Atrophie urogénitale chez les femmes post-ménopausées

5 novembre 2020
Les symptômes de l'atrophie urogénitale ont tendance à affecter les patientes sur le plan émotionnel et à diminuer leur qualité de vie.

L’atrophie urogénitale est l’une des conséquences – peut-être parmi les moins connues – que connaissent les femmes lorsqu’elles entrent dans la phase ménopausique. Même si elle n’est pas aussi connue que les bouffées de chaleur ou les changements d’humeur, l’atrophie urogénitale a de nombreuses répercussions qui affectent directement la qualité de vie de ces femmes.

L’espérance de vie a augmenté de façon considérable au cours de ces dernières années et, avec elle, le nombre d’années de ménopause de la femme. La baisse des œstrogènes qui se produit à cette étape de la vie entraîne plusieurs pathologies. On estime qu’au bout de 5 ans de ménopause, environ un tiers des femmes souffre d’un certain degré d’atrophie urogénitale.

Les fonctions des œstrogènes chez les femmes

Les œstrogènes sont des hormones sexuelles stéroïdiennes, principalement féminines, qui se produisent dans les ovaires et dans les glandes surrénales. Elles sont responsables du développement des caractéristiques sexuelles secondaires féminines. Parmi elles, nous retrouvons :

  • L’élargissement des hanches.
  • La croissance et le développement des seins.
  • La régulation des menstruations avec d’autres hormones.

La période de puberté et de maturité sexuelle chez les femmes commence quand la production d’œstrogènes monte. La maturation de l’utérus, du vagin, de l’endomètre et des trompes de Fallope se stimule alors.

Le niveau de ces hormones se maintient à un niveau plus ou moins stable jusqu’à l’arrivée de la ménopause, où se produit une chute drastique de ces dernières. En plus du contrôle du développement des caractères secondaires féminins, elles ont d’autres fonctions comme :

  • Améliorer l’aspect de la peau : elles jouent un rôle important dans la production de collagène et dans les processus de régénération de la peau.
  • Elles renforcent le fonctionnement du système cardiovasculaires en participant au métabolisme des graisses et en activant la production de HDL.
  • Elles renforcent le système osseuxLes œstrogènes évitent la perte de calcium et assurent une bonne minéralisation. Cela évite que les os ne deviennent fragiles.
  • Elles contribuent au bon fonctionnement du système urinaire : cela aide à maintenir la fréquence de la fonction urinaire.
  • Elles agissent de façon positive sur le cerveau en favorisant l’arrivée du flux sanguin et du glucose au cerveau.
  • Enfin, elles stimulent le désir sexuel.

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Quels sont les symptômes de l’atrophie urogénitale ?

Les symptômes de l’atrophie urogénitale ont tendance à affecter les patientes sur le plan émotionnel et affectent aussi, comme nous l’avons dit, leur qualité de vie. Contrairement à d’autres symptômes de la ménopause, l’atrophie urogénitale persiste au fil du temps et peut s’aggraver si on n’applique pas un traitement adéquat.

La chute des œstrogènes pendant la ménopause, qui sont les hormones sexuelles féminines, a un impact important sur la santé vaginale. Des changements se produisent au niveau du pH du vagin, qui favorisent les infections aussi bien vaginales qu’urinaires.

Le réseau de vaisseaux qui nourrit la muqueuse vaginale diminue et, par conséquent, la lubrification diminue également. Ce manque de lubrification explique la fréquente irritation, sécheresse et dyspareunie de ces femmes. Celle-ci se définit comme une douleur au moment d’avoir des relations sexuelles.

Finalement, la muqueuse vaginale devient fine et friable avec un risque augmenté de lésions face à de petits traumas, comme l’introduction d’un spéculum lors d’une consultation chez le gynécologue ou le coït.

Traitements

Des changements lors de la ménopause.

Il existe plusieurs traitements très efficaces qui peuvent aider à freiner, diminuer ou même améliorer les symptômes liés à l’atrophie urogénitale.

Dans un premier temps, nous retrouvons les hydratants vaginaux. Ceux-ci, avec des lubrifiants au cours des relations sexuelles, sont la première ligne du traitement des patients qui ont des symptômes légers ou modérés. Ces produits permettent de réduire les symptômes de sécheresse et de restaurer le pH. Néanmoins, ils ne parviennent pas à renverser les changements au niveau des muqueuses.

Par ailleurs, nous retrouvons les traitements hormonaux. Cette ligne de traitement est préférée pour les femmes qui présentent un cadre clinique modéré ou intense.

Les produits hormonaux parviennent à inverser les changements instaurés par le déficit hormonal au cours de la ménopause. L’administration peut être systémique, orale ou vaginale. Les faibles doses d’œstrogènes administrées localement sont le traitement pharmacologique hormonal de premier choix.

Finalement, les modifications des habitudes de vie et le traitement non hormonal sont considérés comme la première ligne des symptômes de l’atrophie urogénitale, surtout chez les femmes avec des changements minimes ou des symptômes légers. Et, bien évidemment, chez les femmes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas utiliser d’œstrogènes.

 

 

 

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