américains sans différences selon le sexe.

Un oeil touché par un ptérygion

Symptômes du ptérygion

Les symptômes peuvent varier selon l’activité, la taille et l’emplacement du ptérygion.

Ptérygion actif

Dans le cas du ptérygion actif, il y a une lésion épaisse, enflammée et hyperémique avec une zone blanchâtre au sommet du triangle.

Les symptômes produits par le ptérygion actif comprennent :

  • Douleur
  • Démangeaisons
  • Sensation de corps étranger
  • Déchirement
  • Photophobie
  • Diminution du champ visuel
  • Vision double

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Ptérygion inactif

C’est le ptérygion observé dans les pays à climat tempéré. Son incidence est plus faible, sa croissance plus lente et ses symptômes moins évidents. Une lésion plate apparaît, sans inflammation, sans vascularisation et sans signe de croissance.

Une lésion à l'oeil

Les symptômes sont très rares ou inexistants. La taille du ptérygion est directement proportionnelle à la symptomatologie. Plus le ptérygion est grand, plus il occupe la surface de la cornée et, par conséquent, plus il affecte la vision.

Selon l’endroit, ceux qui affectent la zone du champ visuel de la cornée sont plus symptomatiques. Les symptômes du ptérygion seront moins évidents lorsqu’il se trouve à la périphérie de l’œil.

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Traitement du ptérygion

Traitement préventif

  • Lunettes avec filtres ultraviolets entre 90 et 100 % d’indice de protection. Elles doivent être utilisées obligatoirement dans la population sensible et en particulier chez les enfants.
  • Chapeaux à large bord.

Traitement médical

Pour les cas où il ne produit pas une grande symptomatologie :

  • Larmes artificielles
  • Lubrifiants pour les yeux
  • Corticostéroïdes topiques à de faibles concentrations en cas d’inflammation

Traitement chirurgical

Dans les cas symptomatiques, la seule solution est la chirurgie. En général, le ptérygion continue de croître et s’il n’est pas enlevé, les symptômes vont augmenter. Cela peut se faire de différentes façons :

  • Exérèse simple : elle s’effectue en enlevant le ptérygion et en lui permettant de guérir seul depuis la conjonctive. Elle n’est pas recommandée car le ptérygion réapparaît dans 40 à 80% des cas. À l’heure actuelle, elle n’est que rarement pratiquée.
  • Fermeture conjonctivale simple : excision et suture des bords conjonctivaux. Le ptérygion réapparaît également dans 45 à 70% des cas, elle n’est donc recommandée que chez les personnes âgées en cas de rechute avec des mineurs.
  • Autogreffe conjonctivale et limbique : c’est la technique chirurgicale optimale grâce à sa récidive mineure. C’est l’intervention avec le temps de récupération le plus court et le moins de rechutes. Elle peut être réalisée avec des adhésifs de suture continue ou des adhésifs biologiques en tissus de fibrine.

La préférence dans l’utilisation des adhésifs synthétiques par rapport aux sutures est due au fait qu’ils sont biocompatibles, qu’ils produisent peu ou pas d’inflammation, qu’ils ne provoquent pas de réaction des corps étrangers et qu’ils sont biodégradables.

  • Autogreffe conjonctivale libre : cette technique est réalisée par excision de la tête et d’une partie du corps du ptérygion, puis grâce à la couverture de la sclérotique exposée par la conjonctive du patient lui-même. Elle présente de bons résultats, bien qu’ils soient inférieures à ceux de l’autogreffe précédente.

Traitement adjuvant

Il est réalisé en complément d’un traitement chirurgical pour minimiser le risque de récidive :

  • Antimitotiques : évitent la réplication cellulaire et ont pour mission d’annuler ou de retarder la croissance du tissu ptérygien. Bien qu’ils réduisent son risque de réapparition, ils ont des effets toxiques et des complications qui parfois découragent leur utilisation. La plus couramment utilisée est la mitomycine C
  • Antiangiogénique : prévient la prolifération vasculaire qui fournit des nutriments au tissu ptérygien et facilite sa croissance, rendant la cornée moins transparente et gênant la vision. Le bevacizumab topique est actuellement utilisé cliniquement à titre expérimental
  • Bétothérapie : consiste en une radiothérapie postopératoire du ptérygion avec radiation bêta pour réduire les récidives. Elle inhibe la mitose cellulaire en évitant la récidive. Elle a des effets similaires à ceux de la mitomycine, mais avec moins d’effets secondaires

En conclusion, le ptérygion est une lésion vascularisée de la conjonctive de l’œil qui peut envahir la cornée et provoquer un astigmatisme et une diminution de l’acuité visuelle.

 

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