Journée mondiale contre le cancer : les derniers progrès

La Journée mondiale contre le cancer est une initiative d'organisations sanitaires internationales pour développer la prévention et les recherches sur cette maladie. Nous allons ici vous parler des derniers progrès en oncologie.
Journée mondiale contre le cancer : les derniers progrès

Dernière mise à jour : 12 juin, 2021

Pour bien mettre en avant la présence de cette terrible maladie et conscientiser sur le besoin de la prévenir et d’effectuer des recherches, le 4 février a été déclaré Journée mondiale contre le cancer. Il s’agit d’une initiative de l’Organisation Mondiale de la Santé et de l’Union Internationale de Lutte contre le Cancer.

Par ailleurs, le 24 septembre a été choisi par certains pays pour représenter la Journée mondiale de recherche contre le cancer afin d’impulser les projets d’études scientifiques qui sont liées aux néoplasies. Les études dans ce domaine sont constantes et les progrès sont notables.

Quoi qu’il en soit, l’un des grands obstacles est celui de l’inégalité. Tous les pays ne sont pas en condition de payer les frais que nécessitent les études. La Journée mondiale contre le cancer sert aussi à tirer la sonnette d’alarme sur ce point pour développer la solidarité internationale.

Le cancer est l’une des principales causes de mortalité. Tous les ans, on diagnostique une néoplasie à environ 18 millions de personnes et presque 9 millions en meurent. La mortalité est plus importante chez les hommes que chez les femmes.

Les trois principaux cancers dans le monde sont le cancer du sein, le cancer du poumon et le cancer du côlon. Ils représentent un tiers du nombre de cas oncologiques dans le monde. On attribue d’ailleurs plus de 20 % des morts par cancer au tabac, générateur du cancer du poumon.

En l’honneur de la Journée mondiale contre le cancer, nous allons vous parler des trois avancées les plus notables que les chercheurs ont pu faire dans ce domaine.

1. L’origine des métastases

Même si la Journée mondiale contre le cancer ne parle pas spécifiquement des métastases, nous savons qu’elles représentent une conséquence très grave des néoplasies. Dans les métastases, certaines cellules de la tumeur primaire voyagent pour se coller à une autre zone du corps et créer une nouvelle source.

Parmi toutes les cellules néoplasiques, 1 % sont capables de se détacher, de voyager et de réussir à se coller dans un autre endroit. Ceci a toujours surpris les chercheurs. C’est pour cette raison que l’on a développé des études pour savoir comment fonctionnent réellement  les métastases.

Si l’on pouvait comprendre leur mécanisme, on serait davantage capable de les prévenir chez des patients qui ont déjà été diagnostiqués d’un cancer. La prévention à ce niveau limiterait la mortalité dans des cas que l’on qualifie de terminaux.

C’est ainsi que nous en arrivons à la dernière avancée sur ce sujet, avec Joan Massagué à sa tête – un chercheur espagnol qui travaille à New York. Les articles de son équipe dans la revue Nature ont beaucoup fait parler en raison de leurs découvertes prometteuses.

L’équipe a découvert que les cellules métastasiques se servent de la protéine LCAM pour se coller. Cette protéine est la même que le corps utilise naturellement pour refermer des blessures.

En d’autres termes, les néoplasies copient le système de réparation des épithéliums dont l’être humain dispose intrinsèquement. Ceci leur permet de voyager vers un endroit différent et d’être acceptées par l’organe récepteur.

Une femme avec un cancer.

Le cancer métastasique est potentiellement très mortel, et les progrès dans ce sens sont nécessaires pour diminuer la mortalité.

Poursuivez votre lecture : Joan Massagué découvre l’origine des métastases

2. La biopsie liquide comme option

La Journée mondiale contre le cancer nous apporte aussi le souvenir frais des progrès qui améliorent le diagnostic précoce. Pouvoir détecter rapidement la présence de cellules tumorales améliore notablement le pronostic.

On utilise traditionnellement la biopsie d’organes en tant que mécanisme pour confirmer un cancer. En cas de soupçon, le médecin réalise une incision dans l’organe affecté et en prélève un échantillon pour qu’il soit analysé en laboratoire.

Ce procédé est précis mais a ses limites. Tous les organes ne sont pas faciles à atteindre et toutes les conditions des patients ne permettent pas forcément de réaliser un procédé de ce type.

C’est là que la biopsie liquide entre en jeu. Elle consiste à détecter des cellules tumorales ou des substances produites par les tumeurs en se servant directement des fluides accessibles, sans devoir toucher aux organes solides. Nous pouvons réaliser une biopsie liquide du sang, par exemple, avec une simple prise de sang.

Par rapport à la biopsie traditionnelle, la biopsie liquide présente des avantages considérables :

  • Elle envahit beaucoup moins le corps.
  • On peut la recommander chez des patients chez qui l’organe de la tumeur primaire est inaccessible ou qui ne peuvent pas être soumis à une biopsie commune.
  • On peut la refaire plus facilement et plus rapidement.
Une prise de sang.

La biopsie liquide permet de détecter des cellules tumorales directement d’une prise de sang.

Découvrez également : Qu’est-ce qu’une biopsie liquide ?

3. La relation entre microbiote et cancer

Le microbiote intestinal est un sujet relativement nouveau en médecine. Même si on connaît depuis longtemps l’existence de cet ensemble de micro-organismes qui vivent constamment dans l’intestin, on ne lui a accordé une véritable importance que très récemment.

On l’a déjà relié à des maladies comme Parkinson et Alzheimer. Et, bien évidemment, on a aussi détecté son influence sur les troubles digestifs les plus communs, comme le syndrome du côlon irritable.

Cette plus grande connaissance du microbiote a permis de déboucher sur une série de recommandations alimentaires qui pourraient être préventives. Nous devons comprendre que les micro-organismes qui le composent sont sujets aux changements internes provoqués par l’alimentation.

Un lien s’est donc créé entre microbiote, alimentation et cancer. Il y a même un lien entre le microbiote et la réponse d’un organisme à la chimiothérapie. Un pas de plus dans le traitement des néoplasies serait d’envisager la consolidation de ce petit monde de bactéries intestinales afin de favoriser la récupération.

Les espoirs de la Journée mondiale contre le cancer

Les études dans le domaine de l’oncologie sont prometteuses pour les patients et pour toute la population mondiale. Étant donné qu’il s’agit d’une maladie très fréquente et mortelle, nous devons considérer que les progrès nous sont globalement bénéfiques.

La Journée mondiale contre le cancer nous permet de voir que beaucoup de connaissances se sont accumulées sur les pathologies oncologiques, même s’il y a encore un long chemin à parcourir. On comprend mieux le processus de formation des tumeurs et, par rapport à il y a dix ans, les possibilités de survie ont considérablement augmenté.

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