La science se rapproche du vaccin contre la maladie d’Alzheimer

· 5 décembre 2016
Un vaccin contre la maladie d'Alzheimer est sur le point d'être découvert. Il n'aurait pas d'effets secondaires et pourrait être à la disposition des patients sous 3 ans.

C’est l’un des plus grands défis actuels de la science : freiner l’apparition et la progression de la maladie d’Alzheimer.

Comme nous le savons tous, peu de maladies sont aussi dévastatrices et tristes que celle-ci, que ce soit pour le patient ou pour sa famille.

Nous pouvons également parfois être fatigués de lire et d’écouter des nouvelles soi-disant positives sur cette maladie ou sur d’autres pathologies neurodégénératives.

On nous parle de découvertes et d’avancées, alors que le nombre de personnes diagnostiquées est en constante augmentation.

On estime qu’en 2050, 135 millions de personnes souffriront de la maladie d’Alzheimer dans le monde entier.

Cette donnée peut être interprétée de différentes manières, elle ne signifie pas forcément que la maladie est plus avancée que jamais.

Car cela signifie aussi que l’espérance de vie augmente et que le simple fait que de plus en plus de personnes franchissent la barre des 80 ans augmente de facto le nombre de malades.

Tout cela rend donc la lutte contre cette pathologie et l’investissement dans la recherche médicale plus importants que jamais.

Au mois de juillet de cette année, une étude pleine d’espoir a été publiée dans diverses revues spécialisées.

L’Université de Flinders, en Australie, et l’Institut de Médecine Moléculaire de l’Université de Californie, aux États-Unis, ont développé un vaccin qui pourrait freiner l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Dans la suite de cet article, nous allons tout vous expliquer à ce sujet.

Le vaccin tant attendu contre la maladie d’Alzheimer : une bataille acharnée

Selon des travaux publiés dans la revue scientifique Alzheimer’s Research & Therapy, près de 99% des essais cliniques pour freiner la maladie d’Alzheimer ont échoué.

En 2010, aux États-Unis, un premier vaccin a été breveté. Cependant, il s’est révélé être un véritable échec, car ses effets secondaires étaient des plus graves.

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Ce vaccin est connu sous le nom de AN1792 et a été approuvé par l’Agence Américaine du Médicament. Cependant, après de nouvelles analyses, le médicament a été retiré de la liste des substances autorisées et le projet a été suspendu.

Cela fait donc plus de 6 ans que les patients touchés par la maladie sont dans l’attente, mais la recherche continue de progresser.

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Un premier vaccin expérimental : l’EuroEspes

Après l’échec du vaccin aux États-Unis, un nouveau produit, le EB101 a été développé par EuroEspes. Ce cente médical, situé en Galice en Espagne, a réussi à aller plus loin que le AN1792 et à éliminer une grande partie de ses effets secondaires.

Ses principales réussites sont les suivantes :

  • Il agit comme un immunogène-adjuvant capable de générer des anticorps qui peuvent lutter contre les plaques générées par la protéine bêta-amyloïde, les principales responsables de l’apparition de la maladie d’Alzheimer.
  • Le vaccin EB101 permet aussi d’éviter les cas de méningo-encéphalites et de micro-hémorragies cérébrales que provoquait le AN1792.

Cependant, ce vaccin en est toujours à son stade expérimental et nous ne connaissons pas la date de son éventuelle commercialisation.

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Le vaccin qui permet de lutter contre les maladies dégénératives

Comme nous vous le disions au début de l’article, l’Université d’Australie et l’Institut de Médecine Moléculaire de l’Université de Californie sont les deux centres de recherches qui ont permis de mettre au point un vaccin définitif.

  • Ce médicament est une formidable avancée porteuse d’espoir, car il pourrait permettre de prévenir et de guérir plusieurs maladies neurodégénératives.
  • En plus d’Alzheimer, ce vaccin pourrait donc nous permettre de lutter contre la maladie de Parkinson, contre celle de Kuru (une pathologie neurodégénérative infectieuse causée par des prions) ou la maladie d’Huntington.

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Les scientifiques sont parvenus à l’élaborer en combinant deux traitements :

  • Un premier vaccin qui agit directement sur la protéine bêta-amyloïde.
  • Un second traitement qui agit sur les protéines tau. Différentes études affirment que lorsque ces protéines ne fonctionnent pas correctement, les cellules ne peuvent plus évacuer leurs déchets et l’autre protéine, la bêta-amyloïde, s’accumule de manière nocive.

Petit à petit, ce processus entraîne la mort des cellules, et c’est justement la réussite de ce vaccin que de parvenir à freiner ce cercle vicieux.

Le vaccin sera prêt dans trois ans

Nikolai Petrovsky est le médecin endocrinologue qui a pris la tête de ce projet. Son idée est de mettre au point et de commercialiser le vaccin dans deux à trois ans.

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Les résultats des expériences réalisées jusqu’à présent sont positifs, mais il reste à l’équipe de chercheurs de nombreux objectifs à accomplir.

Voici lesquels :

  • Inverser le processus de dégénérescence lorsque la personne est diagnostiquée (dans les phases avancées de la maladie, le traitement n’est pas efficace).
  • Le vaccin pourrait également être utilisé sur les personnes âgées d’environ 50 ans et qui n’ont pas de symptômes. De cette manière, il serait possible de prévenir l’apparition de diverses maladies neurodégénératives.
  • Le but ultime des chercheurs est d’éviter le développement des démences avant les premiers signes de leur apparition ou lorsqu’elles viennent tout juste de se manifester.
  • Ce serait une avancée majeure pour éradiquer ces pathologies pour les générations futures.
  • Malheureusement, les actuels malades d’Alzheimer et leur famille n’ont toujours pas de remède pour lutter contre cette situation désespérante.

L’unique objectif de la science, avant qu’un traitement soit disponible, est d’offrir aux patients une qualité de vie maximale, des soins attentionnés et une préservation absolue de leur dignité.