La "bonne jalousie" existe-t-elle vraiment ? Voici ce que disent les psychologues

Pour de nombreux psychologues, la bonne jalousie devrait être remplacée par des expressions telles que "désirs d'exceller" ou "admiration". Cette émotion existe-t-elle vraiment ?
La "bonne jalousie" existe-t-elle vraiment ? Voici ce que disent les psychologues

Dernière mise à jour : 31 juillet, 2022

“Je te félicite et je t’envie !” C’est peut-être l’une des réponses les plus entendues lorsque nous annonçons une bonne nouvelle à notre entourage. La bonne jalousie existe-t-elle ?

La jalousie est une émotion dans laquelle se trouvent la frustration et la comparaison. Nous nous sentons frustrés et contrariés par rapport à quelqu’un. Par exemple, parce que mon collègue s’est vu confier un projet très important ou parce que d’autres ont obtenu une meilleure note que moi à l’école.

De quoi parle-t-on quand on parle de jalousie ?

La jalousie a aussi à voir avec ce que nous ressentons envers nous-mêmes. Elle influence l’estime de soi, le fait de se sentir reconnu ou valorisé.

Lorsque nous n’évaluons pas correctement notre estime de soi, la jalousie peut devenir négative. Face à une image de soi précaire, nous nous sentons menacés et ne pouvons pas tolérer que les autres réussissent.

La jalousie folle nous conduit à devenir obsédé par la performance des autres, par leurs résultats, par ce qu’ils font et ne font pas. C’est ainsi que les liens et les relations interpersonnelles commencent également à s’éroder. Cette émotion nous empêche d’être autocritiques.

Une personne envieuse se caractérise par son égocentrisme. Elle n’accepte pas que d’autres brillent plus qu’elle.

Il s’agit là de la mauvaise jalousie, celle que nous associons presque par inertie à notre côté le plus sombre. Cependant, à plus d’une occasion, nous entendons parler de la bonne jalousie. Est-ce une contradiction ?

Une faible estime de soi provoque l'envie.
L’estime de soi est étroitement liée à l’envie. Et le concept de soi détermine la façon dont nous nous regardons nous-mêmes et les autres.



Alors, la bonne jalousie existe-t-elle vraiment ?

Nous ne pouvons pas affirmer qu’il existe un consensus au sein de la psychologie sur la manière de définir la bonne jalousie. Il y a ceux qui préfèrent lui donner un autre nom, notamment à cause de la mauvaise connotation de cette émotion.

Parmi les termes de remplacement, figurent l’admiration et l’amélioration.

Si nous acceptons qu’elle existe, la jalousie positive correspondrait à celle qui nous rend heureux et enthousiasmés par ce qui arrive à notre interlocuteur. Dans le même temps, elle nous permet de nous poser certaines questions. En d’autres termes, elle fonctionne comme un appel à l’action, stimulant la motivation pour se mettre au travail et atteindre nos objectifs.

La jalousie négative opère dans la direction opposée. Au lieu de nous connecter les uns aux autres par empathie et enthousiasme, nous personnalisons ces événements.

“Pourquoi cette personne et pas moi ? Qu’est-ce qu’elle a que je n’ai pas ?” Nous ruminons des sensations et des émotions qui opèrent à partir de la haine, de l’injustice et de la rage.

Souvent, nous pouvons même souhaiter que cette personne ne réussisse pas ou nous dire qu’elle ne mérite pas ce qu’elle a accompli. Dans des cas plus extrêmes, il y a ceux qui diffament et inventent des histoires pour ne pas reconnaître l’autre.

C’est ainsi que nous accumulons la colère. Le sentiment de culpabilité peut également apparaître, en raison du fait d’avoir souhaité le malheur de quelqu’un d’autre.

Le ressentiment pour l'envie.
La personne qui envie peut passer par des épisodes de colère et de culpabilité pour ses émotions.



Une émotion avec ses lumières et ses ombres

Les émotions fonctionnent comme des balises qui nous guident sur ce que nous ressentons dans certaines situations. Par conséquent, elles ont des nuances. La jalousie, dans ses deux variantes, a quelque chose à nous dire.

Une jalousie positive ou saine peut nous aider à agir avec humilité et à suivre l’exemple des autres. Par exemple, demander conseil à ce collègue qui a obtenu un emploi.

Elle peut également nous aider à faire une auto-analyse et à nous interroger sur nos points forts et sur les choses que nous pourrions améliorer. Elle contribuerait même à nous rendre plus proactifs.

La mauvaise jalousie nous invite, elle, à être plus attentifs à nos préjugés. Nous ne pouvons pas nous concentrer uniquement sur ce qui nous manque, mais aussi apprendre à valoriser ce que nous avons.

Il faut reconnaître les autres, valider leurs efforts, éviter de minimiser leurs réalisations. Il est également important d’éviter de croire que les personnes veulent nous humilier avec leurs joies.

Chacun a ses propres combats et désirs. Plus nous regardons le désir et le triomphe des autres, plus nous restons inactifs et déconnectés de nos propres désirs.

La jalousie devrait être le coup de pied qui nous permette de reprendre contact avec notre intérieur et prendre notre envol par nous-mêmes. La gestion des émotions est le point de départ pour jouir d’une meilleure qualité de vie.

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  • Marín-Cortés, A., Palacio, D., Medina, J., & Carmona, A. (2021). Compasión, celos y envidia: emociones sociales y Cyberbullying entre adolescentes. Revista Colombiana de Ciencias Sociales,12(2), 494-515. https://doi.org/10.21501/22161201.3459
  • Zea Jiménez, Marcela , & Cano Murcia, Sandra Rocío (2012). Manejar las emociones, factor importante en el mejoramiento de la calidad de vida. Revista Logos, Ciencia & Tecnología, 4(1),58-67.[fecha de Consulta 6 de Julio de 2022]. ISSN: 2145-549X. Disponible en: https://www.redalyc.org/articulo.oa?id=517751763003