Le syndrome du mangeur difficile

Saviez-vous qu'une carence en nutriments peut nuire à la croissance physique et au développement neurologique des enfants ? Nous vous disons tout ce que vous devez savoir à ce sujet dans le prochain article.
Le syndrome du mangeur difficile

Dernière mise à jour : 23 avril, 2021

Le syndrome du mangeur difficile est un trouble de la santé mentale. On considère qu’une personne en souffre lorsque son régime alimentaire habituel ne comporte aucune variété alimentaire et qu’elle refuse d’intégrer de nouveaux aliments.

Pour que le syndrome soit diagnostiqué, la personne doit avoir consommé moins de dix aliments différents au total, dans l’ensemble de son alimentation, pendant les deux dernières années au moins.

Si de tels critères sont remplis, on peut dès lors parler de pathologie cataloguée comme telle. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux la classe parmi les maladies dont le nom en anglais est : Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder (ARFIV).

Allons plus loin.

Le syndrome du mangeur difficile et sa relation avec d’autres troubles

Le syndrome du mangeur difficile peut être la porte d’entrée vers d’autres troubles de l’alimentation tels que :

  • L’anorexie. Elle s’associe à une forte perte de poids. Et ce, même si la personne a de base un faible poids corporel. Elle naît généralement d’une peur excessive de prendre du poids.
  • La boulimie. C’est la succession de comportements impulsifs boulimiques, consistant à ingérer de grandes quantités de nourriture en un court laps de temps, puis à la rejeter par des mécanismes non naturels. Par exemple, par le vomissement.
  • L’orthorexie. Il s’agit de l’obsession de ne consommer que des aliments considérés comme sains par le patient. Et ce, à un niveau irrationnel. Le patient se préoccupe alors sans cesse de ses menus.
  • La vigorexie. C’est l’obsession pathologique de maintenir un corps musclé. Pour y parvenir, les personnes concernées font des exercices excessifs et modifient leur régime alimentaire à l’extrême.

Qui est affecté par le syndrome du mangeur difficile ?

Si le trouble peut apparaître à tout moment de la vie et toucher n’importe quel être humain, il touche néanmoins des populations plus sensibles.

Les deux groupes les plus touchés sont les enfants et les athlètes. Examinons tout cela de plus près.

Les enfants et le syndrome du mangeur difficile

Un enfant rejette de la nourriture.

Les parents savent qu’avec les enfants, il est difficile de leurs faire manger certains aliments. Chez les jeunes enfants on parle parfois de néophobie alimentaire. Il s’agit de la peur d’essayer de nouveaux aliments.

Selon cette étude de l’Université du Pays basque, en Espagne, ce phénomène se produit généralement entre l’âge de deux et six ans et c’est tout à fait normal. Cela fait partie du processus de croissance et de développement. Les adultes doivent donc comprendre qu’il faut s’attendre à cela à ces âges.

Cependant, lorsque la situation devient extrême, on peut parler du syndrome du mangeur difficile chez l’enfant. On estime que cette pathologie est présente chez environ 15 % des enfants de moins de six ans. De plus, il semblerait qu’elle soit plus fréquente chez les filles que chez les garçons. En effet, pour chaque garçon atteint du syndrome, il y a environ quatre filles qui en souffre également.

Le problème à long terme est que cela peut se perpétuer jusqu’à l’âge adulte. Souvent, les parents s’obstinent à incorporer des aliments de manière contre-productive et les enfants entrent alors dans un cycle d’anxiété qui ne fait que renforcer un peu plus la pathologie.

La présence du syndrome du mangeur difficile dans l’enfance est associée à certains traits de personnalité qui persistent à l’âge adulte. Il s’agit entre autres de :

  • La peur sociale
  • Une faible capacité d’adaptation au changement
  • Troubles obsessionnels compulsifs
  • Anxiété

Le syndrome du mangeur difficile chez les athlètes

Lorsque ceux qui pratiquent un sport deviennent professionnels ou le font de plus en plus fréquemment, ils courent le risque de devenir obsédés par leur discipline. Cette obsession peut devenir évidente dans la préparation de leur régime alimentaire. Surtout si l’athlète ne cherche qu’a augmenter sa masse musculaire ou à maximiser ses performances à tout prix.

Les menus uniquement composés de protéines sont courants chez ces personnes. C’est par exemple le cas du régime dit “poulet et thon” qui est présent dans les trois repas quotidiens et qui alterne les pâtes.

Ainsi, le manque de variété oblige le corps à fonctionner au niveau métabolique de manière atypique. Ceci est néfaste à long terme. Enfin, cela peut même générer des pathologies métaboliques qui deviendront évidentes au fil des années.

Alimentation et sport.

Les conséquences

Le manque de nutriments est un problème sérieux pour le corps humain. En effet, les macronutriments et les micronutriments sont indispensables au fonctionnement, au développement, à la croissance et à la réparation des cellules et des tissus de l’organisme.

Des carences minimes peuvent affecter le processus de guérison. C’est ce que nous explique dans cette étude l’infirmière Carmen Carrera, de l’hôpital universitaire Virgen del Rocio de Séville, en Espagne. Chez les enfants en pleine croissance, cela ne se traduira pas nécessairement un faible poids, mais cela peut se traduire par une taille réduite.

D’autre part, et comme le précise ce travail de recherche de l’Institut de neurologie et de neurochirurgie de La Havane, à Cuba, le système nerveux des enfants est particulièrement sensible au syndrome du mangeur difficile.

Il peut ainsi y avoir une différence substantielle de QI entre les enfants atteints du syndrome et ceux qui ne le sont pas. Bien sûr, les performances scolaires de ces enfants en seront également affectées.

L’impact social de ce trouble n’est pas négligeable non plus. Ainsi, les personnes atteintes du syndrome du mangeur difficile évitent de participer à des événements sociaux. En effet, la nourriture y est souvent présente comme lors d’un anniversaire, par exemple.

Ils savent qu’ils seront exposés à ce type de situations. En conséquence, ils se replient de plus en plus sur eux-mêmes et passent plus de temps dans une forme de solitude. Cela rend alors difficile de trouver une aide extérieure.

Il est essentiel de demander une aide psychologique

Lorsque le syndrome fait son apparition, la bonne intention des proches pour rééquilibrer le régime alimentaire ne suffit pas toujours. Ils risquent alors d’échouer s’il ne reçoivent pas de conseils appropriés.

Rappelons qu’il s’agit d’un problème de santé mentale, et qu’en tant que tel, cela requiert des professionnels dans ce domaine. De plus, il n’est pas rare qu’il s’agisse d’une combinaison de troubles. Il est donc essentiel de consulter un psychologue ou un psychiatre pour clarifier la situation.

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