Une récente étude affirme que plus vous faites de l’exercice, moins vous consommez d’énergie

· 2 mars 2017
Un entraînement physique intense ne signifie pas une plus grande consommation énergétique car le corps est capable de s'adapter à n'importe quelle activité au bout d'un moment. C'est du moins ce qu'affirme une étude récente.

 

Des milliers de personnes passent de longues heures à s’entraîner à la salle de sport car on leur a toujours dit que plus leur entraînement sera intense, plus elles brûleront des calories.

S’il est évident que l’activité physique est déterminante pour conserver un poids stable et sain, l’effort démesuré n’est pas aussi efficace que l’on veut bien nous faire croire.

C’est ce qu’a pu mettre en exergue une étude récente, dirigée par Herman Ponzer, un chercheur de l’Université de New-York, dans laquelle il suggère que celleux qui font des exercices de forte intensité brûlent autant de calories que celleux qui en font de manière modérée.

Les résultats ont été publiés dans la revue Current Biology, où il est détaillé que l’activité physique a une limite de dépenses énergétiques qui n’augmentent pas avec l’intensité ou le temps d’entraînement.

Cela démontre, une fois de plus que le corps humain s’adapte plus facilement aux changements pour réguler et maintenir les niveaux d’énergie appropriés.

La recherche…

En été 2010, le chercheur Herman Ponzer entreprend un rapprochement très intéressant avec l’un des derniers peuples de chasseurs cueilleurs d’Afrique : les Hadza.

Il s’est consacré à l’étude des dépenses énergétiques de ces personnes, qui réussissent à marcher plus de 10 kilomètres chaque jour et qui utilisent les capacités de leur corps pour différents types de travaux quotidiens.

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Ponzer a sélectionné un groupe de 30 hommes et femmes de ce peuple et il leur a demandé de boire une petite quantité d’eau contenant des isotopes lourds d’hydrogène et d’oxygène.

Une fois les atomes administrés, il a surveillé les tests d’urine des volontaires pendant deux semaines pour déterminer quelles ont été leurs dépenses d’énergie.

Le bon sens voudrait que l’on pense que ces individus, bien plus actifs que les sédentaires des autres endroits du monde, brûlent plus de calories. Mais le chercheur a été surpris de découvrir que la différence était minime, voire nulle.

C’est parce que les organismes de Hadza s’adaptent au style de vie qu’ils ont et ont un équilibre énergétique similaire à celui des populations urbaines.

Ces premières découvertes, publiées en 2012 par la revue PLoS ONE, ont servi de prémices à une autre recherche de Ponzer, qui vient de sortir dans Current Biology et dans laquelle il questionne certaines des stratégies que l’on utilise pour prévenir l’obésité.

Les approches ont montré que pour réduire la masse corporelle, il faut brûler le plus de combustible possible grâce à la pratique intense d’exercices physiques. Cependant, beaucoup de patient-e-s en surpoids et obèses montrent bien que cette stratégie n’est pas la plus efficace.

Face à cela, Ponzer et son équipe de recherche a collecté les données de 300 hommes et femmes pendant une semaine, mesurant les niveaux d’exercices et leur régime alimentaire.

Dans les analyses, il a été observé qu’au début, l’activité physique et les dépenses énergétiques étaient liés. Mais à partir d’une certaine quantité ou intensité d’exercices, la consommation d’énergie se stabilise et il est possible de brûler une certaine quantité de calories seulement.

De plus, il a démontré que plus le pourcentage de graisse corporelle est élevée chez la personne, plus les dépenses d’énergie sont élevées.

Le chercheur affirme qu’il ne veut pas que les résultats apportent une confusion concernant les bienfaits des exercices.

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« Nous savons que l’exercice est très important pour la santé et cette étude ne modifie pas ce message, assure-t-il, mais il faut aussi faire très attention à son régime alimentaire.

« Faire des exercices peut aider à perdre du poids, mais faire attention à ce que l’on mange peut avoir un impact bien plus positif », affirme-t-il.

Si cet aspect est bien clair, sachez à présent qu’il n’existe pas encore de données détaillées sur le comportement des volontaires qui ont participé à l’étude, même si on voit que le niveau modéré d’exercices peut être atteint en marchant à pas rapides quelques kilomètres ou quelques minutes par jour.

À partir de là, les auteurs veulent débuter une nouvelle investigation pour déterminer la manière dont le corps répond face à une augmentation de l’activité physique pour équilibrer l’énergie consumée.

Pour cela, ils souhaitent étudier la manière dont l’organisme humain répond aux variations d’activité, en examinant, par exemple, le système immunitaire ou le système reproductif, qui peuvent expliquer le processus d’adaptation du corps à davantage d’exigences physiques.