Médicaments utilisés lors d’une intubation

19 juin 2020
Pour réaliser une intubation, il est nécessaire d'administrer un ensemble de médicaments que nous vous présenterons au fil de cet article.

La compromission des voies respiratoires et de la ventilation est l’une des causes de mort et/ou de morbidité sévère chez les adultes et les personnes âgées. C’est pourquoi, les techniques de réanimation cardio-pulmonaire, telles que l’intubation, font partie des éléments les plus importants de la gestion de ce type d’urgences. Quels sont les médicaments utilisés lors d’une intubation ?

L’intubation est une procédure très fréquente dans les services d’urgence et de soins intensifs. Et ce quelle que soit la pathologie à l’origine de la nécessité d’une gestion avancée des voies aériennes.

Cette technique présente des difficultés en raison de l’anatomie des structures laryngées, du temps limité pour résoudre le problème ainsi que la mauvaise visualisation des structures. C’est pourquoi on utilise certains médicaments qui peuvent aider le professionnel à réaliser plus facilement l’intubation.

En quoi consiste une intubation ?

La réalisation d'une intubation sur un mannequin

L’intubation consiste en l’introduction rapide d’un tube dans la trachée afin d’ouvrir une voie d’air. En introduisant le tube, le patient peut gérer plus facilement le fonctionnement des voies respiratoires.

D’autre part, l’intubation est la méthode favorite pour contrôler les voies aériennes d’un patient en raison des avantages qu’elle présente. En effet, elle isole les voies respiratoires, permettant ainsi de les garder perméables. De plus, elle prévient également l’insufflation gastrique, autrement dit, que l’estomac se remplisse d’air.

Par ailleurs, cette technique facilite l’aspiration trachéale profonde tout en assurant l’administration d’une forte concentration d’oxygène. Cette procédure élimine également le besoin de maintenir le masque sur le visage. Et fournit une voie supplémentaire pour l’administration des médicaments.

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A quel moment faut-il recourir à l’intubation ?

Il existe des indications précises pour réaliser cette procédure, la plus fréquente étant l’arrêt respiratoireToutefois, il existe d’autres situations qui nécessitent une intubation.

Les patients qui doivent isoler ou protéger leurs voies respiratoires, ceux qui souffrent d’un traumatisme crânien avec une échelle de Glasgow inférieure à 8 points ou ceux qui souffrent d’une insuffisance respiratoire de plus de 30 ou de moins de 10 respirations par minute, sont tous des patients qui devront être intubés.

De plus, l’intubation peut aussi être préconisée sur les personnes qui ont souffert d’une insuffisance respiratoire imminente. Ou qui ont subi un œdème dans les voies respiratoires. Que ce soit pas brûlure ou anaphylaxie.

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Médicaments utilisés

Une intervention chirurgicale nécessitant une intubation

Pendant l’intubation, l’organisme produit une puissante réaction de choc adrénergique qui entraîne une tachycardie, une hypertension ainsi qu’une augmentation de la pression intracrânienne et oculaire.

Par conséquent, une étape que l’on nomme pré-oxygénation est nécessaire. On y administre les médicaments suivants dans le but de réduire cette réaction physiologique :

  • Lidocaïne : ce médicament est indiqué chez les patients souffrant d’hypertension intracrânienne ou d’une augmentation de la réactivité bronchique. La dose de lidocaïne recommandée est de 1,5 mg/Kg, idéalement 3 minutes avant l’intubation.
  • Fentanyl : il s’agit d’un opioïde qui diminue la réaction sympathique. Autrement dit, la tachycardie et l’hypotension artérielle. Il est essentiel d’être prudent avec l’usage de ce médicament car il entraîne des dépressions respiratoires
  • Atropine : il est recommandé pour prévenir la bradycardie chez les enfants
  • Dose perturbatrice d’un bloqueur neuromusculaire : actuellement non recommandé car le bénéfice réel de la réduction de la fasciculation est méconnu. Cependant, les effets indésirables de ce type de médicaments sont connus

D’autre médicaments utilisés lors d’une intubation

Lors de la phase d’induction et de paralysie, des médicaments sédatifs conduisant à la perte de conscience sont administrés successivement. Ainsi qu’un relaxant neuromusculaire, généralement la succinylcholine. Parmi les agents inducteurs et bloqueurs neuromusculaires les plus utilisés en clinique, on trouve :

  • Etomidate : c’est l’inducteur à effet hypnotique le plus utilisé. Il n’affecte pas l’hémodynamique
  • Kétamine : il s’agit du seul médicament dont la stabilité hémodynamique est comparable à celle de l’étomidate. C’est un anesthésique dissociatif. Il produit une libération de catécholamines, qui entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle et du débit cardiaque. Ce médicament est idéal chez les patients hypotendus
  • Propofol : ce médicament est largement utilisé dans l’induction de l’anesthésie car c’est un sédatif-hypnotique à action très courte. Son principal avantage est qu’il présente un début d’action rapide ainsi qu’une courte durée. En plus d’avoir des actions antiémétiques
  • Barbituriques : le thiopental est, de même que le propofol, très utilisé en anesthésie. Il est recommandé pour les patients suspectés d’hypertension endocrânienne et dont l’hémodynamique est stable
  • Benzodiazépines : le midazolam est le médicament de cette catégorie le plus employé en raison de son effet relativement rapide et de sa courte durée par rapport aux autres médicaments de sa famille. Il possède également un effet amnésique plus important

 

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