Lésions de dégantage : définition et classification

Les lésions de dégantage sont des blessures à caractère traumatique dans lesquelles les parties molles du tissu sont gravement endommagées au point de laisser à la vue le tissu osseux.
Lésions de dégantage : définition et classification

Dernière mise à jour : 21 septembre, 2021

Dans le milieu de la médecine, les lésions traumatiques qui arrachent les tissus mous de la peau dans des zones étendues et laissent à la vue l’os s’appellent « lésions de dégantage ». En général, celles-ci affectent les extrémités.

On les appelle aussi lésions de détachement, avulsions, déchirures ou épanchements. Leurs conséquences, dans la majorité des cas, n’ont pas de solution. Quand ces lésions traumatiques affectent la tête ou le torse, elles sont potentiellement mortelles.

La classification des lésions de dégantage

La classification des lésions de parties molles peut aider à comprendre leur véritable extension et leurs implications. On utilise la classification de Tscherne décrite dans une étude publiée en dans Clinorthop en 2014. Selon la classification de Tscherne, les lésions de parties molles se regroupent comme suit :

Degré 0

Les lésions de degré 0 apparaissent dans les fractures à faible énergie, comme par exemple les fractures spiroïdes du tibia des skieurs. Il n’y a pas de signes cliniques de lésions.

Degré I

Dans ce groupe, les lésions apparaissent quand les fractures à énergie modérée. Par exemple, les fractures de luxations de cheville. L’énergie libérée produit une contusion des parties molles entre légère et modérée. Aussi, des lésions de parties molles peuvent apparaître à cause de la pression que le fragment de fracture exerce sur elles.

 Degré II

Quant aux lésions de degré II, on prend pour origine le mécanisme de haute énergie. Un exemple de ce type de lésions sont les fractures de tibia fermées dues aux accidents de voiture.

Dans ces cas, les parties molles absorbent beaucoup d’énergie au moment de l’impact, et comme conséquence, une contusion profonde se produit. Dans cette catégorie, on inclue aussi les syndromes imminents des compartiments.

Degré III

Ces dernières sont associées à des dommages cutanés et musculaires graves. Par exemple :

  • Lésions vasculaires.
  • Syndrome de loge avancé : c’est une condition sérieuse qui implique une augmentation de la pression dans un compartiment musculaire. Elle peut endommager des nerfs et des muscles, comme les problèmes de flux sanguin.
  • Lésions de dégantage.
La classification des lésions de dégantage
Les lésions de dégantage sont classées par degrés selon la gravité et l’extension des lésions.

Les avancées de la classification de Tscherne

La classification de Tscherne a été récemment amplifiée. Dans cette amplification, on utilise une échelle de cinq points qui quantifie de manière indépendante la gravité de l’état de la peau, de l’état du muscle-tendon et des lésions neuro-vasculaires.

En ce qui concerne les lésions de dégantage, cette classification est plus précise que la précédente. Cependant, la majorité des spécialistes utilisent encore celle de Tscherne.

Même si classer les lésions de parties molles peut être utile, en réalité, leur gravité augmente de manière continue. C’est pour cela qu’il s’avère difficile de classer une lésion déterminée de manière fiable.

Lésions de dégantage et classification de Tscherne
L’échelle de classification a changé au cours du temps : plus de facteurs et d’aspects à valoriser sont apparus.

Le traitement des lésions de dégantage

La reconnaissance et la gestion des parties molles est l’un des aspects les plus importants du traitement. L’assistance d’un professionnel de santé est indispensable et urgent dans ces cas-là.

Les lésions qui appartiennent au degré II et III évoluent généralement mieux si l’on utilise un fixateur externe temporaire, retardant ainsi la chirurgie. Les lésions de dégantage nécessitent presque toujours des interventions de chirurgie majeure.

De plus, une étude publiée dans Journal of Emergencies souligne l’importance d’un point de vue multidisciplinaire. Certaines options de traitement incluent :

  • Réimplantation : elle consiste à assembler les parties du corps qui ont été amputées. Par exemple, les doigts de la main.
  • Revascularisation : elle consiste en l’administration de sang aux zones qui souffrent d’un grand manque de flux sanguin.

Quand cela n’est pas possible, on injecte de la peau ou des lambeaux. Cependant, à certaines occasions il n’est pas possible de conserver les membres, et une amputation est alors nécessaire.

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Après la chirurgie, le patient devra avoir recours à des sessions de physiothérapie post-opératoires. Comme le détaillent la source citée, les éventuelles séquelles dépendront de la gravité de la lésion et du traitement utilisé.

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