Tuberculose rénale : diagnostic et traitement

8 août 2019
Le diagnostic de la tuberculose rénale est microbiologique. Ce diagnostic requiert l'éloignement et la culture de la bactérie mycobacterium tuberculosis, la bactérie responsable de la tuberculose, dans des échantillons biologiques.

La tuberculose rénale est une infection qui évolue de façon chronique. La Mycobacterium tuberculosis, que l’on appelle également bacille de Koch, est la bactérie responsable de la tuberculose rénale. Cette bactérie peut nuire aux deux reins et ainsi être à l’origine de l’insuffisance rénale ainsi que de la mort du patient. L’origine est généralement pulmonaire.

Cette bactérie est présente chez de nombreux patients qui souffrent de tuberculose pulmonaire. D’autre part, la bactérie Mycobacterium tuberculosis arrive aux reins par le sang, par contiguïté et par la voie lymphatique. Ainsi, la tuberculose rénale est la deuxième forme extrapulmonaire la plus fréquente.

Généralement, elle se localise d’abord dans les reins, l’épididyme et la prostate. Néanmoins, il est possible que le reste des organes génito-urinaires soient également affectés.

Les symptômes de la tuberculose rénale

Parmi les symptômes de la tuberculose rénale les plus fréquents figurent les symptômes suivants :

  • douleur dans la zone du rein
  • miction fréquente et douloureuse
  • sang dans l’urine

La plupart des patients présentent une réaction positive à la tuberculine et à la culture du bacille de Kock dans l’urine.

Chez l’homme, il est fréquent que la tuberculose rénale soit associée à une épididymite et, moins fréquemment, à une prostatite.

Le diagnostic de la tuberculose rénale

Le diagnostic de la tuberculose rénale

Le diagnostic de la tuberculose rénale est micribiologique. Il requiert l’éloignement et la culture de la Mycobacterium tuberculosis dans des échantillons biologiques.

Le diagnostic microbiologique

Pour établir le diagnostic microbiologique, il y a trois étapes successives :

  • démonstration de bacilles acido-alcoloo-résistants
  • éloignement de la bactérie M. tuberculosis dans une culture pure
  • dans certains cas, étude de la sensibilité in vitro à des médicaments anti-tuberculose

En ce qui concerne les mycobactéries, il faut prendre en considération le fait qu’elles requièrent des techniques de coloration spécifiques pour leur identification en raison de la quantité élevée de lipides qui composent leur paroi cellulaire. De plus, leur croissance étant lente et leurs cultures se faisant dans des milieux solides, il faut les incuber pendant huit semaines.

La coloration et l’examen microscopique direct est le procédé le plus facile et le plus rapide pour obtenir une confirmation préliminaire du diagnostic.

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Culture et identification des mycobactéries

On dispose de différents moyens de culture : solides, liquides, radiométriques, liquides non radiométriques et biphasiques. À l’heure actuelle, le recours à la combinaison d’un moyen solide et d’un moyen liquide est l’une des meilleures options en matière de sensibilité et de rapidité.

Les techniques les plus efficaces sont les techniques radiométriques. Le recours à ces techniques est indiqué chez les patients atteints de VIH sévèrement immunodéprimés et dans les cas de fièvre d’origine inconnue.

Les nouvelles techniques de diagnostic : l’amplification génique de ADN ou ARN

Ces techniques, lesquelles génèrent des millions de copies d’acide nucléique spécifique du complexe M. tuberculosis, permettent d’établir des diagnostics rapides.

Les études de sensibilité in vitro (antibiogramme)

De la même façon, nous disposons de différentes méthodes radiométriques et non radiométriques pour l’étude de la sensibilité in vitro.

Le diagnostic anatomopathologique

Le diagnostic anatomopathologique consiste en un examen histologique des échantillons obtenus par ponction et aspiration via une aiguille fine et une biopsie.

Le traitement de la tuberculose rénale

Le traitement de la tuberculose rénale

Pour le traitement de la tuberculose rénale, il est nécessaire d’associer plusieurs médicaments pour prévenir l’apparition de résistances. Une mauvaise adhérence ou l’abandon du traitement peuvent également favoriser l’apparition de ces résistances.

De plus, il faut prolonger le traitement pour éviter une rechute. L’évaluation bactériologique est le meilleur moyen de suivre la réponse au traitement.

Les médicaments pour le traitement de la tuberculose sont classés en deux groupes en fonction de leur efficacité, de leur puissance et de leurs effets toxiques.

  • Médicaments de premier choix pour le traitement de cas initiaux
    • les bactéricides : isoniazide, rifampicine, pyrazinamide et streptomycine
    • les bactériostatiques : éthambutol
  • Médicaments de second choix
    • kanamycine
    • amikacine
    • clarithromycine
    • ciprofloxacine

Les médicaments de second choix sont moins actifs et ont plus d’effets secondaires. On a recours à ces médicaments pour soigner les formes les plus résistantes ou en cas de situation clinique spéciale. Certains d’entre eux sont difficiles à obtenir. En effet, seuls les experts doivent les manipuler.

Les effets du traitement

L’effet secondaire le plus fréquent est l’hépatotoxicité, laquelle peut se produire aussi bien du fait de l’isoniazide que de la rifampicine.

Les effets secondaires légers sont relativement fréquents, mais ils ne nécessitent pas l’arrêt du traitement médicamenteux. En revanche, en cas de situation grave, il faudra arrêter la prise de médicaments et modifier le traitement. Mais cela concerne entre 3 et 5 % des patients.

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La situation réelle de la tuberculose rénale dans le monde entier est méconnue. Les différences entre les patients des pays développés et ceux des pays en développement ne sont pas bien définies. C’est un sujet qui mérite d’être étudié plus en profondeur.

 

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  • Koch, A., & Mizrahi, V. (2018). Mycobacterium tuberculosis. Trends in Microbiology. https://doi.org/10.1016/j.tim.2018.02.012

  • Daniel, T. M. (2006). The history of tuberculosis. Respiratory Medicine. https://doi.org/10.1016/j.rmed.2006.08.006