Les nanoparticules de thé peuvent vaincre le cancer du poumon

· 8 avril 2019
Les nanoparticules du thé s’avèrent très utiles pour le traitement de certaines maladies. Même contre le cancer

Un groupe de scientifiques d’Inde et de l’université de Swansea au Royaume-Uni ont découvert que des nanoparticules de feuilles de thé pouvaient vaincre le cancer du poumon. Il faut souligner que, de la même manière que pour d’autres découvertes scientifiques, celle-ci a été une découverte accidentelle.

Bien qu’il faille encore approfondir cette recherche, ces petites particules sont des « points quantiques », un type de nanoparticule quatre mille fois plus fine qu’un cheveu humain. Et c’est justement grâce à cette taille qu’elles sont capables de pénétrer par les pores des cellules cancéreuses, agissant avec elles comme un agent toxique. Elles éliminent 80 % de la cellule.

Le cancer est le nom commun que l’on donne à un groupe de maladies dont le point commun est la division cellulaire incontrôlée. C’est en fait, des tissus qui se développent plus que la normale par-dessus les autres tissus. Le cancer est comme un hôte complètement autonome. Il profite de nos tissus et peut provoquer la mort.

Bon à savoir : Mythes autour des aliments cancérigènes

 Les nanoparticules de thé : de multiples avantages

Femme qui boit une tasse de thé

Les experts étudient le recours aux nanoparticules pour différentes applications. Par exemple, pour améliorer les images et les couleurs dans les écrans de télévision.

Les nanoparticules pourraient détecter et identifier les tumeurs, grâce à leurs propriétés fluorescentes par absorption de l’énergie lumineuse. Toutefois, ce processus  est chimiquement très difficile et cher à réaliser. De plus, il peut y avoir des effets secondaires.

L’équipe de recherche a créé une méthode simple de production de nanoparticules non toxiques pour l’organisme. Ils ont découvert l’effet de ces nanoparticules en utilisant de l’extrait de feuilles de Camélia sinensis, ou thé sinensis, avec d’autres produits chimiques.

Le Camelia sinensis est une espèce de plante dont on utilise les feuilles pour faire du thé. C’est une plante qui vient de Chine et du sud-est de l’Asie. On la cultive maintenant dans le monde entier. On l’utilise depuis très longtemps et entre dans la composition de plus de 50 remèdes chinois, et entre autres, pour faire du thé vert, rouge ou noir. Ceci se doit au fait que c’est une plante antioxydante.

Elle ne permettrait pas seulement de soigner le cancer, mais serait aussi utilisée dans d’autres traitements comme par exemple pour freiner le diabète, traiter la fatigue ou les maladies en relation avec la vessie.  Elle apporte, en plus, de la caféine, du fer et des protéines ; ceci est généralement attribué au tanin.

Le tanin est une biomolécule poly-phénolique astringente qui est utilisée pour la précipitation des protéines et divers composés organiques. C’est un composé qui se trouve dans plusieurs plantes. Son but final est d’éloigner les prédateurs.

Depuis leur découverte, on a vu que les nanoparticules pouvaient éliminer les cellules cancéreuses.

Bon à savoir : Les propriétés anticancérigènes du chocolat

Les recherches

Traitement du cancer du poumon

Le docteur Sudhagar Pitchaimuthu est le principal instigateur de cette découverte. Il est diplômé en physique et connu mondialement pour ses travaux sur les nanoparticules ; il fait des recherches, entre autres, sur leur utilisation dans le cadre de la création de particules photoélectriques, par la synthèse des cellules.

Le docteur Pitchaimuthu expliquait que « la surprise est arrivée quand, de temps en temps, ces particules stoppaient la croissance des cellules toxiques du cancer ». C’est à ce moment qu’ils se sont rendus compte de leur découverte.

Cela ne signifie toutefois pas que boire du thé permet de prévenir ou soigner le cancer. C’est beaucoup plus compliqué que ça.

Le docteur Pitchaimuthu a annoncé lors d’un journal à la BBC que d’ici un ou deux ans, on pourrait expérimenter une méthode sur les humains ; et de plus, faire un usage médical de cette méthode dans les 10 ans.

L’étape suivante, dit le docteur Pitchaimuthu, c’est d’entreprendre des expériences à plus grande échelle, avec l’aide d’autres collaborateurs. L’idée consiste à approfondir les recherches sur l’action de cet extrait de feuilles de thé sur les cellules cancéreuses.

Finalement, le docteur a ajouté qu’il voulait créer une entreprise ayant pour but d’explorer plus de fonctionnalités des nanoparticules pour ouvrir de nouveaux horizons.

  • Graham, H. N. (1992). Green tea composition, consumption, and polyphenol chemistry. Preventive Medicine. https://doi.org/10.1016/0091-7435(92)90041-F
  • Yang, C. S., Wang, X., Lu, G., & Picinich, S. C. (2009). Cancer prevention by tea: Animal studies, molecular mechanisms and human relevance. Nature Reviews Cancer. https://doi.org/10.1038/nrc2641
  • Oh, J., Jo, H., Cho, A. R., Kim, S. J., & Han, J. (2013). Antioxidant and antimicrobial activities of various leafy herbal teas. Food Control. https://doi.org/10.1016/j.foodcont.2012.10.021
  • Mukhtar, H., & Ahmad, N. (2000). Tea polyphenols: Prevention of cancer and optimizing health. In American Journal of Clinical Nutrition. https://doi.org/10.1021/es902577y