Comment voit une personne atteinte de daltonisme ?

1 juin 2020
Le daltonisme est une maladie génétique où la perception des couleurs est altérée. Les personnes daltoniennes présentent différents degrés de sévérité. Aussi, les manières dont les couleurs sont interprétées par leur cerveau diffèrent. Apprenez-en plus à ce sujet !

Le daltonisme est une maladie qui altère la perception des couleurs. L’œil humain est capable d’interpréter les couleurs des choses à travers des ondes de lumière qui arrivent à la rétine du globe oculaire.

Dans la rétine, il y a des cellules spécialisées appelées cônes. Les cônes contiennent des pigments dans leur intérieur, lesquels sont de trois sensibilités différentes : rouge, vert et bleu. La combinaison de ces trois pigments offre une grande gamme de couleurs pour comprendre la réalité en couleurs et non en noir et blanc.

Une fois reçue l’information de la vague de lumières dans les cônes, l’impulsion continue via le nerf optique. Nous avons deux nerfs optiques, un derrière chaque globe oculaire. Le trajet de ces deux-là se combine en un chiasma optique et arrive au cerveau pour que les neurones réalisent l’interprétation finale de l’information.

Une personne atteinte de daltonisme ne perçoit pas la couleur normalement. Même si la vague de lumière est la même, chez l’individu daltonien, l’information s’interprète de manière erronée. On estime que cette maladie affecte approximativement 8 % des hommes et 0,5 % de femmes.

Qu’est-ce que le daltonisme ?

Le trouble connu comme daltonisme est une maladie génétique. Elle se transmet comme un héritage dans le chromosome X, qui est l’un des chromosomes sexuels. Ainsi, sa prévalence est plus grande dans la population masculine.

On définit le daltonisme comme l’incapacité de discerner les couleurs. Dans cette définition, on inclut de nombreuses variantes de la maladie : depuis de légers changements de gamme qui s’avèrent quasi-imperceptibles, jusqu’à un changement de couleur pour une autre.

En général, il y a trois formes de daltonisme classiques :

  • Monochromaticisme : c’est la forme la moins fréquente de la maladie. C’est aussi celle qui amène le plus de complications au patient, car elle a tendance à s’associer à d’autres symptômes, comme la photophobie ou le nystagmus. Le préfixe mono fait référence au fait que sur ces trois types de cônes – vert, rouge et bleu – il n’y en a qu’un seul qui fonctionne.

  • Dichromatisme : celle-ci, au contraire de la précédente, est la forme la plus fréquente de daltonisme. Des trois types de cônes, il n’en manque qu’un et les deux autres fonctionnent. Dans le dichromatisme, il y a trois variantes supplémentaires, selon la couleur qui ne se perçoit pas. On parle de protanopie quand le problème est le cône rouge, deutéranopie si c’est le vert, et tritanopie quand c’est le bleu.

  • Trichromatisme : c’est le cas dans lequel tous les cônes fonctionnent, mais on enregistre des altérations dans certains cas isolés, affectant des sensibilités basses de différences de couleur.

L'examen d'une personne atteinte de daltonisme

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Autres causes de daltonisme

Même si le daltonisme est une maladie génétique liée au chromosome X, il y d’autres pathologies qui peuvent l’inclure comme symptôme. Entre ces maladies il y a :

  • Cataracte : la cataracte est l’opacité qui se produit dans le cristallin du globe oculaire. Cette opacité diminue la brillance de ce qui se perçoit depuis le monde extérieur, pouvant altérer la perception des couleurs. C’est une condition qui aujourd’hui peut se résoudre par le biais de la chirurgie.

  • Parkinson : pas toutes les personnes souffrant de Parkinson sont daltoniennes, mais il peut arriver que cette maladie affecte les cellules nerveuses de la rétine qui captent les vagues de lumière.

  • Syndrome de Kallman : comme Parkinson, ce n’est pas une maladie qui est obligatoirement accompagnée du daltonisme, mais chez certains individus, elle fait partie des symptômes. Dans le syndrome de Kallman, le problème central vient de la glande pituitaire.

  • Maladie de Leber : c’est une neuropathie optique qui se transmet par héritage génétique. Les couleurs les plus touchées sont le vert et le rouge.

  • Médicaments : le daltonisme peut être un effet secondaire médicamenteux. Le médicament qui a été le plus associé à ce problème est la tiagabine, employée dans le traitement de l’épilepsie. Quand le médicament n’est plus consommé, les patients récupèrent une vision normale.

Comment voit un daltonien ?

Il faut souligner que la personne daltonienne ne voit pas en tons de gris, ni en noir et blanc. Elle peut par contre percevoir une désaturation des tons.

Il existe aussi une confusion des couleurs, qui se comprend comme confusion pour le reste des individus qui n’ont pas d’altération dans les cônes. Cependant, pour le daltonien il n’y a pas de confusion, mais plutôt une manière d’interpréter les couleurs. La personne a toujours vu le monde de cette manière, peut-être même depuis sa naissance, et celle-ci est sa perception de la réalité.

Les tests qui se réalisent dans les cabinets d’ophtalmologie pour le diagnostic sont nombreux et subjectifs. Le patient doit raconter ce qu’il voit et les couleurs qu’il considère qu’il perçoit pour qu’on le compare avec ce que l’on appelle la normalité.

L’examen le plus connu est le test de Ishihara, fait de cartes avec des numéros formés par cercles de couleurs. Les différences de couleur entre les ronds sont légères, et on présume qu’un daltonien aura de sérieuses difficultés à faire la distinction entre les bords.

Les tests diagnostic pour le daltonisme

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Que se passe-t-il si je pense être daltonien ?

Si vous pensez que vous pouvez éventuellement souffrir de daltonisme, il est important de consulter un ophtalmologue. Le médecin réalisera les examens adéquats et déterminera si vous souffrez d’une altération dans la perception des couleurs. En général, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. La majorité des daltoniens mènent une vie normale.

  • Martínez, Pedro Raúl Montoro. « ¿ Qué es el daltonismo?. » (2014).
  • Villegas, Humberto Moreira, and Julio Lillo Jover. Percepción del color y daltonismos. Ediciones Pirámide, 2014.
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  • Lillo, J., Vitini, I., Ponte, E., & Collado, J. (1999). Daltonismo, pseudoacromatismo y categorías verbales

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  • Daltonism. (2018). In Encyclopedia of Ophthalmology (pp. 580–580). Springer Berlin Heidelberg. https://doi.org/10.1007/978-3-540-69000-9_100480