Journée mondiale de l'AVC : quelques minutes peuvent sauver

Après un AVC, le temps pendant lequel la circulation sanguine n'atteint pas le cerveau est essentiel. La perte de neurones due à l'hypoxie est irréversible, entraînant des handicaps physiques et cognitifs.
Journée mondiale de l'AVC : quelques minutes peuvent sauver
Mariel Mendoza

Rédigé et vérifié par la médecin Mariel Mendoza.

Dernière mise à jour : 17 novembre, 2022

Le 29 octobre de chaque année est célébrée la Journée mondiale de l’AVC dans le but d’augmenter la visibilité de cette maladie. Selon World Stroke Organization, 1 adulte sur 4 souffrira de ce trouble à un moment donné de sa vie.

L’AVC consiste en un blocage total ou partiel du flux sanguin vers le cerveau, entraînant des dommages temporaires ou permanents aux neurones. L’AVC est la principale cause d’invalidité grave et la deuxième cause de décès par maladie chez les adultes.

La célébration de la Journée mondiale de l’AVC vise à renforcer l’idée que ce problème est évitable et fait écho au fait que “le temps, c’est le cerveau”. Cette phrase indique que l’AVC est une urgence immédiate.

Pourquoi une journée mondiale de l’AVC ?

World Stroke Organization a organisé la première journée en 2006. La mission de cette organisation est de promouvoir la recherche et l’éducation sur les AVC en vue d’améliorer les soins aux victimes d’AVC à travers le monde.

Plus la visibilité et le traitement disponibles sont importants, plus les patients seront traités plus tôt, en temps opportun, ce qui réduira le pourcentage d’incapacités associées. La commémoration de la journée vise à éduquer sur les facteurs de risque associés qui, pour la plupart, sont évitables.

L’expression « le temps, c’est le cerveau » fait allusion à la perte de la fonction neuronale pour chaque seconde qui passe sans commencer le traitement après la baisse du flux sanguin. Le cerveau compte environ 120 millions de neurones. Lors d’un AVC, près de 2 millions de ces cellules sont perdues en seulement 1 minute.

De plus, à chaque heure où la personne n’est pas soignée, son cerveau vieillit de 11 ans. La réduction de la fonction neuronale est irréversible et c’est ce qui cause des handicaps ultérieurs.

Neurones qui meurent lors d'un AVC.
Les neurones ont peu ou pas de capacité de régénération, leurs dommages sont donc irréversibles.

Qu’est-ce qu’un AVC ?

L’AVC – acronyme de accident vasculaire cérébral – correspond une perte de la fonction cérébrale résultant d’une interruption partielle ou complète du flux sanguin vers le cerveau. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’AVC est un syndrome clinique d’évolution rapide dû à une perturbation focale de la fonction cérébrale d’origine vasculaire.

Il existe 2 types d’AVC :

  • Ischémique
  • Hémorragique

La compromission de l’apport sanguin au cerveau affecte la fonction cérébrale. Les manifestations cliniques dépendront de la localisation et de la taille de la lésion, ainsi que de la durée de l’interruption sanguine.

Les symptômes

Les symptômes d’un AVC sont multiples et variables. La plupart sont de nature neurologique et apparaissent rapidement.

Les plus fréquents sont les suivants :

  • Perte soudaine de force, engourdissement ou paresthésie du visage ou des extrémités. Elle peut toucher un côté du corps ou tout le corps. Le plus caractéristique est la déviation du coin des lèvres.
  • Confusion ou difficulté à comprendre ou à parler
  • Problèmes de vision, cécité ou vision double
  • Céphalée inattendue et inhabituelle, de grande intensité et sans cause apparente
  • Perte soudaine d’équilibre ou déficit de marche
  • Diminution de la sensibilité cutanée
En cas d’apparition de l’un de ces symptômes, vous devez immédiatement vous rendre aux urgences.

Les facteurs de risque associés à l’AVC

Les personnes qui fument, souffrent d’hypertension artérielle ou de diabète, qui ont un taux de cholestérol élevé et qui sont obèses ont un risque plus élevé d’avoir un accident vasculaire cérébral. Par exemple, le risque d’AVC chez les personnes qui souffrent d’obésité est de 12 % plus élevé par rapport au reste de la population.

Les autres risques associés sont la présence d’arythmies cardiaques, la consommation d’alcool et la sédentarité. Par conséquent, il est certain que les accidents vasculaires cérébraux peuvent être évités dans jusqu’à 90 % des cas.

Adoptez les mesures de prévention suivantes :

  • Faites de l’exercice régulièrement ;
  • Prenez une bonne nutrition ;
  • Arrêtez de consommer de l’alcool et du tabac ;
  • Contrôlez les facteurs de risque cardiovasculaire.



[/atomik -lu-aussi ]

Un traitement précoce est essentiel

Une action rapide en phase aiguë améliore le pronostic.

Le traitement de l’AVC dépendra des caractéristiques du patient. Les thrombolytiques sont souvent utilisés pour fluidifier le sang et augmenter le débit dans les maladies cérébrovasculaires ischémiques.

Cependant, après la restauration du flux sanguin, la rééducation demeure. Cette maladie est la principale responsable d’un handicap physique et cognitif. Environ un quart des patients victimes d’un AVC continuent de présenter une détérioration grave à long terme.

C’est la deuxième cause de démence dans le monde.

La gestion des facteurs de risque, associée à l’utilisation de statines pour abaisser le taux de cholestérol et prévenir l’athérosclérose, ainsi que des antiagrégants, est essentielle chez les patients à risque vasculaire. En cas de présentation d’une pathologie augmentant le risque de thromboembolie, il est recommandé d’ajouter des anticoagulants.

Réhabilitation d'un AVC.
La rééducation après un AVC demande beaucoup de temps et la participation d’une équipe multidisciplinaire.



[/atomik -lu-aussi ]

Le beau temps de la Journée mondiale de l’AVC

Cette année 2022, la Journée mondiale de l’AVC maintient l’accent sur l’importance de connaître les symptômes pour préserver le temps précieux disponible. Poursuivant la campagne lancée en 2021 selon laquelle les minutes peuvent sauver des vies, la journée est un appel à la population générale et aux services d’urgence.

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès chez les femmes et la deuxième chez les hommes. Elles sont également une cause d’invalidité et plus d’un quart des patients d’AVC seront gravement handicapés.

Environ la moitié des patients développent une démence après un AVC.

Connaître les symptômes permet un diagnostic précoce et rapide. La perte de force ou de sensibilité d’un côté du corps ou du visage est un symptôme évident. Les problèmes d’élocution ou de compréhension et les troubles de la vision sont également des signaux d’alerte.

En cas de suspicion, il convient de demander à la personne de sourire, de lever les bras ou de répondre à des questions simples. Un échec à réaliser ces tâches est un avertissement pour agir rapidement. Le plus important est d’appeler les urgences.

Faire de l’exercice régulièrement, arrêter de consommer de l’alcool et du tabac et avoir une alimentation adéquate vous aideront à ne pas faire partie des statistiques. Chaque minute compte.