Le gène de l’obésité selon la science

19 février 2020
Il y a des changements génétiques dans notre ADN qui expliquent, en partie, l'obésité. Les scientifiques continuent d'étudier le sujet pour trouver d'autres réponses. Dans cet article, nous vous expliquons quels sont les progrès réalisés et comment ils influencent le traitement et la prévention de l'obésité. Quel est le gène de l'obésité selon la science ?

D’un point de vue historique, nous pouvons dire que l’histoire du gène de l’obésité remonte en 1962. Le scientifique en question est le généticien James Neel, qui a avancé une hypothèse sur le sujet. Toujours en discussion aujourd’hui.

James Neel se demandait pourquoi une maladie associée principalement à l’obésité, comme le diabète, se perpétuait dans le temps. La chose logique aurait été que le nombre d’êtres humains souffrant d’une maladie n’augmente pas tout au long de l’histoire de l’humanité.

Pour expliquer pourquoi le diabète est toujours présent et affecte de plus en plus de personnes, l’existence d’un gène est mise en avant. Ce gène servirait à l’espèce humaine pour surmonter les étapes de la famine, qui étaient fréquentes au temps de la préhistoire. Grâce au “gène sauveur”, les humains accumulaient des graisses supplémentaires pour survivre aux périodes de famine.

Selon James Neel, ce gène de l’obésité avait du sens dans ces moments de l’histoire de l’humanité. Au fur et à mesure que l’histoire évoluait et qu’il y avait de moins en moins de périodes de famines généralisées dans le monde, l’accumulation de graisse s’est transformée en obésité et le diabète devenait de plus en plus courant.

Ce qui était un avantage et une possibilité de survie pour nos ancêtres, est aujourd’hui un désavantage dans notre monde de plus en plus urbanisé, de plus en plus sédentaire et avec une plus grande disponibilité d’aliments riches en graisses et en sucres.

Le problème de l’obésité

L’obésité est un problème mondial majeur. On parle même d’une pandémie. Autrement dit, d’une épidémie qui se propage dans le monde entier, au-delà des frontières géographiques.

Elle est classée comme une maladie chronique. La base de sa définition est l’excès de tissu adipeux dans le corps. Par ailleurs, la mesure utilisée par les médecins pour déterminer l’obésité est l’indice de masse corporelle (IMC). Il se calcule grâce à une formule qui divise le poids corporel en kilos par la taille en mètres carrés.

Statistiquement, 22% de la population adulte mondiale est obèse. Certains calculs sont plus importants et on estime même qu’un tiers de la population mondiale est obèse. Ou présente au moins un problème de surpoids.

Il ne s’agit pas seulement d’une situation esthétique, loin de là. D’où l’importance de localiser le gène de l’obésité. Cette maladie est associée à d’autres pathologies comme le diabète et l’hypertension artérielleElle affecte également la qualité de vie en générant :

Une visite médicale pour calculer l'obésité

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La découverte actuelle sur le gène de l’obésité

En 2007, une nouvelle découverte a vu le jour sur le gène de l’obésité. Les scientifiques ont identifié le gène FTO comme étant lié à l’obésité. En effet, les expériences ont démontré que si le gène était défectueux, l’organisme avait tendance à stocker plus d’énergie au lieu de l’utiliser et de la brûler.

Cependant, ce problème génétique n’explique pas tous les cas d’obésité. Environ 44% des européens en sont porteurs, donc même pas la moitié.

D’autres études récentes expliquent plus en détails comment le gène de l’obésité altère les niveaux d’une hormone corporelle appelée ghréline. Mieux connue comme l’hormone de la faim. Si le gène FTO est modifié, la ghréline réagit de façon excessive en rendant les aliments riches en gras plus appétissants.

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Peut-on inverser la génétique ?

Les études scientifiques s’accordent également sur un point : le gène de l’obésité n’est pas le seul facteur qui intervient. En effet, le mode de vie est plus prépondérant pour déterminer l’obésité, entre autres. Par ailleurs, le style de vie est modifiable.

On peut lutter contre le gène de l'obésité en faisant de l'exercice

 

Voici donc quelques points que nous pouvons tous prendre en compte pour lutter contre la génétique :

  • De l’exercice : suivre rigoureusement la recommandation de réaliser plus de 150 minutes d’activité physique par semaine. En plus de prévenir l’obésité, l’exercice contribue à éviter d’autres maladies chroniques non transmissibles
  • Une alimentation saine : il est fondamental d’avoir une alimentation équilibrée, variée et dont le contenu calorique s’adapte à l’activité physique. Nous devrions donc éviter les aliments trop riches en gras et extrêmement sucrés
  • Contrôle du poidssans que cela ne devienne une obsession, se peser de temps en temps aide à connaître le comportement de l’organisme afin d’y apporter les modifications nécessaires
  • De la constance : les changements dans le mode de vie doivent perdurer dans le temps. La persistance de l’exercice et d’une alimentation saine donne des résultats à court, moyen et long terme.

Le gène de l’obésité : conclusion

Enfin, la génétique va continuer à se pencher sur la question. Mais nous sommes encore loin des médicaments qui peuvent réguler le gène FTO et l’hormone ghréline. De plus, le gène de l’obésité existe. Néanmoins, il ne représente pas l’unique facteur déterminant le surpoids d’une personne. Le mode de vie, les habitudes d’exercice et l’alimentation saine sont les véritables piliers de la prévention et du traitement de l’obésité.

 

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