Cryptosporidiose : les informations clés

1 août 2020
La cryptosporidiose ne provoque pas d'effets sévères chez les personnes dont le système immunitaire est sain, mais elle peut être fatale chez les personnes immunodéprimées et chez les enfants âgés de moins de 2 ans.

La cryptosporidiose est une maladie parasitaire. Le premier cas de cryptosporidiose a été enregistré en 1972, mais c’est seulement à partir de 1976 que F.A. Nime, J.D. Burek et encore d’autres auteurs ont fait une description formelle de la maladie. Depuis lors, les études sur le sujet ont augmenté, car cette maladie est une maladie considérée urgente.

Ce mal affecte aussi bien les êtres humains que les espèces animales parmi lesquelles figurent la volaille que nous consommons habituellement. Pendant les années 70, il a été vérifié que la cryptosporidiose pouvait conduire à la mort des personnes atteintes du SIDA. Ce phénomène a suscité l’intérêt des experts.

Mais la véritable vague d’études sur cette maladie a eu lieu à partir de l’an 1993. Cette année-là, une épidémie dans le Wisconsin (États-Unis) a alerté la société et les gouvernements sur le danger potentiel de la cryptosporidiose.

À l’heure actuelle, nous disposons d’une importante quantité d’informations au sujet de la maladie. Certaines informations sont particulièrement importantes, raison pour laquelle nous les exposons ci-dessous.

C’est un parasite qui est à l’origine de la cryptosporidiose

Le parasite à l'origine de la cryptosporidiose.

La crypstoporidiose est causée par un parasite appelé Cryptosporidium. Jusqu’à lors, 22 espèces de ce parasite ont été décrites, mais on considère aujourd’hui qu’il n’y a, en réalité, que 13.

Le parasite pénètre dans les cellules intestinales de l’hôte, mais on ignore encore quels sont les mécanismes exacts auxquels il a recours pour envahir ces cellules. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’il n’a pas besoin d’envahir les cellules pour compléter son cycle biologique.

Lorsque les oocystes du parasite vivent dans un organisme, ils envahissent doucement les cellules épithéliales de l’intestin grêle ou de l’arbre respiratoire. S’enchaînent ensuite des phases successives de reproduction asexuelle et sexuelle. Les oocystes sont ensuite évacués via les selles, et c’est à ce moment-là qu’il peut y avoir contamination.

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La cryptosporidiose se propage facilement

Le parasite peut infecter une large variété de mammifères, y compris les veaux, les cochons de lait, etc. Chez les humains, la maladie se propage de personne en personne ou d’un animal à une personne par voie orale-fécale. À une échelle massive, l’eau contaminée peut être un vecteur de contamination.

Grosso modo, la crypstoridiose se transmet via les selles animales ou humaines. Des selles qui contiennent des oocystes vont contaminer les aliments et l’eau. Les preuves scientifiques montrent que les oocystes sont extraordinairement résistants aux méthodes habituelles de purification de l’eau.

Le potentiel de contamination est très élevé, notamment lorsque l’eau contaminée est le vecteur de contamination. Pendant l’épidémie de crypstoporidiose, 400 000 personnes ont été contaminées. Une étude élaborée aux États-Unis a indiqué que le parasite se trouve dans 90 % des eaux résiduelles, dans 75 % des eaux fluviales et dans 28 % de l’eau potable.

La réponse immunitaire varie d’un organisme à un autre

Le système immunitaire qui lutte contre la cryptosporidiose.

Les organismes immunocompétents, à savoir ceux dont le système immunitaire est complètement fonctionnel, ne sont pas sévèrement affectés par la cryptosporidiose. Ils répondent de manière adéquate et leur immunité est solide face à une éventuelle réinfection.

En revanche, chez les patients qui présentent un déficit lymphocytaire ou en gammaglobulines peuvent souffrir d’une infection grave ou chronique. L’âge et l’état de santé influent également sur la contraction de la maladie. Les cas les plus graves concernent généralement les enfants âgés de moins de 2 ans. La diarrhée causée par la maladie est un problème très grave chez les personnes atteintes du SIDA.

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Le diagnostic spécialisé est le plus fiable

Les examens de routine pour les selles sont généralement peu fiables pour déterminer la présence ou non de la maladie. La raison est la suivante : l’expulsion des oocystes est intermittente et il faudrait donc plusieurs échantillons de selles pour vérifier leur présence.

Le meilleur moyen de détecter la maladie est d’avoir recours à des techniques spécialisées. Ces techniques incluent la microscopie à contraste de phase ou avec de la teinture (technique Ziehl-Neelsen ou Kinyou). La microscopie à fluorescence est une autre technique utilisée.

Il est aussi pertinent de réaliser un test immunologique pour détecter l’antigène du Cryptosporidium dans les selles. Il est également possible de réaliser une biopsie intestinale pour établir le diagnostic.

Le meilleur moyen de combattre la maladie est de prévenir son apparition

Le meilleur moyen de prévenir l’apparition de la cryptosporidiose est de se laver les mains à l’eau et au savon avant de toucher des aliments, avant de manger, après une sortie à l’extérieur de chez soi, après avoir été en contact avec des animaux et après un passage aux toilettes.

Il faut éviter le contact avec les selles animales ou humaines et, en cas de contact, renforcer les mesures d’hygiène. Il est aussi important d’éviter de boire de l’eau non potable. Le maintien des mesures hygiéniques est fondamental.

 

Del Coco, V. F., Córdoba, M. A., & Basualdo, J. A. (2009). Criptosporidiosis: una zoonosis emergente. Revista argentina de microbiología, 41(3), 185-196.