Qu’est-ce qu’un dermatofibrome ?

8 septembre 2020
Un dermatofibrome peut être confondu avec un grain de beauté ou une cicatrice. Il s'agit de nodules bénins sur la peau qui ne causent généralement aucune gêne, au-delà de leur aspect peu esthétique. Comment les reconnaître ?

Le dermatofibrome, aussi appelé histiocytofibrome, est une tumeur bénigne qui apparaît fréquemment. Vous avez d’ailleurs peut-être déjà remarqué une petite protubérance marron sur vos bras ou vos jambes, qui ressemble à une cicatrice, un nævus ou un poil incarné.

Ces lésions se créent à cause de l’accumulation de collagène sur la peau et sont connues sous le nom de dermatofibrome. Nous allons vous expliquer, au fil de cet article, pourquoi ils se développent, comment les reconnaître et quelles sont les options thérapeutiques pour les contrôler.

Pourquoi le dermatofibrome apparaît-il ?

Actuellement, on ne connaît pas exactement la cause du dermatofibrome mais on l’associe le plus fréquemment à des piqûres d’insectes, de petites blessures, des piqûres avec une épine ou des poils incarnés.

Les femmes ont une plus grande prédisposition que les hommes à souffrir de cette condition. Par ailleurs, une étude détaille que la prévalence chez les adultes a lieu entre la seconde et quatrième décennie de vie.

L'apparition d'un petit dermatofibrome.

Symptômes

Dans la majorité des cas, ils ne génèrent aucun désagrément, même s’ils peuvent parfois causer une légère douleur, de façon occasionnelle, surtout si nous les pressons. Il est important de consulter un médecin spécialiste quand on remarque une nouvelle excroissance sur la peau. Généralement, les dermatofibromes :

  • Sont de couleur marron-rougeâtre (ils peuvent changer de couleur avec le temps et, chez les personnes qui ont une peau foncée, ils sont plus foncés)
  • Se localisent sur les jambes mais peuvent aussi apparaître sur le tronc ou les bras
  • Sont petits (moins d’un centimètre)
  • Sont très durs au toucher
  • Se développent lentement
  • Provoquent parfois du prurit ou une sensibilité au toucher
  • Ont du relief et peuvent saigner

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Chez des patients immunodéficients (qui ont reçu une transplantation, avec VIH, etc.), un grand nombre de dermatofibromes peut surgir de façon soudaine. On les confond souvent avec des kystes, des cicatrices et des grains de beauté.

Diagnostic du dermatofibrome

Le diagnostic des dermatofibromes se réalise lors d’une consultation médicale, à travers une série de questions. Le spécialiste s’intéressera aux précédentes lésions possibles dans la zone du dermatofibrome. Il posera aussi des questions sur les symptômes et fera un examen à travers le toucher. Après cela, il pourra déterminer s’il y a un problème.

En comprimant les bords de la lésion, une fossette caractéristique se crée. Si le diagnostic n’est pas sûr, on peut avoir recours à la dermatoscopie ou recommander une ablation du dermatofibrome, pour qu’il soit examiné sous un microscope.

Diagnostics différentiels

Il existe plusieurs pathologies qui présentent des caractéristiques cliniques similaires et qui doivent être prises en compte au moment d’établir un diagnostic différentiel ; par exemple, le dermatofibrosarcoma protuberans (variété maligne de cette tumeur). Face à cette possibilité, l’ablation est justifiée.

Les diagnostics différentiels incluent :

  • Cicatrice hypertrophique ou chéloïde
  • Prurigo nodulaire
  • Nævus bleu
  • Kératoacanthome
  • Xanthogranulome juvénile
L'examen d'un dermatofibrome sur le dos d'un homme.

Pronostic du dermatofibrome

Les dermatofibromes sont généralement bénins. Dans de très rares cas, ils se développent en métastases. Une lésion qui se réitère doit donc être surveillée pour éliminer toute possibilité de malignité. Ces tumeurs ne se résolvent que très rarement de manière spontanée. Par ailleurs, elles laissent des zones d’hypopigmentation post-inflammatoire.

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Quelles sont les options thérapeutiques pour le dermatofibrome ?

Cette lésion cutanée ne se résout pas de façon spontanée. Elle n’a cependant pas besoin de traitement spécifique car on ne la considère pas comme un risque pour la santé. On ne traite que les dermatofibromes qui créent une gêne esthétique ou une symptomatologie (douleur ou prurit). Découvrez les principaux traitements.

Ablation chirurgicale

Avec l’emploi de la chirurgie conventionnelle, il est inévitable de voir apparaître une petite marque (cicatrice) car le dermatofibrome est profond. Cette pratique peut se faire sous anesthésie locale. Dans environ 10 % des cas, la lésion peut se reformer.

Cryochirurgie

La congélation avec du nitrogène liquide est le traitement le plus utilisé. Selon une étude publiée dans Mc Gill Journal of Medicine, elle diminue ou détruit l’induration de la tumeur et provoque un éclaircissement de sa couleur, même si cela ne se produit pas dans tous les cas.

Laser CO2

À travers la vaporisation de CO2 par laser, on peut obtenir des résultats satisfaisants. Cependant, la cicatrice reste parfois hyperpigmentée à cause de la localisation profonde de la lésion.

Le laser CO2 est très utilisé dans le champ de la médecine esthétique pour le traitement des verrues et certains signes de photovieillissement. À travers l’émission d’une longueur d’ondes spécifique, il entraîne la destruction de certaines couches de la peau.

Il s’agit d’un procédé bien toléré qui peut provoquer, comme effet adverse, un rougissement fugace de la zone traitée.

À quelle fréquence faut-il réaliser des contrôles ?

Il n’est pas nécessaire de réaliser un contrôle périodique avec le dermatologue car il s’agit d’une tumeur bénigne. Si la lésion montre des irrégularités, en revanche, il est nécessaire de consulter :

  • Bords mal définis
  • Croissance rapide
  • Réapparition après l’ablation chirurgicale
  • Augmentation de la profondeur

Si le dermatologue soupçonne une autre maladie, il sera nécessaire de faire des examens complémentaires. Dans le reste des cas, aucun traitement n’est requis, au-delà des préférences esthétiques.

 

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