Qu’est-ce que la maladie de Huntington ?

31 janvier 2018
La maladie de Huntington est un trouble neurodégénératif grave qui, aujourd'hui, mène irrémédiablement à la mort.

La maladie de Huntington est un trouble neurodégénératif héréditaire caractérisé par l’apparition de symptômes moteurs, cognitifs et psychiatriques. Elle débute vers l’âge de 30 ou 40 ans, avec une progression plus ou moins rapide vers la mort.

Les autres noms donnés à cette maladie sont « le mal de Huntington » et « la chorée de Huntington »; ce dernier terme désigne le type d’altérations motrices typiques de la maladie, les mouvements choréiques.

Comment se transmet la maladie de Huntington ?

La maladie de Huntington est dite de transmission autosomique dominante, c’est-à-dire que le gène modifié « a plus de force » que le gène non altéré.  Ainsi, la transmission d’un seul exemplaire défectueux de l’un ou l’autre des parents fera développer la maladie.

D’autre part, le terme « autosomique » indique que l’altération ne se trouve pas sur les chromosomes sexuels. En fait, l’altération génétique responsable de la maladie se trouve sur le chromosome 4. Pour mieux comprendre cela, voyons l’exemple suivant :

Dans un couple formé d’un homme atteint de la maladie de Huntington et d’une femme sans cette maladie, l’enfant aura les deux copies du gène normal, alors qu’il aura muté chez au moins un des deux.

Et s’ils ont un enfant? Il y aura 50 % de chances que le gène sain du père rejoigne l’un des gènes de la mère. Dans ce cas, l’enfant n’héritera pas de la maladie. Et d’autre part, il y a 50% de chances que l’enfant hérite du gène muté. Dans ces cas, il développera la maladie.

Il est à noter que dans la maladie de Huntington, la pénétrance est d’environ 95 %. Cela signifie que presque toutes les personnes présentant un allèle muté développent des symptômes de la maladie.

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Quelle est la cause ?

conséquences chromosomiques

Elle est due à l’expansion anormale du trinucléotide CAG, dans le gène de l’huntingtine, situé sur le chromosome 4. Dans la plupart des cas, jusqu’ à 39 copies sont produites, ce qui est révélateur de la maladie. La mutation entraîne l’apparition d’une protéine huntingtine mutante, qui provoque des lésions neurologiques directes et indirectes.

Évolution de la maladie de Huntington

La maladie fait généralement ses débuts entre 30 et 40 ans dans la plupart des cas. Pourtant, il y a des cas où la maladie se développe pendant l’enfance ou l’adolescence. D’autre part, il existe également des preuves de l’évolution de la maladie chez les personnes de plus de 55 ans. En somme, l’âge auquel les premiers symptômes apparaissent est variable.

La chorée de Huntington évolue lentement, mais inexorablement, vers la mort. Au cours de sa progression, plus d’un type de symptômes ou d’autres peuvent prédominer, selon la personne.

Premières manifestations cliniques

insomnie

Les premières manifestations cliniques ne sont pas particulièrement frappantes. L’insomnie, l’agitation, l’anxiété et même de petites altérations du comportement peuvent se produire. Les mouvements irréguliers de la main et du pied (coups soudains sur des objets) et les tremblements sont typiques de cette étape.

Progression de la maladie

Au fur et à mesure que la maladie progresse, les symptômes moteurs sont de plus en plus prononcés et difficiles à contrôler.

  • Mouvements choréiques. Il s’agit de mouvements involontaires des extrémités, ni rythmiques ni réguliers, bien qu’ils puissent vaguement se rappeler la danse. Ils s’aggravent avec le temps, empêchant la personne de développer ses activités quotidiennes.
  • Bradicinémie, c’est-à-dire la lenteur à initier et développer des mouvements volontaires.
  • Dysarthrie. Difficulté à articuler les mots et les sons.

A ces problèmes s’ajoutent les altérations cognitives et psychiatriques. D’une part, sur le plan cognitif, diverses fonctions peuvent être modifiées. Entre autres problèmes, on peut distinguer:

  • Troubles du langage, avec difficulté à répéter, nommer, former des phrases complexes. Ces problèmes, comme les troubles moteurs, commencent très légèrement, presque imperceptiblement, à progresser.
  • Modifications dans la capacité de s’organiser et d’exécuter des tâches. Des problèmes surgissent également dans la reconnaissance et le traitement de ses propres émotions et de celles des autres.
  • Difficultés dans l’orientation spatiale. Il est relativement fréquent que les patients entrent en collision avec des objets (coins, tables, etc.).

Enfin, les troubles psychiatriques sont presque constants et peuvent être présents même avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie. Parmi ceux-ci, l’anxiété et la dépression sont très fréquentes, principalement associées à l’évolution de la maladie. Des formes de psychose et d’apathie peuvent aussi apparaître…

Phase finale de la maladie

femme en fauteil roulant

Dans la phase finale de la maladie, il y a une perte totale de fonctionnalité. Les patients atteints de la maladie de Huntington à un stade avancé ont besoin de soins 24 heures sur 24. A ce stade, les malades sont incapables de communiquer ou même de penser, sauf pour de brefs moments de lucidité.

Bien que la chorée dans ces cas ait habituellement disparu, elle est remplacée par la rigidité et la bradykinésie. Ils ont besoin d’aide pour se nourrir, de sondes vésicales, entre autres. A ce stade, le risque de pneumonie par aspiration est très élevé. La mort provient habituellement de complications de la maladie ou de suicide.

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Diagnostic

Le diagnostic de cette maladie, comme dans d’autres, doit être fait selon un entretien avec le patient, avec examen physique (avec une attention particulière à l’examen neurologique). En même temps, il faut évaluer les antécédents cliniques, en particulier les antécédents familiaux.

D’autre part, une évaluation psychiatrique est nécessaire, ce qui aidera le médecin à explorer davantage la santé émotionnelle du patient et de déterminer les difficultés possibles.

Des études génétiques sont également nécessaires. Ils doivent être effectués si le patient présente des symptômes moteurs typiques de la maladie. Le résultat de ces tests doit être communiqué au patient, en recommandant que la famille soit également informée, compte tenu des implications.

Traitement

Actuellement, il n’existe aucun traitement pour guérir la maladie. Le traitement vise à agir sur les symptômes et à améliorer la qualité de vie de ces patients. A cet égard, il est essentiel que les patients, leur famille et leurs aidants reçoivent un soutien psychologique.

Des médicaments comme la tétrabénazine, qui réduit les mouvements choréiques, sont utilisés pour traiter les problèmes de mouvement, toutefois, ils peuvent aggraver les troubles psychiatriques. Pour traiter les aspects psycho-émotionnels du patient,on emploie :

  • Des antidépresseurs
  • Des anxiolytiques
  • Des stabilisateurs d’humeur

Il convient de noter que certains médicaments comme l’halopéridol ont également des effets positifs sur les troubles du mouvement.

Recherches en cours

Au cours des 20 dernières années, près de 100 essais cliniques ont été réalisés avec plus de 49 principes actifs différents. Cependant, moins de 4 % de ces essais ont donné des résultats encourageants.

Aujourd’hui, les résultats les plus prometteurs peuvent provenir d’une thérapie ciblée contre l’ADN ou l’ARN de la protéine mutante qui est à l’origine de la maladie.

 

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