Égoïsme sain : qu'est-ce que c'est et comment le pratiquer ?

Pratiquer l'égoïsme sain revient à garantir notre propre bien-être afin d'aider les autres. Nous vous expliquons ici son importance et comment le pratiquer.
Égoïsme sain : qu'est-ce que c'est et comment le pratiquer ?
Maria Alejandra Morgado Cusati

Rédigé et vérifié par la philosophe et psychologue Maria Alejandra Morgado Cusati.

Dernière mise à jour : 10 août, 2022

Nous vivons dans une société où l’étiquette égoïste a une connotation négative. Dès notre plus jeune âge, on nous enseigne que le sacrifice pour les autres dénote la générosité authentique, mais rien ne pourrait être plus éloigné de la réalité. Avez-vous entendu parler d’égoïsme sain ?

Le Robert définit l’égoïsme comme suit : “attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnels”. Cependant, il existe un type d’égoïsme qui ne cherche pas à tout prix le plaisir de soi, mais le bien-être personnel sans nuire aux autres.

C’est ce qu’on appelle un égoïsme sain. Il renvoie à la capacité de prendre soin de soi et de faire ce que l’on a vraiment envie de faire, sans se sentir coupable. Ce genre d’égoïsme n’est pas seulement bon, il est aussi nécessaire. En effet, si quelqu’un n’est pas capable de prendre soin de lui-même, il lui sera difficile de prendre soin des autres.

Qu’est-ce qu’un égoïsme sain ?

Les spécialistes du sujet, Richard et Rachael Heller, définissent l’égoïsme sain comme la capacité de « respecter ses propres besoins et sentiments, même si les autres ne le font pas. Surtout si les autres ne le font pas.”

En ce sens, un égoïsme sain implique de prendre soin de soi et de faire attention à soi afin d’être disponible pour les autres. Si nous ne nous concentrons pas sur nous-mêmes en vue de favoriser notre bien-être, nous pouvons difficilement servir ceux qui nous entourent sans nous nuire.

Un exemple assez courant et évident qui reflète le manque d’égoïsme sain est celui de ces mères qui pensent à tous les besoins de leur entourage (enfants, partenaire, parents) et qui s’oublient elles-mêmes. Ces mères ne s’autorisent pas à passer du temps avec elles-mêmes. Et si elles le font, elles se sentent coupables.

L’insouciance personnelle et la culpabilité que ressentent ces femmes sont le produit de croyances culturelles. Celles-ci déterminent qu’une bonne mère doit être altruiste et servir le foyer.



Les facteurs qui influencent l’absence d’égoïsme sain

Bien que la société encourage les personnes à se dévouer entièrement aux autres, d’autres variables individuelles favorisent également l’absence d’égoïsme sain. Nous les détaillons ci-dessous.

L'égoïsme sain implique de dire non.
Arrêter certaines pratiques qualifiées d’altruistes, mais qui nous nuisent, fait partie d’un égoïsme sain.

Une faible estime de soi

Les dons disproportionnés aux autres peuvent provenir d’une faible estime de soi. Dans ce contexte, la personne fournit beaucoup d’efforts pour gagner l’appréciation des autres.

Mais c’est un mauvais investissement. Au final, la personne se sent frustrée, car elle donne beaucoup et reçoit peu ou rien. Dans d’autres situations, elle reçoit de l’affection, mais elle la ressent comme de l’amour acheté.

L’irresponsabilité vis-à-vis de sa vie

À un niveau plus inconscient, le sacrifice peut provenir d’une véritable peur de ne pas pouvoir réaliser ses rêves. La personne donne alors l’excuse qu’elle n’a pas le temps de se consacrer à elle-même, car son entourage a besoin d’elle.

Il s’agit d’un prétexte inconscient idéal pour cacher nos peurs. Il est plus facile de dire « Je n’ai pas pu réaliser ce rêve parce que je vivais pour ma famille » que « Je n’ai pas pu réaliser ce rêve parce que j’ai eu peur ».

Les bienfaits de pratiquer un égoïsme sain

Promouvoir un égoïsme sain nous aidera à :

  • Renforcer l’amour de soi.
  • Être plus heureux
  • Améliorer notre santé générale : en priorisant nos besoins, on s’éloigne du stress et de ses conséquences
  • Nous sentir moins coupables : dire non à quelque chose dont nous ne voulons pas, nous réaffirmons notre engagement envers nous-mêmes.
  • Soutenir les autres de manière plus efficace : lorsque nous prenons soin de nous, nous avons plus d’énergie pour aider ceux qui nous entourent.
  • Profiter davantage du présent.
  • Avoir de meilleures relations.

Quelques conseils pour pratiquer un égoïsme sain

Maintenant que vous connaissez les bienfaits d’un égoïsme sain, n’attendez plus et mettez-le en pratique ! Nous vous expliquons ci-après comment le pratiquer.

Identifiez vos propres besoins

Si nous voulons accorder plus d’attention à nos besoins, nous devons d’abord les identifier. Cela peut sembler logique, mais pour certaines personnes, cette tâche est loin d’être facile. Surtout pour celles qui se sont habituées à répondre aux besoins de leur famille et de leurs amis.

Pour identifier vos besoins, demandez-vous : « Qu’est-ce que je veux vraiment ? »

Apprenez à dire non

La collaboration, la tolérance ou la compréhension sont des valeurs positives tant que vous serez capable de dire non. Ainsi, ne dites pas oui quand vous n’en avez vraiment pas envie. Vous avez le droit de refuser quelque chose que vous ne souhaitez pas faire.



Trouvez un moment pour vous

Au moins une fois par semaine, essayez de faire des activités qui vous font plaisir. Cela vous aidera à relâcher les tensions. Identifiez ce que vous aimeriez faire si vous aviez plus de temps libre.

La femme aime la vie avec un égoïsme sain.
Les moments pour soi sont des espaces qui nous rechargent en énergie et nous permettent de profiter de la vie.

Déléguez les activités

Lorsque vous commencerez à prendre davantage soin de vous et à dire « non » aux exigences des autres, vous devrez sûrement déléguer les activités que vous réalisiez pour satisfaire les besoins de ceux qui vous entourent. Cela vous permettra non seulement de vous mettre en avant, mais cela facilitera également l’autonomie des autres.

Il est probable que lorsque vous déléguez certaines tâches, vous deviez indiquer à l’autre comment les exécuter. Mais n’intervenez pas plus.

L’égoïsme sain, c’est affronter la peur et la culpabilité

Enfin, il est important que vous sachiez que à l’heure de pratiquer l’égoïsme sain, vous trouverez deux saboteurs sur votre chemin : la peur et la culpabilité. Ce n’est pas un chemin facile, mais ce qui vous attend au bout est précieux.

Lorsque vous parviendrez à vous chouchouter sans culpabiliser, le sentiment qui vous inondera sera celui de la libération.


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  • Heller R,  Heller R. Egoísmo sano: cómo cuidar de uno mismo sin sentirse culpable. España: Urano; 2007.
  • Real Academia Española. Egoísmo [Internet]. Madrid: Real Academia Española; 2021 [revisado 1 oct 2021]. Disponible en: https://dle.rae.es/ego%C3%ADsmo

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