Hyperlaxité chez l'enfant : les pour et les contre

Des acrobaties étonnantes, des doigts qui se tendent plus que d'habitude, des luxations, des scolioses et des troubles anxieux peuvent dissimuler un facteur commun : l'hyperlaxité chez l'enfant.
Hyperlaxité chez l'enfant : les pour et les contre

Dernière mise à jour : 16 juin, 2021

L’hyperlaxité chez l’enfant est une condition commune et asymptomatique chez les enfants de moins de 5 ans qui fait que les articulations bougent hors de leurs limites normales. Elle se produit quand les niveaux de collagène dans les tendons et les ligaments s’altèrent, en rendant les fibres plus fines et moins rigides.

Elle se présente, en moyenne, chez 30 % des enfants et est plus habituelle chez les petites filles que chez les petits garçons, dans une proportion de 3 à 1. Même si elle diminue avec l’âge, elle se prolonge dans le temps dans 2 % de cas.

Nous allons ici vous exposer quelques caractéristiques qui permettent de diagnostiquer sa présence, de tirer profit de ses avantages, de connaître ses inconvénients mais, surtout, d’apprendre à identifier le moment où il faut s’en inquiéter.

Qu’est-ce qui cause l’hyperlaxité ?

L’hyperlaxité chez l’enfant a un caractère génétique. Des études indiquent qu’elle vient d’une mutation dans les fibres qui composent les tendons, les muscles et la peau.

Ceux-ci ont la particularité de s’étirer et de reprendre leur forme initiale, ou bien de se déformer et d’en adopter une nouvelle, ce qui est connu sous le nom de plasticité.

C’est là qu’agissent les protéines qui forment les tissus : le collagène et l’élastine. Quand il y a plus d’élastine que de collagène, les muscles deviennent plus élastiques et, par conséquent, cela rend les ligaments plus fragiles. Les lésions dans le système musculo-squelettique ne sont donc pas loin.

Quels sont les pour ?

Lors d’activités physiques comme la gymnastique, le ballet, la danse ou les acrobaties, l’hyperlaxité a une projection positive car elle offre des conditions de flexibilité incroyables. Elle est aussi bénéfique quand on joue d’un instrument comme la flûte, le violon ou le piano, qui exigent une agilité spéciale au niveau des doigts.

Dans ce cas spécifique, la détente et la tension constante des mouvements répétés ne produit pas de douleur, contrairement aux personnes qui sont moins flexibles.

Des enfants qui font une course.

Pour certains sports et pratiques extra-scolaires, l’hyperlaxité est un avantage qui facilite les mouvements.

Les contre de l’hyperlaxité chez l’enfant

L’hyperlaxité chez l’enfant peut s’interpréter comme un avantage dans les activités physiques déjà citées, même quand les spécialistes recommandent de faire attention. On remarque en effet une faiblesse musculaire et une maladresse motrice, ou même un retard dans le développement psychomoteur.

Différents problèmes ont tendance à apparaître : des luxations articulaires, des tendinites, des lombalgies, des scolioses, une arthrose des genoux et, selon des études, de l’anxiété et de la dépression. Le problème est qu’on ne les associe pas souvent à l’hyperlaxité articulaire. Certains symptômes méritent une attention spéciale.

Hypotonie musculaire

La faiblesse musculaire fait que le développement psychomoteur est retardé (le fait que le bébé se retourne, se mette assis, avance à quatre pattes ou marche). Les enfants présentent des articulations très flexibles, qui se plient très facilement, et le tonus musculaire n’oppose pas de résistance au mouvement.

Le bébé n’agite pas les jambes et les membres ont l’air plus tendus que la normale. Quand ils sont sur le ventre, ils désespèrent parce qu’ils ne peuvent pas s’appuyer sur leurs bras ou lever la tête. Et quand ils finissent par s’arrêter, ils essayent d’écarter les jambes, les pieds tournent vers l’extérieur et les genoux partent en arrière.

Inhibition de l’activité musculaire

À cause de la douleur, une inhibition apparaît et se traduit par une hypertrophie musculaire, ce qui diminue la tolérance à l’exercice et, par conséquent, réduit la participation de l’enfant dans des sports et des jeux. On observe aussi un retard dans le développement psychomoteur et dans l’acquisition de la marche.

Scoliose et autres problèmes de posture

Les études signalent un lien statistique entre l’hyperlaxité articulaire et la scoliose, à cause d’altérations de la posture. Ceci provoque des courbatures dans la partie postérieure de la colonne, ce qui est connu sous le nom de cyphose, et une augmentation de la courbe dans la zone lombaire.

On remarque aussi des genoux joints, comme déplacés vers l’arrière, et des pieds plats.

Conseils et recommandations pour les parents

L’enfant avec une hyperlaxité doit être conseillé par rapport à cette maladie pour éviter que les mouvement articulaires en dehors de la normale se répètent sans cesse. Il sera difficile de contrôler son hyperactivité naturelle et il est très probable qu’il cherche à attirer l’attention du public avec ses compétences de contorsionniste.

Étant donné, comme le soulignent les médecins, que le fait de pouvoir plier les doigts d’une façon anormale n’est pas un don, voici quelques recommandations qui seront utiles :

  • Puisqu’il n’existe pas de traitement spécifique, les parents doivent enseigner à leur enfant qu’il est nécessaire de protéger ses articulations de l’élongation prolongée.
  • Il faut essayer d’orienter l’enfant vers des sports et des exercices qui travaillent les muscles, améliorent l’équilibre, la stabilité et l’agilité motrice.
  • Si on diagnostique une hyperlaxité à un bébé, les parents doivent essayer de renforcer son tonus musculaire. Pour cela, le mieux serait de consulter un physiothérapeute pour des conseils spécialisés.
  • Parmi les exercices à faire à la maison qui sont recommandés, nous retrouvons ceux qui font rester le bébé sur le ventre, chose qui ne lui plaît pas du tout à cause de cette affection. Ces exercices les aident à renforcer leur dos, leur cou et leurs hanches mais, comme cela va l’irriter, il va falloir le stimuler avec des jouets ou des bruits qui lui feront lever la tête.

Quand chercher un traitement médical en cas d’hyperlaxité chez l’enfant ?

L’hyperlaxité chez l’enfant peut être amusante jusqu’à ce que la douleur apparaisse. Ce n’est pas commun car seulement 5 à 10 % des personnes atteintes de cette affection signalent des douleurs. Si cela se produit, nous devons consulter le médecin car nous pourrions être face à un syndrome d’hyperlaxité articulaire.

Le score de Beighton est le plus utilisé pour savoir si une personne est hyperlaxe. Par exemple, parmi les mouvements qu’il indique, nous retrouvons le fait de se toucher l’avant-bras avec le pouce, de tendre les doigts à plus de 90 degrés ou de toucher le sol avec la paume des mains sans plier les genoux. Si, sur les 9 points de l’échelle, l’enfant obtient 6, il s’agit d’un cas positif d’hyperlaxité articulaire.

Ce trouble aggravé génère des douleurs dans les articulations et les os, même pour tenir un moment un crayon. Il est accompagné d’une gêne dans les hanches et les genoux, de pieds plats, de bruxisme, de fatigue et de faiblesse.

Le syndrome d’hyperlaxité bénin est différent du syndrome d’Ehlers-Danlos, qui est aussi congénital et affecte aussi le tissu conjonctif. Il provoque des problèmes vasculaires, oculaires et une hypersensibilité de la peau. On retrouve aussi des luxations régulières, des déformations au niveau de la colonne, une hypotonie musculaire et des épanchements dans les articulations.

Un pédiatre avec un bébé.

Si le diagnostic se fait dans l’enfance précoce, les parents peuvent réaliser certains exercices avec les bébés pour les stimuler.

L’hyperlaxité chez l’enfant exige un entraînement constant

Les parents doivent prêter attention aux manifestations qui peuvent révéler de plus grands problèmes. Cette condition n’est pas facile à diagnostiquer parce que les symptômes sont diffus. Néanmoins, la douleur est le signal d’alarme.

Une fois que l’enfant reçoit le diagnostic, les parents doivent suivre les règles pour le traitement. Ceci inclut une alimentation équilibrée, de l’exercice, une participation aux activités scolaires et un sommeil de qualité ; ou encore éviter la surcharge dans les articulations (par exemple, le cartable très lourd) et les sports extrême ou de contact.

Il faut ici souligner que les périodes d’inactivité augmentent les symptômes d’hyperlaxité. Ainsi, on recommande un programme d’exercices de résistance progressive basée sur des muscles spécifiques. Faire du vélo et faire de la natation font évidemment partie des premières options.

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