La terminologie à prendre en compte en période de pandémie

22 mai 2020
La crise du coronavirus fait surgir chaque jour des chiffres et des termes que beaucoup d'entre nous ne comprennent pas tout à fait. Dans cet article, nous allons clarifier les plus importants et mettre en perspective la situation actuelle.

Les médias du monde entier ont concentré leur attention sur une seule question : la pandémie de coronavirus. L’information à la télévision et à la radio est continue, et nous nous réveillons tous les matins, curieux et inquiets de l’évolution de la maladie dans notre pays.

Le nombre quotidien et cumulé de décès et d’infections est une valeur essentielle pour comprendre le développement d’une maladie. Malgré cela, ces chiffres sont des données superficielles qui nécessitent la compréhension d’autres paramètres pour être interprétés.

C’est pourquoi, à cette occasion, nous voulons profiter de cet espace pour expliquer de manière simple différents termes épidémiologiques qui sont essentiels pour mettre en perspective la situation actuelle. Découvrez-les !

Foyer, épidémie et pandémie

Ces derniers jours, nous avons dû nous familiariser avec des termes tels que foyer, épidémie et pandémie. C’est précisément ce dernier terme qui attire le plus l’attention, car c’est celui qui est utilisé pour parler du problème mondial que représente le COVID-19. Que signifie-t-il ?

La pandémie mondiale du coronavirus

Foyer

Un foyer épidémiologique est l’apparition soudaine d’une maladie infectieuse dans un lieu et à un moment précis. Il s’agit de foyers, par exemple d’intoxications alimentaires situées dans des zones géographiques spécifiques, qui sont finalement identifiées et éliminées.

Epidémie

Lorsqu’un foyer échappe à tout contrôle et se propage activement, il conduit à une épidémie. On a classé le coronavirus (COVID-19) comme une épidémie pendant les premiers mois de son expansion ; sa propagation a été incontrôlée, mais seulement en Chine et avec des foyers identifiés dans d’autres pays.

Pandémie

Le 12 mars, le coronavirus a été identifié comme une pandémie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour ce faire, la maladie devait répondre à deux exigences : d’une part, elle affectait plus d’un continent et, d’autre part, il y avait des cas communautaires non importés.

En cas d’infection d’un résident sans contact avec un cas importé, il est temps de suspecter que la maladie circule librement dans le pays. C’est à ce moment que l’état de pandémie est établi.

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Létalité et mortalité : un jeu de chiffres

Une fois ces conditions de bases déterminées, nous mettons en perspective les chiffres officiels concernant les personnes touchées. Il y a une phrase qui nous est peut-être familière et qui n’est pas tout à fait exacte : “le taux de mortalité par le coronavirus est de…“. Examinons les clarifications.

Taux de mortalité global

Le taux de mortalité global est la proportion de personnes qui meurent par rapport à la population totale sur une période donnée. Le taux de mortalité en Espagne en 2018 était de 9,1 %. Autrement dit, sur 1000 habitants, 9,1 ont péri cette année-là. Il n’y a pas de différenciation par cause, elle représente simplement la proportion de décès dans une zone géographique.

Taux de létalité en cas de pandémie

Le terme correct pour parler du nombre de décès dus au coronavirus est le taux de létalité. Il s’agit de la proportion de personnes qui meurent d’une maladie parmi celles qui en sont atteintes, dans une période et une zone données. C’est-à-dire : nombre de décès divisé par le nombre de personnes récupérées et de morts.

Ce taux nous met tous dans l’incertitude. Il semble que, selon les pays, il varie énormément ; tandis qu’en Chine, il était de 3 %, en Espagne il peut atteindre presque 9 %. Ces données sont sans aucun doute préoccupantes, alors pourquoi notre malchance face à la pandémie ?

Une femme entourée de virus pendant la pandémie

Le taux de létalité est un paramètre difficile à interpréter

  • En Chine, jusqu’à un tiers des personnes infectées ont été identifiées comme étant asymptomatiques. Dans de nombreux autres pays, comme l’Espagne, une personne doit présenter un cadre clinique spécifique pour pouvoir être testée. Si vous êtes suffisamment malade pour aller à l’hôpital, cela signifie que la maladie a déjà eu un impact sur vous. Il est certain que si le pays prenait en compte le nombre de patients présentant des symptômes légers, qui traversent ou ont traversé la maladie sans être hospitalisés, ce taux de mortalité se réduirait
  • Le taux de létalité dépend beaucoup de l’âge moyen dans le pays. Nous savons que le coronavirus affecte les personnes âgées de manière plus agressive, donc plus la population est âgée, plus ce taux est élevé. Cela ne signifie pas que le virus est plus mortel à un endroit qu’à un autre, mais qu’il y a un pourcentage plus élevé de personnes vulnérables. La bonne chose à faire est d’identifier la létalité par groupe d’âge, en éliminant ainsi ce biais

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L’incidence

L’incidence accumulée (IA) se définit comme la proportion d’individus en bonne santé qui développent la maladie au cours d’une période donnée. A l’heure actuelle, l’incidence en Espagne est de 96,56. En d’autres termes, près de 97 personnes pour 100 000 habitants ont été infectées.

Là encore, ces valeurs seraient augmentées si tous les cas de symptômes légers non enregistrés étaient pris en compte. L’incidence est un paramètre très important pour comprendre une pandémie.

Les chiffres sont effrayants : nous parlons de milliers de personnes infectées et de morts, mais nous ne devons pas perdre de vue que le pays compte 46,5 millions d’habitants.

Connaissance et tranquillité d’esprit

Ces valeurs ne signifient nullement qu’il ne faut pas prendre au sérieux les restrictions imposées. Nous sommes confrontés à une situation d’une gravité exceptionnelle ; c’est pourquoi, sans l’aide de tous, les valeurs pourraient s’envoler dans les prochaines semaines.

Ce que nous avons essayé de souligner dans cet article, c’est le besoin de perspective. Les chiffres sont élevés et certainement inquiétants, mais il est nécessaire d’avoir une compréhension théorique de ce qui se passe afin de ne pas succomber à l’hypocondrie et à la terreur.

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