Journée mondiale de la lutte contre la méningite : une maladie pour laquelle il y a un vaccin

19 août 2020
Le 24 avril est célébrée la journée mondiale de lutte contre la méningite afin de mettre en lumière cette maladie qui est toujours présente parmi nous. La bonne nouvelle est qu'il existe un vaccin pour prévenir les formes bactériennes de la maladie. Nous vous expliquons tout ici.

La Journée mondiale de la lutte contra la méningite est célébrée chaque année le 24 avril. Au-delà de sensibiliser à la maladie, les associations médicales mettent également l’accent sur l’importance de prévenir la maladie par la vaccination.

La méningite est une maladie pour laquelle des vaccins ont été développés afin de prévenir les formes bactériennes de la maladie. La journée mondiale de la lutte contre la méningite sert, entre autres, à rappeler cela.

Il est important de savoir que la méningite est une maladie grave. La maladie affecte d’abord les méninges de l’encéphale, mais elle peut ensuite évoluer en septicémie et, par conséquent, provoquer la mort du patient. Le taux de létalité de cette maladie tourne autour de 10 %, ce qui signifie que sur 100 personnes infectées, 10 d’entres elles meurent.

Les séquelles sont également graves. Près de 30 % des enfants ayant souffert d’une méningite présentent des retards et des convulsions. La perte de certains sens comme la vue ou l’ouïe sont d’autres conséquences possibles de la méningite.

Les vaccins contre la méningite permettent de stopper la bactérie Haemophilus influenzae de type B, les méningocoques et les pneumocoques. Toutes ces bactéries sont les grandes responsables de la forme bactérienne de la maladie. Certains pays incluent tous ces vaccins dans leur calendrier officiel, et d’autres, seulement quelques-uns.

La journée mondiale de la lutte contre la méningite est une journée importante car, selon les données de l’Association espagnole de pédiatrie, plus de 30 % de la population ignorent qu’il est possible de prévenir la méningite. Cette désinformation représente un obstacle pour la diffusion de la vaccination.

La méningite, qu’est-ce que c’est ?

La journée mondiale de la lutte contre la méningite est une occasion de parler de cette maladie qui correspond à une inflammation des méninges. Les méninges sont les couches de tissu qui recouvrent l’encéphale, le séparant ainsi des os du crâne, et la moelle épinière, la séparant ainsi des vertèbres.

Lorsque les méninges s’enflamment, ils exercent une pression sur d’autres structures et les symptômes apparaissent donc. La triade symptomatique de la méningite est formée par la fièvre, la céphalée et une raideur au niveau du cou. L’un des examens cliniques pour détecter la maladie consiste à tenter de mobiliser le cou du patient.

Chez les jeunes enfants âgés de moins de 2 ans, il est difficile d’établir le diagnostic de la méningite. Lorsque des pleurs incontrôlables et une certaine raideur au niveau de la nuque s’ajoutent à de la fièvre, les médecins commencent à suspecter la maladie. Mais avant d’en arriver là, il est possible de perdre un temps précieux.

La sensation de raideur au niveau de la nuque est un signe de la méningite

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Les causes à l’origine de la maladie

À l’heure de parler des causes infectieuses de la méningite, il convient de différencier trois groupes : les bactéries, les virus et les champignons. La journée mondiale de la lutte contre la méningite alerte précisément sur ces causes. Ce sont les méningites bactériennes qu’il est possible de prévenir avec un vaccin.

Les principales bactéries responsables de la maladie sont les suivantes :

  • méningocoque
    • Le nom officiel de cette bactérie est Neisseria meningitidis. Les adolescents constituent la population cible de cette bactérie. On entend parler de cette bactérie aux infos lorsqu’il y a une épidémie au sein d’une communauté fermée comme une école ou une résidence pour personnes âgées, par exemple
  • pneumocoque
    • Le streptococcus pneumoniae est la bactérie qui est à l’origine de la plupart des méningites bactériennes chez les bébés. Ce micro-organisme ne provoque pas seulement une méningite, il est également à l’origine des pneumonies et d’autres tableaux cliniques respiratoires
  • haemophilus influenzae
    • Cet agent pathogène a cessé d’être la cause de la méningite la plus fréquente chez les enfants âgés de moins de deux ans lorsque le vaccin s’est répandu. C’est un clair exemple de l’efficacité des campagnes de vaccination
Un enfant en train de se faire vacciner contre la méningite

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Les vaccins contre la méningite

Les années passent, et la vaccination est toujours la méthode la plus efficace dont nous disposons à l’heure actuelle pour stopper les maladies infectieuses. La méningite le démontre.

Pendant la journée mondiale de la lutte contre la méningite, il est question de réaffirmer le besoin d’élaborer des calendriers de vaccination qui envisagent toutes les alternatives. Aux vaccins contre le haemophilus et le pneumocoque, il faut ajouter ceux pour lutter contre le méningocoque qui sont grosso modo au nombre de deux :

  • version conjugée pour les souches ACWY
  • pour le sérogroupe B

De plus, il est essentiel que la population s’informe sur ces vaccins et que les parents immunisent leurs enfants. L’existence de populations non vaccinées représente un milieu favorable pour les bactéries responsables de la méningite. Le fait que certaines personnes ne soient pas immunisées favorise la mutation des micro-organismes responsables qui deviennent alors capables de résister aux vaccins.

Journée mondiale de la lutte contre la méningite : une journée pour lutter contre la désinformation

Les campagnes de la Journée mondiale de la lutte contre la méningite prétendent informer la population des bienfaits des vaccins. Nous sommes face à une maladie qui peut être prévenue. Mais cette prévention dépend notamment des collèges médicaux, de l’engagement politique pour rendre possible la vaccination et de la communauté même.

 

  • LaForce, F. Marc, et al. “Lessons from the meningitis vaccine project.” Viral immunology 31.2 (2018): 109-113.
  • McGill, Fiona, et al. “Acute bacterial meningitis in adults.” The Lancet 388.10063 (2016): 3036-3047.
  • Basta, Nicole E., and Hannah Christensen. “4CMenB vaccine effectiveness: reasons for optimism.” The Lancet 388.10061 (2016): 2719-2721.