La Journée mondiale de la santé mentale

La santé mentale nécessite un engagement de la communauté. Les conséquences de la pandémie menacent le bien-être quotidien des personnes.
La Journée mondiale de la santé mentale
Maria Fatima Seppi Vinuales

Rédigé et vérifié par la psychologue Maria Fatima Seppi Vinuales.

Dernière mise à jour : 10 octobre, 2022

Comment se fait-il que nous ayons encore autant de mal à parler de nos émotions et de nos malaises ? Comment se fait-il qu’avant d’aller consulter un professionnel de la santé mentale on fasse des milliers de détours ? Dans de nombreux cas, la santé mentale reste un tabou. Le 10 octobre étant la Journée mondiale de la santé mentale, parlons-en.

La devise choisie pour cette année par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est « Faire de la santé mentale et du bien-être pour tous une priorité mondiale ». Avec ce slogan, l’OMS cherche à mettre en évidence l’impact que la santé mentale a sur la qualité de vie des personnes, et donc sur le bien-être.

Pourquoi une journée mondiale de la santé mentale ?

La conférence met en garde contre la nécessité d’allouer un budget pour aborder la santé mentale, avec des politiques publiques et des programmes axés sur la promotion et la prévention. C’est pourquoi de nouvelles mesures s’imposent, qui font appel à la créativité et à l’engagement des professionnels, mais aussi de la collectivité en général.

Cette devise n’est pas fortuite. Elle nous invite à penser que toutes les personnes n’ont pas les ressources pour pouvoir jouir d’une santé mentale optimale. De plus, c’est un droit.

Les difficultés d’accès, les conditions de vie, les conditionnements et les stéréotypes sociaux et culturels constituent des freins à la recherche d’aide auprès d’un professionnel. C’est ainsi que des millions de personnes, selon la dernière étude publiée par l’OMS, souffrent en silence.

D’autre part, il est important de préciser que, bien qu’il existe un “fond commun” pour la santé, il s’agit également d’une expérience subjective. Par exemple, l’expérience de la souffrance n’est pas la même pour tout le monde. Nous devons être respectueux et valider les émotions que les autres ressentent.

De même, il est important d’élargir notre regard. Beaucoup de personnes assimilent la santé mentale à des troubles ou à des pathologies. Elles sous-estiment l’inconfort, normalisant des situations qui, non moins complexes, cessent d’être significatives ou d’avoir un impact.

En ce sens, tout comme le concept de santé a été reformulé il y a quelque temps, la santé mentale n’est pas seulement l’absence de maladie. C’est aussi le bien-être, l’estime de soi et le plaisir.

Bonheur à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.
Le bonheur et le bien-être font partie intégrante de la santé mentale, qui ne se réduit pas à des pathologies ou à des troubles.



Comment pouvons-nous contribuer à la santé mentale ?

Il existe de nombreuses façons de le faire. Voici quelques idées.

Rendez-la visible

Tout d’abord, parlez d’elle. Donnez-lui de l’importance et sa propre place, tout comme nous le faisons avec d’autres aspects de notre vie.

Encourager les personnes à s’exprimer et à demander de l’aide est une manière de rendre la santé mentale plus quotidienne et de l’éloigner de cette vision réductionniste qui l’associe à la stigmatisation, à la folie, à l’enfermement ou à l’asile d’aliénés.



Faites du sport

La santé doit être appréhendée dans son ensemble. Par conséquent, nous devons préserver l’esprit et l’humeur, ainsi que le corps.

L’activité physique, quelle que soit notre préférence, nous permet de nous offrir un moment de récréation et de détente. Dans le même temps, elle produit des hormones dites de bien-être.

Réservez des espaces de soins personnels

Il est important que nous ayons du temps et de l’espace pour apprendre à nous connaître et nous reposer. Parfois on y parvient en se réfugiant dans un livre, d’autres fois en laissant le téléphone portable en mode silencieux et en se déconnectant des notifications.

Prendre soin de soi va également de pair avec la connaissance de soi. Dans le temps que nous nous offrons, nous pouvons développer des loisirs.

Évitez de juger

À la fois vous-même et les autres. Si vous ne connaissez pas la situation particulière de chaque personne, évitez de la commenter.

Au lieu de cela, faites preuve d’empathie et restez à l’écoute. Reconnaissez les personnes atteintes de psychose et les personnes ayant des crises de panique.

Potins et calomnies.
Parler des autres avec mépris correspond à un manque d’empathie.

Lors de la Journée mondiale de la santé mentale, nous ne parlons pas seulement de la maladie

La santé mentale doit aussi être travaillée à partir du positif, à partir des ressources dont nous disposons. C’est bien plus que “ne pas être malade”. Ce n’est pas seulement une évidence, comme une attaque de panique ou une crise psychotique.

Aujourd’hui, la santé mentale est menacée au quotidien, en raison des conditions particulières de chaque pays, des inégalités socio-économiques, des conflits armés et de la violence. En cette journée mondiale de la santé mentale, nous devons savoir qu’il s’agit d’un travail et d’un effort permanent.

Toutes les personnes sont vulnérables et ont des problèmes. Les personnes qui suivent une thérapie sont celles qui cherchent un moyen de les résoudre. Par conséquent, nous devons apporter des ressources et des opportunités, afin que personne ne soit exclu de l’exercice de son droit.

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