Le venin d’araignée aiderait à réduire les dommages cérébraux

29 juin 2020
Un groupe de chercheurs australiens dirigé par le professeur Glenn King a découvert une protéine qui pourrait réduire de manière significative les dommages causés par un accident vasculaire cérébral. Cette substance a été trouvée dans le venin d'une des araignées les plus dangereuses.

Un groupe de chercheurs de l’Université de Queensland et de l’Université de Monash a découvert par hasard une protéine qui pourrait diminuer les dommages cérébraux dans les cas d’AVC. La source de cette substance s’est avérée être l’araignée à toile-entonnoir.

Mené par le professeur Glenn King de l’Institut des Biosciences Moléculaires de l’Université de Queensland, le groupe a publié les résultats de ses tests dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), la revue de L’Académie Nationale des Sciences des Etats-Unis.

Selon ces résultats, une seule dose de cette protéine serait suffisante pour réduire de manière significative les dommages occasionnés par un accident vasculaire cérébral. La substance fonctionne jusqu’à 8 heures après l’accident.

La découverte

Deux chercheurs dans un laboratoire étudiant comment limiter les dommages cérébraux

Cette découverte intéressante est le fruit du hasard. En effet, les scientifiques étaient en train de faire une séquence de l’ADN trouvé dans le venin des araignées. Ils ont soudainement détecté la molécule Hi1a et réalisé qu’elle ressemblait énormément à un composant chimique utilisé pour protéger les cellules cérébrales.

L’intrigue fut telle qu’ils ont décidé de synthétiser le composant et de le tester. Les chercheurs ont donc fait une collection d’araignées sur l’île de Fraser, au large de la côte sud de Queensland (en Australie), puis les ont emmenées au laboratoire. Là, ils les ont préparées à la procédure ; autrement dit, ils les ont libérées de leur venin.

Ils ont ensuite filtré la protéine qu’ils avaient précédemment trouvée pour en créer une version en laboratoire. Puis ils l’ont injecté à un ensemble de souris ayant subi un accident vasculaire cérébral 2 heures auparavant. Le composant a réduit les dommages cérébraux de 80%.

Ils ont également répété la même procédure avec un autre groupe de souris qui avaient eu un accident vasculaire cérébral 8 heures avant. Les dommages cérébraux ont réduit de 65% par rapport aux souris qui n’avaient pas reçu la protéine.

L’araignée qui réduit les dommages cérébraux

Le nom technique de l’araignée à toile-entonnoir est Atrax Robustus mais elle est connue également sous le nom d’araignée de Sydney, tarentule de Sydney. Elle est considérée comme l’une des trois araignées les plus mortelles de toute la planèteLes mâles mesurent entre 4,8 et 7 cm alors que les femelles mesurent entre 6 et 7 cm.

Par ailleurs, elles vivent sur la côte Est d’Australie et portent de grandes poches de venin sur leur corps. Elles sont d’un noir bleuté ou d’un brun brillant et disposent de poils soyeux sur le ventre. Elles ont des pattes brillantes et possèdent des rangées de dents dans le sillon des défenses et dans les griffes.

Ces araignées tissent de longues toiles de 20 à 60 cm. Leur entrée a une forme de “Y” ou de “T”. C’est pour cette raison que nous les appelons les araignées à toile-entonnoir. D’autre part, elles sont responsables de la mort enregistrée de 13 personnes en Australie au cours du 20ème siècle.

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La protéine

La protéine Hi1a pour réduire les dommages cérébraux

La protéine trouvée par les scientifiques porte le nom de Hi1a. Elle possède une propriété unique face aux accidents vasculaires cérébraux. En d’autres termes, elle bloque les canaux ioniques qui sont sensibles à l’acide dans le cerveau. Des structures sont essentielles dans de tels cas.

Il convient alors de rappeler que, lorsque survient un AVC, la personne affectée souffre d’un manque d’oxygénation dans le cerveau. Son corps commence alors à consommer du glucose d’une façon très différente de d’habitude. Cela l’aide à obtenir l’énergie nécessaire pour que le cerveau continue de fonctionner.

Toutefois, ce processus a également d’autres effets. Le principal d’entre eux est la production d’acide, qui peut entraîner la mort des cellules cérébrales. Ainsi, la protéine Hi1a agit comme une espèce de bouclier empêchant un tel dommage de se produire.

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Perspectives de réduction des dommages cérébraux

On estime qu’environ 6 millions de personnes meurent chaque année à cause d’un accident vasculaire cérébral dans le monde. 5 autres millions sont affectées et restent avec des séquelles permanentes pour la même raison. Comme vous pouvez le constater, le potentiel de ce nouveau traitement est énorme.

Actuellement, des tests sont effectués pour voir si la substance est sans danger pour l’Homme. Si tel est le cas, elle deviendrait alors le premier traitement à appliquer suite à un accident vasculaire cérébral, dans l’ambulance ou à l’arrivée du patient à l’hôpital.

Enfin, les premiers essais ont eu lieu sur les êtres humains en 2019. Pour l’instant, les chercheurs continuent de réunir les fonds nécessaires pour mener à bien ce processus. Si tout se passe bien, il est fort probable que le produit commence à être commercialisé en masse dans les années à venir.

 

  • Rodríguez Lucci, F., Pujol Lereis, V., Ameriso, S., Povedano, G., Díaz, M. F., Hlavnicka, A., … & Ameriso, S. F. (2013). MORTALIDAD INTRAHOSPITALARIA POR ACCIDENTE CEREBROVASCULAR. MEDICINA (Buenos Aires), 73(4).