La péridurale réduit-elle le risque de dépression post-partum ?

4 mai 2019
La péridurale ne réduit pas en elle-même le risque de dépression post-partum. La douleur ressentie lors de l'accouchement peut néanmoins être associée à un risque plus ou moins grand d’en souffrir.

L’anesthésie péridurale peut être très utile pour soulager la douleur pendant l’accouchement. Cela peut-il par ailleurs aider à réduire le risque de dépression post-partum ?

La péridurale permet-elle de prévenir la dépression post-partum ?

Une étude publiée en 2014 a associé l’anesthésie péridurale à la dépression post-partum. Elle a en effet indiqué que seulement 14% des participantes ayant reçu une anesthésie péridurale ont par la suite souffert de dépression. En revanche, 35% des femmes qui ne l’avaient pas reçu ont souffert de cette condition.

Il semblerait donc que l’application de la péridurale puisse être un facteur réduisant le risque de dépression post-partum. Nous devons néanmoins garder à l’esprit que l’étude n’impliquait que 214 volontaires. Il s’agit donc d’un très petit échantillon qui ne peut aboutir à aucune conclusion définitive.

Une autre étude menée en 2016 a indiqué qu’il pourrait y avoir un lien entre la douleur lors de l’accouchement et la dépression. Bien que ne comprenant que 200 volontaires environ, la recherche a conclu que « l’anesthésie péridurale peut être un facteur de prédiction important en ce qui concerne le développement des symptômes de la dépression post-partum ».

lien entre péridurale et dépression post-partum

Les conclusions n’indiquent toutefois pas de manière concluante qu’il existe une relation directe entre la péridurale et la dépression. En réalité, ils expliquent seulement que, conjointement avec d’autres facteurs, cela pourrait aider à le prévenirCe n’est par ailleurs pas uniquement la péridurale qui la préviendrait mais le fait de réduire la douleur lors de l’accouchement.

Une autre étude publiée en 2018 indique finalement qu’il ne semble pas exister de lien entre le recours à une anesthésie péridurale et la dépression. Elle précise néanmoins qu’elle peut limiter la tristesse post-partum.

Il ne semble donc pas possible d’établir un lien direct entre l’anesthésie péridurale et l’apparition ou non d’une dépression ultérieure. Ce qui est possible en revanche est de relier cette dépression à la douleur ressentie lors de l’accouchement.

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Réduire la douleur peut réduire le risque de dépression post-partum

Selon ce qui précède, c’est la réduction de la douleur lors de l’accouchement qui semble être associée à un risque moins élevé de dépression post-partum. Il s’agit de la raison pour laquelle toute méthode qui la diminue peut avoir un lien avec la réduction des risques de souffrir de cette dépression.

Nous devons néanmoins garder à l’esprit qu’il existe de nombreux autres facteurs connexes. En fait, il semblerait que certaines femmes soient plus susceptibles que d’autres de souffrir de dépression post-partum :

  • Si elle a déjà souffert de dépression post-partum avant
  • S’il existe des antécédents de dépression
  • En cas de situation stressante après l’accouchement (décès d’un être cher, perte du travail, etc.)
  • En raison de complications médicales (naissance prématurée, par exemple).
  • Par manque de soutien émotionnel
  • En cas d’abus de drogue et d’alcool
  • En raison des sentiments retrouvés après l’accouchement

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Conclusion

lien entre péridurale et dépression post-partum

Finalement, il n’existe pas suffisamment d’études pour établir une relation directe entre le recours à l’anesthésie péridurale et la dépression post-partum. En fait, de nombreux autres facteurs peuvent ou non influer sur son apparition.

Il existe néanmoins bel et bien une relation entre la douleur ressentie lors de l’accouchement et la dépression ultérieure. Il ne s’agirait toutefois que d’un facteur de plus susceptible de la déclencher. L’anesthésie péridurale ainsi que les autres méthodes visant à soulager la douleur peuvent donc aider à réduire le risque, non à la prévenir.

Comme l’explique le Docteur Lim, directrice de l’anesthésiologie obstétricale à l’Hôpital pour femmes Magee de l’Université de Pittsburgh :

« Bien que nous ayons constaté une relation entre des femmes qui ressentent moins de douleur lors de l’accouchement et un risque plus faible de dépression post-partum, nous ne savons pas si un contrôle efficace de la douleur par anesthésie péridurale permet d’éviter cette condition. »

La chercheuse poursuit en précisant que « la dépression post-partum peut découler de plusieurs facteurs, notamment des changements hormonaux, des ajustements psychologiques à la maternité, le soutien social et les antécédents de troubles psychiatriques« .

Nous devons donc garder à l’esprit qu’il est important, en cas de dépression post-partum, d’y faire face. En ce sens, les médecins et les spécialistes seront en mesure de guider la mère afin qu’elle puisse surmonter le problème. Ainsi, son état psychologique s’améliorera, de même que celui du bébé et de toute la famille.

 

  • Lim G et al. “Labor Analgesia as a Predictor for Reduced Postpartum Depression Scores: A Retrospective Observational Study”, Anesth Analg. 2018 May;126(5):1598-1605. doi: 10.1213/ANE.0000000000002720.
  • Oksana V. Riazanova et al. “The relationship between labor pain management, cortisol level and risk of postpartum depression development: a prospective nonrandomized observational monocentric trial”, Romanian Journal of Anaesthesia and Intensive Care 2018 Vol 25 No 2, 123-130
  • Ding, Ting et al. “Epidural Labor Analgesia Is Associated with a Decreased Risk of Postpartum Depression. A Prospective Cohort Study”, Anesthesia & Analgesia: August 2014 – Volume 119 – Issue 2 – p 383–392 doi: 10.1213/ANE.0000000000000107