Antibiotiques contre les infections urinaires

23 octobre 2019
La science n'a pas trouvé les antibiotiques idéaux contre les infections urinaires. Tous ceux qui sont disponibles possèdent des effets secondaires à court, moyen et long terme. De même, les bactéries ont tendance à devenir résistantes à l'action de ces médicaments.

Les infections urinaires représentent une affection relativement courante, qui se présente plus souvent chez les femmes en raison de leur configuration urogénitale. On estime qu’au moins 1 femme sur 5 souffrira d’une infection urinaire au long de sa vie.

Ces infections surviennent n’importe où dans le système urinaire. Autrement dit, elles peuvent se localiser dans la vessie, les reins, les uretères ou l’urètre. Néanmoins, on estime que 80% des cas sont des infections des voies urinaires inférieures. C’est-à-dire de la vessie et de l’urètre.

La forme la plus commune d’infection urinaire est la cystite chez les femmes et la prostatite chez les hommes. Chez les adultes plus âgés, l’incidence de la maladie est la même pour les deux sexes. Par ailleurs, les facteurs saisonniers ou géographiques ne semblent avoir aucune influence dans ces cas.

Les infections urinaires

Les infections urinaires chez les femmes

Les agents responsables des infections urinaires sont les bactéries. Entre 70% et 90% des cas s’expliquent par l’action de la bactérie Escherichia coli. Dans une moindre mesure, il existe la présence de bactéries comme Proteus mirabilis, Staphilococcus coagulasa, Klebsiella pneumoniae et Enterococcus faecalis. 

Certaines personnes sont plus susceptibles de développer des infections urinaires. Principalement celles qui souffrent de diabète, d’immunodépression ou qui ont atteint un certain âge. Il existe également un risque accru d’infection chez les personnes qui ont une vessie neurogène, qui portent une sonde urinaire ou qui font des vidanges incomplètes de la vessie.

Les infections du tractus urinaire les plus courantes chez les hommes sont la prostatite, l’urétrite, l’épididymite et l’orchiteChez les femmes, il s’agit de la cystite, récurrente ou non. Et la bactériurie asymptomatique ( celle-ci est surtout due à la grossesse et/ou au syndrome de la miction).

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L’usage des antibiotiques contre les infections urinaires

Les antibiotiques sont généralement utilisés comme traitement de première choix pour combattre les infections urinaires. Les plus couramment utilisés sont ceux qui appartiennent à l’un des groupes suivants :

  • Quinolones : ils s’utilisent dans le traitement des infections urinaires basses. En général, ils s’administrent d’abord par voie intraveineuse et ensuite par voie orale. Ils présentent effectivement une bonne absorption digestive. Chez les femmes enceintes, ils peuvent être prescrits après le premier trimestre de grossesse
  • Aminoglycosides : il s’agit d’antibiotiques bactéricides spécialement employés lorsque la cause de l’infection est le bacille gram négatif. On utilise ces médicaments sur de courtes périodes car ils possèdent des effets toxiques
  • Céphalosporines : l’utilisation des céphalosporines de première génération n’est pas recommandée. Uniquement les céphalosporines de deuxième génération pour les infections légères et celles de troisième génération pour les infections plus sévères
  • Aminopénicillines/inhibiteurs de la bêta-lactamase : principalement recommandés pour les infections légères et pour les femmes enceintes car ils n’affectent pas le foetus. Cependant, de nombreuses bactéries y sont résistantes
  • Triméthoprime/sulfaméthoxazole (TMX/SMX) : ils ne s’utilisent que si la bactérie responsable de l’infection a été identifiée et jugée sensible au médicament. Dans le cas contraire, on ne conseille pas d’y avoir recours
  • Nitrofurantoïne : ces antibiotiques sont utiles surtout pour prévenir la récurrence de l’infection mais ils ne sont pas recommandés pour les femmes enceintes au début de leur grossesse (premier trimestre)
  • Fosfomycine trométamol : ils sont efficaces contre les bactéries gram positives et gram négatives. Sous forme de dose unique, il s’agit de l’un des groupes d’antibiotiques les plus utilisés et efficaces

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Données à prendre en compte

Un échantillon dans un laboratoire d'analyses pour détecter des infections urinaires

Le traitement avec des antibiotiques se base sur l’agent spécifique qui provoque les infections urinaires. Toutefois, en prenant en compte le fait que la plupart des cas s’expliquent par l’Escherichia coli, le plus indiqué est de commencer le traitement contre cette bactérie dans l’attente des résultats de l’analyse urinaire.

Comme la majorité des médicaments, les antibiotiques possèdent des effets secondaires. Certains d’entre eux sont immédiats et surviennent donc peu de temps après leur ingestion. Ils comprennent souvent de la fièvre, des nausées, des diarrhées, des vomissements, des maux de tête, des éruptions, des problèmes dans les tendons et des lésions nerveuses.

D’autres effets secondaires peuvent apparaître à moyen et long terme. Ceci est dû principalement au fait que la plupart des antibiotiques affectent la flore vaginale et intestinale. Ils augmentent également la prédisposition à la prolifération bactérienne ou fongique dans l’appareil gynécologique et digestif.

Le plus grand problème est que les bactéries deviennent assez facilement résistantes au traitement antibiotique.

Finalement, les scientifiques pensent que, dans les prochaines années, les bactéries développeront des résistances aux antibiotiques comme le norfloxacine, le ciprofloxacine, l’amoxicilline, l’ampicilline et autres. Pour le moment, seul le fosfomycine trométamol semble être suffisamment fort face à cet effet.

 

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