Troubles de l'élimination chez l'enfant : types, causes et traitements

Les troubles de l'élimination sont généralement l'effet d'un problème émotionnel, d'un entraînement inadéquat ou d'un facteur physique. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas réprimander l'enfant, mais l'aider.
Troubles de l'élimination chez l'enfant : types, causes et traitements

Dernière mise à jour : 01 mai, 2022

Les troubles de l’élimination chez l’enfant sont liés à l’incapacité de contrôler l’émission de matières fécales ou d’urine au moment approprié. Ces problèmes correspondent à un type d’incontinence, mais ils ne sont généralement pas dus à des anomalies organiques.

Le plus souvent, les troubles de l’élimination chez les enfants disparaissent d’eux-mêmes avec le temps. Ils sont presque toujours liés à des habitudes mal adoptées ou à des circonstances émotionnelles qui favorisent ce comportement.

Aussi, il est possible que les troubles de l’élimination soient la conséquence d’un problème de constipation chronique, d’un cycle de sommeil très profond ou de facteurs héréditaires. Quoi qu’il en soit, il parvient presque toujours à être surmonté si les mesures appropriées sont prises.

Que sont les troubles de l’élimination chez l’enfant ?

Remèdes maison pour la gastrite chez les enfants.
Les troubles de l’élimination chez les enfants sont souvent liés à des problèmes émotionnels.

Les troubles de l’élimination sont définis comme une difficulté à contrôler les sphincters. Les sphincters sont des muscles en forme d’anneau qui ouvrent et ferment certaines ouvertures du corps. Parmi eux, figurent ceux qui cèdent la place aux urines et aux matières fécales.

Un enfant ne contrôle l’élimination qu’après 18 mois de vie. Dès cet âge, il commence d’abord par contrôler l’élimination des matières fécales, puis les urines. L’ensemble du processus est complété entre 3 et 5 ans.

Si l’enfant a des difficultés à contrôler les sphincters après 5 ans, on parle de troubles d’élimination chez l’enfant. Il s’agit d’un problème courant qui n’est souvent pas compris par les parents. Chez l’enfant, ce problème peut provoquer un sentiment de honte, une faible estime de soi et l’isolement, entre autres.

Les types de troubles de l’élimination

Il existe essentiellement deux types de troubles de l’élimination : un trouble urinaire (énurésie) et un trouble fécal (encoprésie). Cependant, chacun de ces types présente quelques variantes.

Énurésie

L’énurésie est le passage de l’urine dans le lit ou sur les vêtements chez les enfants de 5 ans ou plus. Pour parler d’énurésie, il doit y avoir au moins deux épisodes par semaine pendant une durée continue de trois mois. Le problème ne doit pas être dû à la prise de médicaments ni à une condition médicale, comme le diabète.

L’énurésie peut être diurne ou nocturne. De même, l’élimination des urines peut être volontaire ou involontaire. On estime que 10 % des enfants âgés de 5 à 7 ans souffrent de ce trouble. Il est aussi présent chez 3 % des adolescents, chez entre 2 et 5 % des jeunes adultes et chez 0,5 % des adultes.

Encoprésie

L’encoprésie est un autre trouble de l’élimination. Dans ce cas, il y a évacuation des matières fécales sur les vêtements ou dans des endroits inappropriés comme le sol. Pour parler d’encoprésie, il doit y avoir au moins un épisode par semaine, pendant trois mois consécutifs. Aussi, ce trouble ne doit pas être l’effet d’une substance médicale.

Il existe deux sous-types : constipé ou non constipé. On estime qu’entre e. 1,5 et 7,5 % des enfants souffrent d’encoprésie. Environ 3 % des visites pédiatriques concernent ce trouble, qui est plus fréquent chez les garçons que chez les filles.



Les causes possibles des troubles de l’élimination

Presque tous les troubles de l’élimination chez les enfants ont une cause émotionnelle. Les cas où la cause est physiologique ou anatomique sont une exception. De plus, il y a peu de fois qu’un médicament ou une substance provoque cet effet.

Le plus souvent, les troubles de l’élimination sont une réponse à un événement ou à une circonstance traumatique qui provoque de l’anxiété et du stress. Ils sont associés à une angoisse et au sentiment de manque de protection.

Dans de nombreux cas, ils sont causés par l’entrée à l’école, les conflits avec les pairs, l’arrivée d’un frère ou d’une sœur, les conflits entre parents, un divorce ou la perte d’un être cher. La cause peut être comportementale ou physique.

Causes comportementales

L’enfant n’a peut-être pas été correctement entraîné à utiliser les toilettes. Peut-être on le lui a appris trop tôt ou trop tard, ou alors il n’a pas reçu d’instructions claires. Parfois, l’enfant ne veut tout simplement pas interrompre son jeu et, par conséquent, évacue de manière intempestive.

Les troubles de l’élimination sont également un symptôme courant du trouble oppositionnel avec provocation et d’autres problèmes de comportement. Aussi, il est possible que le petit veuille attirer l’attention de ses parents avec ce comportement.

Causes physiques

Les enfants dont les habitudes de sommeil sont médiocres peuvent souffre de troubles de l’élimination. Ils mangent ou boivent peu de temps avant de s’endormir, puis dorment si profondément qu’ils ne parviennent pas à se réveiller pour aller aux toilettes.

Certaines conditions urologiques, comme la cystite, sont des facteurs qui peuvent donner lieu à l’énurésie. Certains troubles neuromusculaires, génito-urinaires, cérébraux ou médullaires peuvent également entraîner des troubles de l’élimination. La constipation chronique provoque souvent des selles incontrôlées.

Les traitements disponibles

Face à un trouble de l’élimination chez l’enfant, il faut consulter un pédiatre. Ce dernier évaluera la situation et indiquera la voie à suivre.

Si la cause est physique, le traitement approprié sera lancé pour surmonter le problème. Si l’origine est psychologique, il existe plusieurs thérapies disponibles. Nous les détaillons ci-dessous.



Thérapie d’alarme d’urine

Dans ce cas, des capteurs d’humidité sont installés dans le lit. Lorsque de l’humidité est détectée, une alarme sonore ou tactile s’active, avertissant l’enfant d’aller aux toilettes. Il correspond à un mécanisme de conditionnement comportemental. On s’attend à ce que l’enfant s’y adapte et, à un moment donné, cesse d’avoir besoin du capteur.

Entraînement au lit sec

Dans cette thérapie, l’alarme d’urine est également utilisée, mais elle est combinée à d’autres actions. Par exemple, l’enfant doit changer la literie si elle est mouillée ou sale, ou il doit rester éveillé pendant un certain temps.

Amélioration de l’apprentissage de la propreté

Ici, le but est d’entraîner l’enfant pour qu’il apprenne à contrôler correctement ses sphincters. Des ressources telles que les techniques de respiration, la contraction et la relaxation des muscles sont utilisées. Les progrès sont récompensés, afin de renforcer le comportement.

Autres

Il existe d’autres techniques pour traiter les troubles de l’élimination chez l’enfant. Parmi elles, figurent les suivantes :

  • Lifting. Le parent se lève la nuit pour emmener l’enfant à la salle de bain puis le ramène au lit.
  • Formation au contrôle de la rétention. L’enfant est encouragé à retenir la miction aussi longtemps que possible. Cette technique est destinée à augmenter la rétention de la vessie.
  • Biofeedback. Des dispositifs placés autour de l’anus sont utilisés. Grâce à ceux-ci, l’enfant peut observer ses contractions musculaires dans cette zone. Cela lui permet d’apprendre plus facilement à contrôler le sphincter anal.
  • Psychothérapie. La psychothérapie aide à identifier les situations qui peuvent causer de l’anxiété ou de la peur chez l’enfant.

Le dépistage des troubles de l’élimination

Petite fille sur une cuvette.
Il existe différentes méthodes pour aider les enfants à surmonter ce trouble. Consultez votre pédiatre à ce sujet.

Il est important de prendre en compte que les enfants peuvent présenter des épisodes ponctuels de perte de contrôle des sphincters sans que cela signifie qu’ils présentent un trouble de l’élimination. Une situation choquante, ou très drôle, peut entraîner un épisode d’énurésie.

Pour parler de trouble de l’élimination, rappelons qu’il doit y avoir répétition pendant une période d’au moins 12 semaines. Si tel est le cas, il est indiqué de consulter le pédiatre. La présence d’une maladie physique doit d’abord être exclue.

En règle générale, les enfants ayant ce type de difficultés réagissent très bien aux traitements disponibles. Ils le font parfois seuls avec le soutien aimant de leurs parents. Les cas qui durent plus de 7 ans sont exceptionnels.

Réprimander les enfants n’aide pas

L’une des erreurs les plus courantes commises par les parents est de réprimander les enfants. Même s’ils évacuent délibérément, ce comportement n’est pas dû à un caprice, mais à un problème non résolu.

Punir les enfants ne fait que générer en eux un sentiment de honte, ce qui affectera leur estime de soi. La chose la plus appropriée à faire est de leur parler et de leur faire voir qu’ils ont une difficulté à surmonter.  Consultez ensuite un médecin, afin qu’il puisse vous indiquer les mesures à suivre.

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