Théorie de l'attachement : comment influence-t-elle nos enfants ?

La théorie de l'attachement révèle à quel point le lien mère-enfant est déterminant dans la personnalité et la santé émotionnelle de l'enfant. Nous en parlons ici.
Théorie de l'attachement : comment influence-t-elle nos enfants ?
Elena Sanz

Rédigé et vérifié par la psychologue Elena Sanz.

Dernière mise à jour : 06 décembre, 2022

Si nous parlons de psychologie de l’éducation et du développement, la théorie de l’attachement est probablement l’une des plus connues. Et c’est grâce à elle que nous avons obtenu une meilleure compréhension de l’importance du lien entre parents et enfants. Nous avons également pu comprendre comment cela est décisif dans la formation de la personnalité.

Le style d’attachement influence l’estime de soi du nourrisson et sa capacité à faire confiance aux autres et à explorer son environnement. Ce lien module la manière dont un nourrisson se perçoit, sa capacité relationnelle et la qualité de sa santé émotionnelle. Par conséquent, si vous avez des enfants, il est important que vous connaissiez cette théorie.

Qu’est-ce que l’attachement ?

L’attachement est le lien affectif, intense et durable qui se crée entre le bébé et ses principaux soignants. Un nourrisson peut s’attacher à plusieurs personnes, mais on considère que c’est la relation avec les parents qui a le plus d’importance.

Le but de cet attachement est d’augmenter les chances de survie du bébé. Un nouveau-né est complètement dépendant du soignant, non seulement pour garantir son intégrité physique, mais aussi pour son bon développement émotionnel.

Pour que cet attachement soit généré, le bébé émet une série de comportements, tels que des pleurs, des babillages ou un sourire social, qui attirent l’attention de la mère et favorisent cette proximité physique et cette connexion émotionnelle. Dans le même temps, les  « comportements maternels » apparaissent chez la femme, qui sont des réactions générées par l’ocytocine, qui amènent la mère à prêter attention aux besoins du bébé.

Le but ultime est que la mère soit présente et disponible pour le bébé et qu’elle soit sensible et réceptive à ses demandes. L’idée est qu’elle soit capable de réagir de manière appropriée et d’aider le nourrisson à se réguler émotionnellement. Ainsi, jour après jour et à chaque interaction, l’enfant se construit une vision de lui-même et des autres qui déterminera sa future personnalité.



 

Les origines de la théorie de l’attachement

Toutes ces connaissances sont le résultat de plusieurs décennies de recherche. On peut situer les origines de la théorie de l’attachement dans les travaux du psychologue anglais John Bowlby, qui a postulé plusieurs idées à cet égard :

  • Le nourrisson a un besoin inné de s’attacher à une figure principale. Cette idée, connue sous le nom de monotropie, indique qu’il doit y avoir un lien primaire (plus important et qualitativement différent du reste) qui se crée, en général, avec la mère.
  • Il existe une période critique pour la formation du lien d’attachement. Si pendant les premières années de la vie, le bébé est privé de ce lien maternel (ou s’il est interrompu), les conséquences seront presque irréversibles.
  • L’attachement favorise la proximité entre la mère et le bébé et amène ce dernier à ressentir une forte anxiété de séparation.
  • Cette relation avec la mère (ou soignante principale) forge un modèle mental par lequel l’enfant sera désormais gouverné. En d’autres termes, cette relation est déterminante dans la vision que l’enfant développera de lui-même, des autres et du monde et influencera à long terme sa santé psychologique et émotionnelle.
Bébé qui pleure.
Les pleurs du bébé sont un appel pour son principal soignant.

Mary Ainsworth et ses contributions à la théorie de l’attachement

Une deuxième figure d’une grande importance dans la théorie de l’attachement est Mary Ainsworth. Cette psychanalyste américaine a conçu un protocole pour évaluer et identifier les types d’attachement. Elle a imaginé la fameuse expérience dite « la situation étrange », dans laquelle plusieurs dyades mère-bébé ont été observées dans leurs échanges et leurs réactions.

L’idée était d’analyser la façon dont les bébés se comportaient lorsqu’ils étaient en présence de leur mère dans une situation inconnue, comment ils réagissaient quand elle partait et ce qu’ils faisaient quand elle revenait. Les résultats ont permis d’identifier trois styles d’attachement différents qui peuvent être générés.

1. Fixation sécurisée

C’est le lien idéal, qui se produit lorsque la mère est sensible et réceptive aux besoins et aux émotions du bébé et y répond rapidement et de manière cohérente. Cela génère chez l’enfant un sentiment de sécurité qui lui permet de s’aventurer à l’extérieur pour explorer l’environnement et réguler ses émotions, grâce à sa proximité avec la mère.

Les nourrissons solidement attachés deviennent des personnes qui ont confiance en eux-mêmes et en les autres, qui savent comment établir des relations à partir de l’interdépendance. Autrement dit, ils savent fixer des limites et n’ont pas peur de l’intimité émotionnelle.

2. Attachement ambivalent

La mère est incohérente dans ses réactions. En général, elle n’est pas émotionnellement disponible pour le bébé et, bien qu’elle soit parfois attentive et affectueuse, elle se montre parfois hostile ou indifférente. Cela génère chez l’enfant un sentiment d’incertitude face à une réalité imprévisible, ce qui l’amène à avoir de sérieuses difficultés à faire confiance.

Dans le futur, ces enfants deviennent des personnes très précaires, anxieuses et dépendantes. Autrement dit, des personnes qui ne se sentiront jamais en sécurité dans leurs relations et qui auront toujours besoin que les autres les rassurent sur leur amour.

3. Attachement évitant

Dans ce troisième cas, la mère ignore les appels de l’enfant ou est indifférente. Les besoins affectifs du nourrisson ne sont pas satisfaits et sont même rejetés ou minimisés. Ainsi, l’enfant choisit de se déconnecter émotionnellement, car il comprend qu’il est inutile de s’exprimer.

À l’âge adulte, ces personnes adoptent une attitude d’extrême indépendance et craignent d’être vulnérables ou de s’ouvrir aux autres. Elles semblent confiantes et autonomes, mais au fond, leurs émotions leur font peur.



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Mère avec son fils formant l'attachement.
La théorie de l’attachement décrit trois types de personnalité qui dérivent de la relation avec le soignant principal.
Plus tard, un quatrième type a été ajouté appelé attachement désorganisé, qui combine les caractéristiques de l’anxiété et de l’évitement. Il est généré dans des situations de traumatisme ou de négligence parentale.

La théorie de l’attachement nous aide à comprendre comment notre monde intérieur est construit

En bref, la théorie de l’attachement est la réponse à la façon dont le monde intérieur et émotionnel des enfants est façonné. C’est dans la relation avec la mère (ou l’aidant principal) que le petit développe une idée de lui-même, apprend à quoi s’attendre des autres et se forge des attitudes et des tendances interprétatives qui l’accompagneront toute sa vie.

Le lien d’attachement principal est le modèle que suivent toutes les autres relations de la vie. C’est pourquoi il est si important qu’il soit de qualité.

Si un enfant grandit avec un attachement sécurisant, il pourra à l’avenir profiter de relations saines, équilibrées et satisfaisantes, il aura la motivation nécessaire pour atteindre ses objectifs et prendre des décisions. Bref, il sera plus proche du succès, du bonheur et de la santé émotionnelle.

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  • AinsworthM. D. S.BellS. M. & StaytonD. J. (1971Individual differences in strange-situation behaviour of one-year-olds. In The Origins of Human Social Relations (ed. SchafferH. R.), pp 1732New YorkAcademic Press.
  • Bowlby, J., & Ainsworth, M. (2013). The origins of attachment theory. Attachment theory: Social, developmental, and clinical perspectives45, 759-775.
  • Pinedo Palacios, J. R., & Santelices Álvarez, M. P. (2006). Apego adulto: los modelos operantes internos y la teoría de la mente.

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