Les stades du développement psychosocial d'Erikson

Le psychanalyste américain Erik Erikson affirme que les personnes doivent passer par 8 étapes pour un développement sain. Quelles sont-elles ?
Les stades du développement psychosocial d'Erikson

Dernière mise à jour : 15 février, 2023

Les stades du développement psychosocial d’Erikson englobent une série de concepts qui nous permettent de comprendre comment les êtres humains évoluent de l’enfance à l’âge adulte. Cette théorie est considérée comme la base de la théorie de l’évolution et se compose de 8 étapes, chacune marquée par un conflit.

La résolution de chaque conflit à son stade voulu est ce qui permet à la personne de trouver son potentiel de croissance. Si cela ne se produit pas, il faut s’attendre à ce que des problèmes surgissent face aux défis des étapes suivantes. Poursuivez donc votre lecture pour en savoir plus.

Les stades du développement psychosocial d’Erikson

Erikson, comme Sigmund Freud, a rapporté que la personnalité se développe à travers une série d’étapes. Cependant, alors que Freud a fondé sa théorie sur les stades psychosexuels, Erikson s’est concentré sur le développement psychosocial. Autrement dit, sur la façon dont l’interaction et les relations sociales ont influencé le développement et la croissance de l’être humain.

La première fois qu’Erikson a parlé de ces 8 étapes du développement humain, c’était en 1950, dans le livre Enfance et société. Dans ce livre, il a inclus un chapitre intitulé Les huit âges de l’homme. Des années plus tard, l’auteur a élargi sa théorie dans des ouvrages tels que Identity and the Life Cycle (1959), Insight and Responsibility (1964) et The Complete Life Cycle: A Review (1982).



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Le principe épigénétique et les phases du développement d’Erikson

Erikson a postulé que le développement fonctionne sur un principe épigénétique. Il a ainsi soutenu que chaque personne traverse 8 phases de développement inhérentes à la naissance, mais qui se déroulent à la fois avec un système inné et avec des influences environnementales à travers les expériences, la culture et les valeurs.

Chaque étape s’appuie sur les précédentes et ouvre la voie à une nouvelle. Les progrès sont déterminés par les succès ou les échecs précédents. Et chaque étape couvre une série de fonctions qui sont de nature psychosociale.

Erikson les appelle des crises, et il déclare qu’elles doivent être résolues par l’ego de chaque étape pour que le développement se déroule correctement. Si quelque chose interfère avec cet ordre naturel, le développement de la personne est également affecté.

En d’autres termes, si la personne ne surmonte pas de manière optimale les conflits de chaque étape, elle risque de ne pas développer les compétences nécessaires pour faire face aux défis d’une étape suivante.

Les 4 premières étapes se concentrent sur l’enfance, tandis que les 4 autres s’étendent de l’adolescence à la vieillesse. Voyons ces étapes en détail.

Croissance et développement selon Erikson.
Le développement est compris comme le dépassement d’étapes progressives qui comportent toutes des défis.

Étape 1. Confiance vs. méfiance

Cette étape survient après la naissance et dure jusqu’à l’âge de 18 mois. La première tâche de l’ego est le développement de la confiance. Autrement dit, les enfants apprennent à faire confiance ou non. La qualité de la relation maternelle joue un rôle majeur.

Si les parents ou les soignants sont aimants et dignes de confiance, l’enfant développera plus tard le sentiment que le monde, en particulier dans le domaine social, est sûr.

Au contraire, si les parents ne créent pas cet environnement sûr, s’ils rejettent le bébé ou si les besoins fondamentaux de ce dernier ne sont pas satisfaits, le bébé développera de la méfiance. Celle-ci se manifestera par des sentiments de frustration, d’insécurité et d’insensibilité à ce qui se passe dans l’environnement.

Maintenant, il est important de préciser que cela ne signifie pas que les parents doivent être parfaits. Tomber dans la surprotection peut être aussi nocif que le fait que l’enfant développe une méfiance.

Selon Erikson, la surprotection provoque un “désajustement sensoriel” qui se manifeste par une personnalité excessivement crédule, ou avec des tendances dépressives, paranoïaques ou psychotiques.

Étape 2. Autonomie vs. la honte et le doute

Celle-ci se déroule entre 18 mois et 3 ans. C’est une phase liée à la croissance de l’autonomie, puisque l’enfant commence son développement cognitif et musculaire, surtout lorsqu’il commence à contrôler et à exercer ses sphincters. Cependant, c’est un processus qui est aussi lié à la honte et au doute, puisqu’il est progressif.

Encore une fois, les parents ou tuteurs sont des figures déterminantes. Il ne convient pas que ceux-ci découragent ou poussent trop l’enfant, car ce dernier a besoin d’explorer et de manipuler son environnement pour développer son autonomie.

Si les parents interviennent ou apportent des solutions, l’enfant pensera qu’il est incapable de faire les choses par soi-même et finira par abandonner. Il ne convient pas non plus de se moquer de la situation ou de réprimander l’enfant, car cela renforcera son sentiment de honte et le fera douter de ses capacités.

La réussite de cette phase permettra à l’enfant de développer une estime de soi forte et saine. S’il y a interférence, l’enfant aura du mal à résoudre de petits problèmes et ne développera pas assez de confiance en lui pour prendre des décisions.

Étape 3. Initiative vs. blâme

Cette étape se déroule de 3 à 5 ans. Le développement intellectuel et physique de l’enfant progresse rapidement. Son intérêt à interagir avec d’autres enfants grandit : il veut tester ses compétences et ses capacités. Au cours de cette période, la curiosité est plus grande, il convient donc de stimuler l’enfant pour développer sa créativité.

Maintenant, si l’enfant peut déjà prendre le contrôle du jeu, il doit aussi être responsable… Et coupable. D’une certaine manière, éprouver de la culpabilité lui fera reconnaître des choses qui ne vont pas.

Cependant, il faut éviter que ce sentiment ne s’exprime de manière excessive, car il pensera qu’il est incapable de faire face à de nouveaux défis. Autrement dit, la culpabilité nourrit la peur.

Étape 4. Travail assidu vs. infériorité

De 5 à 13 ans, survient l’une des étapes les plus décisives du développement psychosocial. Selon Erikson, les enfants commencent progressivement à remplacer les envies de jeu pour accomplir des tâches plus difficiles.

Leur intérêt à réaliser des activités qui nécessitent leurs propres efforts, connaissances et compétences est beaucoup plus grand. Ils espèrent également obtenir une reconnaissance. Dans tous les cas, tant la famille que l’école et les agents sociaux sont essentiels à leur stimulation positive.

Si l’enfant a des difficultés à relever les défis de cette phase, il peut éprouver un certain sentiment d’infériorité. Il est essentiel de lui apporter de l’aide pour la gestion des échecs, autrement il choisira d’écarter tout défi qu’il juge difficile juste par peur de ressentir de nouveau ce sentiment. Cela peut même se refléter dans sa façon de se comporter avec les autres camarades de classe.

Étape 5. Identité vs. diffusion identitaire

À ce stade du développement psychosocial d’Erikson, les enfants deviennent des adolescents. Concrètement, cette phase se déroule entre 13 et 21 ans. C’est une période où la question « qui suis-je ? » revient constamment. La raison en est que c’est le moment où la personnalité commence à se modeler.

Les adolescents choisissent le rôle ils veulent avoir dans la société. Par conséquent, ils agissent de manière plus indépendante et accordent plus d’importance à la vie sociale. De plus, des réflexions sur l’avenir apparaissent, telles que quoi étudier ou où vivre. À la suite de leurs expériences, ils renforcent leur identité.

Il est important qu’au cours de cette étape, il y ait un discernement entre les activités adaptées à l’âge et celles qui sont vues comme enfantines. Erikson souligne que la réussite de cette phase signifie une base solide pour la vie adulte.

Étape 6. Intimité vs. isolement

À ce stade, les adolescents deviennent de jeunes adultes. Cette étape se déroule entre 21 et 39 ans. Bien que le besoin de répondre aux désirs de l’environnement et de « s’intégrer » soit toujours présent, des limites commencent à être tracées : la personne ne va pas se sacrifier pour plaire aux autres.

La tâche principale à ce stade est d’atteindre un certain degré d’intimité, ce qui s’avère contraire à l’isolement. C’est-à-dire que la personne change sa façpm d’entrer en relation ; elle recherche des relations intimes dans lesquelles il y a un plus grand engagement mutuel. Cela générera un sentiment de sécurité et de confiance.

Lorsque la personne ne trouve pas de partenaire, la promiscuité et la solitude apparaissent. Il y a une tendance à choisir des relations superficielles et à adopter un comportement autodestructeur. L’isolement crée de l’insécurité et un sentiment d’infériorité qui conduit à des problèmes de caractère et à l’insécurité.

Étape 7. Générativité vs. stagnation

Au milieu de l’âge adulte, entre 40 et 65 ans, la personne commence à consacrer plus de temps aux affaires familiales et professionnelles. C’est une étape qui se caractérise par la recherche d’un équilibre entre productivité et stagnation. La productivité a à voir avec le souci des générations futures, non seulement les êtres chers, mais la société en général.

À ce stade, la personne comprend que la vie ne tourne pas autour d’elle. Par conséquent, elle cherche à contribuer à la société et à laisser un héritage. Comme exemples, Erikson cite l’enseignement, l’écriture, l’activisme social et les arts. Atteindre cet objectif conduit à un sentiment d’accomplissement.

Lorsque la personne sent qu’elle n’a pas contribué à la société, elle en vient à penser qu’elle n’en est pas capable et perd son sentiment d’accomplissement. Elle peut même entrer dans une dynamique consistant à ne pas arrêter de faire des choses pour se sentir utile, ce qui aura des répercussions négatives.

Héritage de père en fils.
Le sentiment d’héritage est le sentiment de devoir transmettre quelque chose aux générations futures.

Étape 8. Intégrité de l’ego vs. désespoir

La dernière étape survient après l’âge de 65 ans, pendant la vieillesse. C’est le moment où la personne n’est plus aussi productive, ses capacités sont réduites et des situations de deuil commencent à se produire, comme la mort d’amis et d’êtres chers. Erikson stipule que la personne a deux options : choisir l’intégrité ou le désespoir.

L’intégrité, c’est pouvoir regarder en arrière avec le sentiment d’avoir laissé une marque, d’avoir accompli quelque chose et que la vie en a valu la peine. Atteindre cet état permet, entre autres, de résoudre les problèmes en suspens. Par exemple, se réconcilier avec une personne.

Au contraire, le désespoir évoque la nostalgie et fait prédominer la peur de la mort. Il y a un désespoir constant et une peur de perdre son autonomie et ses proches.



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Pourquoi la théorie du développement psychosocial est-elle importante ?

Bien que les stades de développement psychosocial d’Erikson aient été remis en question, cette théorie a joué un rôle important dans le développement des études sociales et scientifiques. Ses contributions ont permis de comprendre en grande partie comment une personne acquiert et façonne sa personnalité et son identité sociale.

À partir de là, des stratégies ont été élaborées pour faire face aux situations critiques que la personne ne peut pas résoudre. Cette théorie a également été utile pour la gestion et la prévention de troubles, tels que l’anxiété et la dépression.


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