« Je pense, donc je suis » : origine et sens de cette célèbre phrase

Cette célèbre phrase de René Descartes a jeté les bases d'une nouvelle façon de concevoir le monde et de philosopher. Voyons ce qu'elle signifie.
« Je pense, donc je suis » : origine et sens de cette célèbre phrase
Maria Alejandra Morgado Cusati

Rédigé et vérifié par la philosophe et psychologue Maria Alejandra Morgado Cusati.

Dernière mise à jour : 10 août, 2022

“Je pense, donc je suis” est l’une des phrases les plus célèbres du philosophe René Descartes (1596-1650), qui a marqué un avant et un après dans l’histoire de la pensée. Sa signification ne représente ni plus ni moins que le début du rationalisme et de la philosophie moderne.

Mais que veut dire cette phrase ? Comment est-elle survenue ? Nous en parlons ci-dessous.

L’origine de l’expression “Je pense, donc je suis”

Pour comprendre le sens de la phrase “je pense, donc je suis”, il faut d’abord se référer au contexte dans lequel elle est apparue. Les réflexions philosophiques de Descartes surviennent à une époque de profonde crise et de transition : la Renaissance européenne.

Pendant cette période, toutes les convictions qui avaient été assumées comme des vérités au Moyen Âge commencent à s’effriter. Dès lors, ce qui jusque-là était considéré comme vrai, commence à être démenti par les avancées scientifiques. Tout devient incertain.

Descartes abandonne les vieilles idées du Moyen Âge, essentiellement fondées sur l’autorité et la tradition, et jette les bases de l’acquisition de connaissances nouvelles et vraies.

Dans son ouvrage Discours de la méthode (1637), il s’attache à trouver une certitude absolue qui s’appuie sur elle-même. C’est-à-dire une certitude qui ne dépend pas d’autre chose ou d’une autorité extérieure qui la certifie vraie, comme cela se produisait au Moyen Âge, époque pendant laquelle la connaissance était basée sur les écritures sacrées catholiques, par exemple.

Cette certitude serait le principe qui fonde la construction d’une nouvelle science. Descartes pensait qu’il pouvait aussi y avoir dans la philosphie une méthode qui nous permette de connaître les vérités, tout comme cela s’est produit avec les mathématiques ou d’autres sciences dures.

Cette première vérité irréfutable est représentée par la phrase “je pense, donc je suis”. Cette phrase fait référence à la vérité indubitable de notre propre existence : nous pouvons douter de tout, sauf du fait que nous pensons.

Vitreaux du Moyen-Age.
La Renaissance remet en question l’autorité ecclésiastique pour faire renaître les méthodes scientifiques.

Le doute méthodique ou cartésien

Pour atteindre cette certitude absolue, Descartes s’est interrogé sur la véracité de toutes les connaissances acquises et s’est demandé quelles sont les sources qui les étayent.

En premier lieu, il doute de la connaissance que nous donnent les sens, puisqu’il est évident qu’ils nous trompent très souvent. Il affirme ensuite que toute notre expérience peut être un rêve, une illusion, remettant ainsi en question l’imagination comme source fiable de connaissance.

Enfin, il doute de la rationalité humaine pour arriver à la vraie connaissance, recourant à l’hypothèse selon laquelle un mauvais génie ou un esprit trompeur peut nous faire errer, même lorsque nous pensons penser correctement.

Ainsi, si nous ne pouvons pas faire confiance à nos sens ou à notre intellect, devons-nous accepter le scepticisme et prétendre qu’il est impossible de connaître la vérité d’un fait ?

Malgré le fait qu’il commence par douter de la véracité de tout ce qui existe, Descartes conclut qu’il existe une vérité indubitable, à partir de laquelle soutenir le reste des connaissances. Cette vérité est que même si nous nous trompons, nous pensons et donc nous existons.

Ainsi, l’existence d’un « je » pensant est la première vérité à laquelle il parvient. Une vérité qui ne peut être remise en question, car en doutant de notre propre pensée, nous confirmons son existence.

Le sens de l’expression “Je pense, donc je suis”

Le sens de l’expression « je pense, donc je suis » est plus clair : la seule chose dont nous ne pouvons pas douter, c’est précisément du fait que nous doutons. Si je doute, ma pensée existe et moi aussi.

Que nous vivions dans une illusion ou dans la Matrice, nous ne pouvons pas douter du fait que nous pensons. Par conséquent, nous existons.

Penser nous fait exister.
Le fait de penser et de penser à nous-mêmes montre que nous existons.

Les implications des réflexions cartésiennes

L’expression « Je pense, donc je suis » a généré une révolution philosophique. Cette expression a contribué au fait que le sujet était considéré comme une pièce centrale de toute la philosophie ultérieure.

Après Descartes, le “je” pensant a commencé à être à la fois le sujet et l’objet de l’enquête philosophique. La première vérité, point de départ de la philosophie et de toute la science, c’est l’existence du « je » pensant ; ensuite, pour connaître quelque chose du monde et de nous-mêmes, nous devons analyser et investiguer ses propres contenus, fonctions et propriétés.

Ainsi, l’un des grands héritages de Descartes fut l’idée selon laquelle il faut commencer par connaître ses propres états mentaux – qui représentent notre première certitude – pour connaître tout le reste.

Descartes est connu comme le père de la philosophie moderne et le fondateur de l’un des courants philosophiques les plus influents de l’histoire : le rationalisme.




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