Pourquoi vous ne devriez pas consommer ces 5 poissons

26 décembre 2020
Certaines variétés de poissons peuvent être contaminées au mercure et autres métaux lourds. Il vaut donc mieux éviter de les consommer. Nous détaillons la question dans cet article.

A ce sujet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) souligne que la principale source d’exposition des humains aux composés toxiques provient de la consommation de poissons et de fruits de mer. Plus concrètement, ces substances affectent la santé et représentent surtout un danger significatif pour les femmes enceintes et allaitantes.

Poissons à éviter : pourquoi ?

Depuis plusieurs années, on sait que de nombreuses espèces marines, en particulier celles qui se trouvent en bout de chaîne alimentaire, peuvent accumuler des métaux lourds comme du cadmium, du plomb et du mercure. Ces derniers proviennent des industries minières, de l’élevage, de l’agriculture, entre autres.

Les concentrations peuvent être suffisamment élevées pour être mortelles. La baie de Minamata, au Japon, a de fait connu une intoxication massive de ce genre au début des années 50. C’est resté le cas le plus connu d’empoisonnement dû à la consommation de poissons à forte teneur en mercure.

Un beau loup de mer prêt à déguster.
L’intoxication suite à la consommation de poissons contaminés peut être mortelle. C’est pour cela qu’il est important d’en connaître les espèces à risque.

Effets du mercure sur la santé humaine

Selon une étude publiée dans la revue médicale du Chili, la toxicité du mercure des poissons varie selon la forme chimique, le type, le taux d’exposition et l’âge auquel il a été exposé. Quand ce métal se libère dans l’environnement, il traverse une série de transformations et entre dans les échanges entre l’atmosphère, l’océan et la terre.

Les 5 % qui terminent dans l’eau (en comptant les lacs, lagunes, zones humides, marais et océans), se présentent sous forme de mercure élémentaire qui s’accumule dans les sédiments. Les bactéries qui y vivent vont le transformer en méthylmercure, qui sera ingéré plus tard par les vers et autres animaux.

Le méthylmercure est la substance organique que finissent par manger les poissons, et qui présente une toxicité grave pour les organismes vivants car elle affecte :

  • Le système nerveux.
  • Le système immunitaire.
  • Les reins. 
  • L’appareil digestif.
  • Les poumons.
  • La peau.
  • Les yeux.

Les poissons à ne pas consommer régulièrement

Maintenant que nous connaissons ces faits, il faut savoir que certaines espèces peuvent vivre plus de 100 ans. L’absorption de ces substances tout au long de leur vie augmente donc leur toxicité potentielle.

Par ailleurs, les gros poissons finissent par en absorber en grande quantité car ils ingèrent beaucoup de nourriture. Nous vous indiquons ci-dessous quels sont les poissons que vous devriez éviter de manger.

Maquereau royal (Scomberomorus cavalla)

Le maquereau royal est un poisson marin qui a un corps allongé et fuselé. Son museau est pointu et sa bouche est large. Il a également de grands yeux qui sont entourés d’un anneau osseux fermé. Son corps est couvert de petites écailles, son dos est d’un bleu-vert vif, ses flancs sont vert pâle et son ventre argenté.

Il mesure en général 65 cm de long, mais les mâles peuvent atteindre une longueur de 2 m. Cette espèce habite l’océan Atlantique, depuis le Canada et le Massachusetts (États-Unis) jusqu’à São Paulo (Brésil).

Makaire bleu (Makaira nigricans) 

Il s’agit d’une espèce de marlin qui peut dépasser 4 mètres de long, bien qu’il mesure généralement entre 1,80 et 3 m. On le connaît également sous d’autres noms, tels que “marlin bleu” ou “marlin bleu de l’Atlantique” en raison de la couleur de son dos. Il est par contre d’un blanc argenté au niveau du ventre.

Son corps est allongé et possède deux nageoires dorsales. Quant à la mâchoire supérieure, elle est en forme d’épée. En général, ce poisson vit dans les eaux subtropicales et tropicales de l’Atlantique, y compris sur les côtes des îles Canaries.

On le trouve également dans les océans Pacifique et Indien. Les femelles pèsent jusqu’à 450 kg, tandis que les mâles ne dépassent pas les 160 kg.

Hoplostèthe orange (Hoplostethus atlanticus)

Ce poisson de mer habite l’est et le nord-ouest de l’océan Atlantique, le sud de l’océan Pacifique et l’océan Indien. Son corps est ovale et particulièrement aplati. Il a une grosse tête, de petits yeux et de minuscules dents. Sa tête est rouge et son corps est orange foncé.

Il vit à des profondeurs de 180 à 1500 mètres, et est capturé en tant qu’espèce ciblée avec des chalutiers de fond mixtes. L’hoplostète orange est le poisson qui a l’espérance de vie la plus longue. On estime qu’il peut atteindre les 180 ans.

Des poissons frais à consommer.
La consommation de poissons contaminés au mercure est une cause fréquente d’intoxication alimentaire.

Cabillaud (Gadu morhua)

Le cabillaud commun, également connu sous le nom de “cabillaud de l’Atlantique” ou “cabillaud de Norvège”, est l’une des 60 espèces de poissons migrateurs. Il habite l’océan Atlantique Nord-Est, de la mer de Barents au golfe de Gascogne, en passant par les eaux de l’Islande, du Groenland et de la mer Baltique.

Il est généralement petit, bien que certains spécimens puissent atteindre 2 m de long et peser jusqu’à 100 kg. Ils se nourrissent d’autres poissons tels que le hareng ou la sardine. On les trouve à une profondeur de 600 mètres.

Thon aux grands yeux (Thunnus obesus)

Le thon aux grands yeux est l’une des espèces dans lesquelles il peut y avoir une quantité considérable de mercure. Il convient de noter que ce n’est pas le cas pour le thon de la Méditerranée. Cette variété est également connue sous le nom de “thon obèse”, “thon ventru”, “patudo”, entre autres.

Il habite les zones tropicales et subtropicales des océans Atlantique, Indien et Pacifique, mais on ne le trouve pas en mer Méditerranée. Il peut mesurer jusqu’à de 2,50 m de long, mais atteint généralement 1,80 m autour de ses 15 ans.

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Evitez de consommer ces poissons

Il s’agit d’espèces qui peuvent accumuler un excès de métaux lourds, en particulier le méthylmercure. Il convient de noter que d’autres poissons en contiennent, mais en quantité généralement peu significative.

Par ailleurs, les personnes les plus vulnérables à ces substances toxiques sont les femmes en âge de procréer, les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les enfants de moins de 2 ans, étant donné les effets négatifs de ces composés sur la santé. Bien entendu, cela ne signifie pas que les autres groupes de population ne sont pas concernés.

Notez bien que manger des quantités modérées de certains des poissons que nous avons décrits ne nuira pas à votre santé. Vous pouvez donc le faire occasionnellement, sans tomber dans l’excès.

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