Voici comment le coronavirus infecte les cellules pulmonaires

22 mai 2020
L'étude publiée le 3 mars dans la revue Intensive Care Med jette un nouvel éclairage sur le fonctionnement du coronavirus dans les cellules pulmonaires. Elle émet également l'hypothèse que le SRAS-CoV-2 pourrait pénétrer dans l'organisme par l'intestin.

Les informations recueillies jusqu’à présent indiquent que l’effet le plus visible de l’infection par le coronavirus est une affection des cellules pulmonaires. Bien que le COVID-19 soit apparu il y a seulement trois mois, plusieurs études scientifiques sont maintenant disponibles et ont élucidé certains aspects du virus qui cause la maladie.

Jusqu’à présent, tout indique que le virus se propage par les gouttelettes de salive ou le mucus d’une personne infectée lorsqu’elle tousse, éternue ou parle. Si ces gouttelettes entrent en contact avec les yeux, le nez ou la bouche d’une autre personne, le virus pénètre dans son corps.

Une fois à l’intérieur du corps de la personne nouvellement infectée, les gouttelettes se déplacent rapidement vers l’arrière des narines et vers la muqueuse de la gorge. Ensuite, une sorte d' »accrochage » se produit entre le virus et les cellules du receveur. Le SRAS-CoV-2 commence alors le voyage infectieux qui entraîne des problèmes de santé.

Le virus s’accroche

Le coronavirus a des protéines en forme de pointes sur toute sa surface. Elles s’accrochent aux membranes cellulaires qu’elles rencontrent et les envahissent avec leur matériel génétique. Cela a pour effet que l’organisme lui-même commence à aider le virus à se multiplier et empêche le système immunitaire d’agir comme il le devrait.

De cette façon, des copies du virus apparaissent, puis de nouvelles copies, et ainsi de suite. Chaque cellule finit par éclater, libérant des particules virales qui infectent les cellules voisines. Progressivement, le coronavirus progresse de la gorge vers les bronches.

Lorsque le SRAS-CoV-2 ou le coronavirus atteint les poumons, les muqueuses pulmonaires s’enflamment. Lorsque cela se produit, les alvéoles, qui sont comme de petits sacs d’air, peuvent être endommagées. L’inflammation oblige les alvéoles à travailler plus dur pour amener l’oxygène dans le sang et expulser le dioxyde de carbone.

L’inflammation, associée à une détérioration du flux d’oxygène, peut entraîner le remplissage des poumons avec du liquide, du pus et des cellules mortes. Cela pourrait conduire à une infection : la pneumonie. À son tour, la pneumonie finit par entraîner un syndrome de détresse respiratoire aiguë. À ce moment-là, vous ne pouvez plus respirer qu’à l’aide d’une machine.

Une femme qui tousse touchée par le coronavirus

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Coronavirus et cellules pulmonaires

Une étude publiée dans la revue Intensive Care Med a permis de décrire plus en détail le processus par lequel le coronavirus se fixe aux cellules pulmonaires. Ils ont utilisé un modèle informatique pour faire la recherche.

Selon leurs conclusions, le virus peut adhérer aux cellules pulmonaires car les pics qu’il possède – des protéines pointues – sont très similaires à un récepteur – ACE2, qui est également une protéine – présent dans les cellules pulmonaires humaines. Cette similitude les rend « parfaitement adaptés », pour ainsi dire.

Les scientifiques comparent cette affinité à une clé et à sa serrure. Cela expliquerait aussi pourquoi cette maladie est si contagieuse. Les chercheurs affirment que le virus reconnaît mieux ce récepteur sur les cellules pulmonaires et se transmet donc facilement. Métaphoriquement parlant, c’est comme si la serrure attirait la clé et vice versa.

Un loupe révélant des poumons touchés par le coronavirus

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Les problèmes pulmonaires

Beaucoup se demandent pourquoi ce virus attaque les poumons en particulier. Une première réponse est que ces organes sont particulièrement vulnérables à toutes sortes de virus inhalés. Cependant, les recherches de l’équipe Intensive Care Med soulignent que certains facteurs biologiques sont également en jeu.

Les scientifiques ont détaillé que 83% des cellules qui servent de « serrure » pour cette « clé » qu’est le virus, sont situées dans les alvéoles pulmonaires. Par conséquent, ces cellules pulmonaires facilitent l’invasion virale. C’est là que le SRAS-CoV-2 est le mieux adapté.

Cependant, l’étude souligne également que ces cellules pulmonaires ne sont pas les seules à correspondre au coronavirus. Il existe d’autres organes qui ont des « verrous » similaires, à savoir le cœur, les reins, l’intestin et l’endothélium. Les scientifiques pensent que l’intestin, en particulier, est également un important site d’entrée pour le coronavirus.

Ces données viendraient étayer l’hypothèse selon laquelle la pandémie a commencé par la consommation de certains aliments sur le marché de Wuhan. Si cela est prouvé, ce serait d’une grande importance, car cela révélerait une autre voie d’infection et serait très pertinent pour contenir le problème.

Quelle est la contribution de ces résultats pour lutter contre le coronavirus ?

Comme nous sommes confrontés à un nouveau problème et à une pandémie pour lesquels il n’existe pas beaucoup de réponses, toute avancée scientifique est importante. Des groupes de recherche du monde entier partagent leurs résultats, presque en temps réel, pour progresser plus rapidement. Connaître le mécanisme des lésions pulmonaires est un outil qui permet aux médecins de savoir comment traiter les complications du coronavirus.

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