Mycoplasme génital : causes, symptômes et traitement

17 février 2020
Le mycoplasme génital est une bactérie qui a été découverte il y a relativement peu de temps. Il est important de la connaître afin de savoir comment prévenir l'infection qu'elle provoque.

Il est probable que vous n’ayez jamais entendu parler du mycoplasme génital, car il s’agit d’un nom très technique et scientifique, comme tous les noms de bactérie. Il est vrai cependant que certaines bactéries sont plus connues que d’autres parce que leur diffusion a été plus importante. La découverte du mycoplasme génital est, elle, relativement récente.

On connaît cette bactérie depuis les années 80, plus précisément depuis 1981. Cette année-là, la bactérie a été identifiée chez deux patients qui souffraient d’urétrite ; le germe qui, généralement, est à l’origine de cette maladie, à savoir le gonocoque, n’était pas la cause de la maladie chez ces deux patients.

Ce fut au cours des années 80 que des études scientifiques ont confirmé avec certitude que cette bactérie était à l’origine de maladies sexuellement transmissibles (MST). L’étude publiée en 2015 dans la revue International Journal of Epidemiology en est la confirmation.

Le mycoplasme génital est une bactérie qui appartient à la famille de bactéries appelée micoplasma. Dans cette famille, on trouve la bactérie micoplasma pneumoniae ou encore la bactérie micoplasma hominis.

Le mycoplasme génital est la plus petite bactérie que nous connaissons pouvant vivre de façon indépendante ; c’est également la deuxième plus petite bactérie que nous, êtres humains, connaissons à l’heure actuelle. Cette bactérie se comporte comme un parasite dans les cellules humaines. Elle vit dans les cellules de l’appareil respiratoire et de l’appareil reproducteur. Pour ces raisons, il est difficile de diagnostiquer son infection, car elle n’apparaît pas dans les microscopes traditionnels lors des examens diagnostiques. De plus, pour la cultiver, des laboratoires très spécialisés sont nécessaires.

Les causes du mycoplasme génital

Un mycoplasme au microscope

Le lieu de nidification du mycoplasme génital se trouve dans les cellules de l’appareil reproducteur de l’être humain. C’est pour cette raison que son infection peut être considérée comme une maladie sexuellement transmissible.

Nous comprenons alors que la contagion est liée à des rapports sexuels. Un individu porteur de la bactérie transmet la bactérie à l’autre : via l’échange de fluides lors des rapports sexuels (rapports vaginaux, anaux ou oraux), la bactérie peut passer d’un hôte à un autre. Cela est bien entendu le cas si les deux conditions suivantes sont réunies : pendant un rapport sexuel, l’un des participants a un mycoplasme génital, et aucun moyen de protection n’est utilisé (un préservatif, par exemple).

Le préservatif est le moyen le plus efficace de prévenir l’infection de la bactérie en question. Le risque d’infection est plus important chez les personnes qui n’utilisent pas de préservatif lors d’un rapport sexuel, mais aussi chez celles qui ont recours à des jouets sexuels et qui ne prennent pas en considération les mesures hygiéniques de base.

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Les symptômes de l’infection du mycoplasme génital

L'usage de préservatifs contre le mycoplasme génital

Étant de nature de très petite taille, le mycoplasme génital a tendance à se cacher. Il est possible que la personne infectée ne présente aucun symptôme au début de l’infection. En général, la bactérie se manifeste qu’au bout d’une à trois semaines après son arrivée dans l’organisme.

Les symptômes qui se présentent chez les femmes sont différents de ceux qui se présentent chez les hommes.

  • En ce qui concerne les hommes, la présentation la plus commune est l’urétrite, à savoir une inflammation de l’urètre. L’urètre est le conduit par lequel l’urine circule vers l’extérieur du corps
  • En ce qui concerne les femmes, la présentation la plus commune est la cervicite, à savoir une inflammation du col de l’utérus

Les désagréments liés au mycoplasme génital chez l’homme sont les suivants :

  • une sensation de brûlure lorsqu’il urine, voire même une douleur
  • des démangeaisons
  • des sécrétions à travers l’urètre vers l’extérieur dont l’aspect est très différent à celui de l’urine

Les désagréments liés au mycoplasme génital chez la femme sont les suivants :

  • des démangeaisons vaginales
  • des douleurs au niveau du bassin
  • un saignement pendant les rapports sexuels
  • une augmentation du flux vaginal avec des changements d’odeur
  • des gênes au moment d’uriner

De récentes études scientifiques ont fait un parallèle entre l’infection par mycoplasme génital avec l’infertilité lorsque l’infection n’est pas traitée à temps. Chez les femmes enceintes, un mycoplasme génital peut avancer le travail d’accouchement ou provoquer un avortement spontané.

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Le traitement

Étant donné qu’il est difficile d’établir un diagnostic précis, les protocoles médicaux proposent un traitement empirique aux patients qui présentent des symptômes de maladies sexuellement transmissibles. En d’autres termes, des antibiotiques sont prescrits avant les examens diagnostiques confirmatifs. Plus précisément, le médecin prescrit des médicaments capables d’éliminer les pathogènes les plus fréquents responsables des maladies sexuellement transmissibles.

Une personne qui présente les symptômes cités auparavant se verra très certainement administrée des antibiotiques de deux variétés dans le cadre d’un traitement pouvant être constitué d’une seule dose ou bien s’étendre sur sept jours. Si les symptômes persistent après ce traitement empirique, le médecin prescrira une deuxième ronde d’antibiotiques, des médicaments au spectre différent.

Pendant le traitement, il est fondamental que l’individu n’ait aucun rapport sexuel jusqu’à ce que l’éradication de l’infection soit confirmée. Le traitement en couple permet d’éviter une nouvelle infection.

 

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