Hémorragie sous-arachnoïdienne et hémorragie sous-durale

5 août 2019
À notre époque, les accidents vasculaires cérébraux sont fréquents. Certains sont liés à un style de vie peu sain, comme c'est le cas des anévrismes qui donnent lieu à une hémorragie sous-arachnoïdienne ou à une hémorragie sous-durale. D'autres sont liés à un simple traumatisme.

Une hémorragie sous-arachnoïdienne et une hémorragie sous-durale sont des hémorragies qui se manifestent sous les méninges. Les méninges correspondent aux structures qui recouvrent le système nerveux central.

L’encéphale et la moelle épinière sont protégés par le crâne et la colonne vertébrale. Mais ils peuvent aussi compter sur un autre système de protection : les méninges qui participent également au développement nerveux.

Les méninges

La maquette d'un cerveau

Nous possédons trois méninges. De l’extérieur vers l’intérieur on trouve :

  • la dure-mère
  • l’arachnoïde
  • la pie-mère

La méninge située le plus à l’extérieur et aussi la plus épaisse est séparée de l’os par l’espace épidural. Dans le crâne, cet espace est virtuel, c’est-à-dire qu’il n’existe pas parce que la dure-mère est collée à l’os. Néanmoins, cet espace existe dans la moelle épinière et il est occupé par des veines et de la graisse.

Sous la dure-mère, se trouve l’arachnoïde. Elles sont séparées par l’espace sous-dural. Cet espace est également virtuel : il existe seulement lorsqu’il y a une hémorragie ; le sang sépare ces deux méninges.

L’arachnoïde envoie vers la pie-mère une série de prolongations qui parcourent l’espace sous-arachnoïdien. L’espace sous-arachnoïdien est occupé par le liquide rachidien qui se charge, entre autres, d’amortir les changements de pression liés à des coups ou à des mouvements brusques.

Quant à la pie-mère, elle se trouve étroitement collée au tissu nerveux, elle l’accompagne même dans ses sillons. Il est même possible qu’elle l’accompagne jusqu’à l’intérieur du tissu.

Lorsqu’il y a une hémorragie sous-durale ou une hémorragie sous-arachnoïdienne, la circonstance primaire est la sortie du sang des vaisseaux sanguins, sang qui reste ensuite coincé dans les espaces qui séparent les méninges. Cela provoque des dommages dans le tissu encéphalique, ce qui donne lieu à plusieurs tableaux cliniques.

En fonction du type d’hémorragie, les éléments déclencheurs, le cours de la maladie et la phase clinique varient.

L’hémorragie sous-durale

L’hémorragie sous-durale correspond à celle dont le sang se retrouve coincé dans l’espace virtuel entre la dure-mère et l’arachnoïde. Ce sang est généralement d’origine veineux et sa présence est généralement liée à une cause traumatique.

Il existe trois types d’hématome sous-dural en fonction du temps qu’il met à apparaître : l’hématome sous-dural aigu, l’hématome sous-dural subaigu et l’hématome sous-dural chronique.

L’hématome sous-dural aigu

L’hématome sous-dural aigu est celui qui se manifeste le plus rapidement. Généralement, il est lié à un traumatisme intense qui déchire les veines qui vont du cortex cérébral aux méninges.

Les personnes qui présentent cet hématome, généralement, tombent immédiatement dans le coma. De plus, il est probable qu’une partie concrète du cerveau cesse de fonctionner. Le patient peut être concerné par les cas de figure suivants :

  • l’hémiparésie, terme qui désigne une impossibilité partielle de bouger, laquelle est liée à une lésion dans la zone qui dirige la motricité ;
  • la mydriase, terme qui désigne une augmentation anormale du diamètre pupillaire, laquelle est liée à une lésion dans la zone qui contrôle le muscle de l’iris.

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L’hématome sous-dural subaigu

Cet hématome évolue plus lentement et est généralement moins grave. La raison est la suivante : la quantité de sang est moins importante et les mécanismes de coagulation peuvent freiner le saignement. Tout comme pour l’hématome sous-dural aigu, la cause à l’origine de cet hématome est généralement de caractère traumatique.

Généralement, le patient perd connaissance, puis retrouve ses esprits. Par la suite, il fera l’expérience d’une obnubilation progressive.

L’hématome sous-dural chronique

Cet hématome est la conséquence de multiples traumatismes légers qui se sont présentés au fil du temps. Ces traumatismes ont donné lieu à de petites extravasations de sang qui, n’étant pas réabsorbées, ont finit par former un hématome sous-dural à la dimension considérable. Cela concerne plus particulièrement les personnes âgées.

Les céphalées ou maux de tête constituent un symptôme précoce de la présence de cet hématome. On constate aussi des altérations au niveau du comportement et de l’affectivité.

La détérioration est progressive : le patient a tendance à avoir sommeil et ses pensées ralentissent, entre autres.

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L’hémorragie sous-arachnoïdienne

L'illustration d'un médecin qui pense au cerveau

L’hémorragie sous-arachnoïdienne correspond à un noyau de sang qui se trouve entre l’arachnoïde et la pie-mère. Le sang est généralement d’origine artérielle et différentes causes peuvent expliquer sa présence.

La cause la plus fréquente est une rupture d’anévrisme. Les malformation vasculaires peuvent constituer une autre raison.

Les anévrismes peuvent se manifester par des céphalées ou des crises épileptiques avant la rupture. Dans près d’un tiers des cas, l’élément déclencheur de la rupture d’anévrisme est un effort physique avec une composante émotionnelle ou bien une longue exposition au soleil.

Une fois que la rupture a lieu, l’hémorragie sous-arachnoïdienne commence. Cela se produit plus fréquemment entre 40 et 60 ans.

Le début est brusque. Les symptômes sont les suivants :

  • céphalée très intense
  • vomissements
  • photophobie (intolérance à la lumière à cause de la douleur ou d’un désagrément)
  • obnubilation

Au bout d’environ 48 heures, le patient souffre d’une méningite à cause de l’irritation des méninges. Aux symptômes précédemment cités, s’ajoute donc celui d’une raideur au niveau de la nuque. Encore d’autres symptômes peuvent apparaître, tels qu’une paralysie des mouvements oculaires.

Les hémorragies sous-arachnoïdienne causent des séquelles chez près de 60 % des patients qui en font l’expérience. De plus, 40 % des survivants développent un type de dépendance.

 

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