Septicémie à méningocoque : une maladie à connaître

9 septembre 2020
La septicémie à méningocoque est une maladie grave, causée par la propagation des méningocoques dans le sang et dans plusieurs organes. Elle entraîne la formation de thrombus qui peuvent conduire à la gangrène et autres complications.

La septicémie à méningocoque est une urgence médicale à traiter dans les plus brefs délais. Il s’agit d’une pathologie à progression rapide qui peut entraîner un choc ainsi qu’une défaillance simultanée dans plusieurs organes du corps.

Cette affection est la conséquence d’une infection par méningocoques. L’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’il y a environ 500 000 nouvelles infections de ce type par an. Parmi les personnes qui développent une septicémie à méningocoque, une proportion de 20 à 50% meurent.

La maladie méningococcie

La méningococcie est une maladie provoquée par un méningocoque. Il s’agit d’une bactérie qui cause des maladies graves et qui se propage par contact avec les gouttelettes expulsées par une personne infectée, en toussant ou en éternuant.

Certains individus sont plus sensibles que d’autres à cette bactérie, mais la science ignore pourquoi. Ce qui est certain, c’est que le micro-organisme envahit de façon progressive le nasopharynx. L’intervalle entre la contamination et l’apparition des symptômes est d’environ 10 jours, voire moins parfois.

Ensuite, le méningocoque traverse la muqueuse et pénètre dans la circulation sanguine. La présentation la plus commune de ce type de maladie est la méningite, ou inflammation des méninges, qui sont les membranes qui recouvrent le cerveau et la moelle épinière.

L’un des effets possibles de la méningococcie est la septicémie à méningocoque. Il s’agit d’une condition très grave avec un taux de mortalité élevé. De plus, les personnes qui survivent présentent des séquelles permanentes.

Une femme souffrant de la septicémie à méningocoque qui prend sa température.

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La septicémie à méningocoque

La septicémie à méningocoque est une forme de choc septique. Le choc septique est une condition médicale dans le cadre de laquelle les tissus et les organes ne reçoivent pas suffisant d’oxygène et de nutriments. Cela entraîne alors une mort progressive des cellules et une défaillance générale qui peut conduire au décès de la personne.

D’autre part, la propagation du méningocoque dans le sang forme des caillots. Ces derniers rendent la circulation difficile dans un ou plusieurs organes ou membres. Ce qui engendre alors une gangrène. Paradoxalement, il y a également des hémorragies difficiles à contrôler.

On estime qu’une personne sur quatre souffrant de cette maladie devra subir l’amputation d’un membre. De même, la septicémie entraîne des lésions sur la peau qui génèrent des cicatrices et donnent lieu à des difformités. Celles-ci sont souvent traités avec une chirurgie et ont un processus de guérison très lent.

Symptômes et manifestations

Les symptômes de la septicémie à méningocoque sont très larges. Une légère fièvre peut apparaître au début. Mais, dans de nombreux cas, elle se transforme en défaillance de plusieurs organes et mène au décès en quelques heures.

En général, les 4 à 6 premières heures sont marquées par des symptômes communs à toute infection virale : fièvre, frissons, vertiges, nausées, maux de tête et faiblesse. Les diarrhées et vomissements sont également possibles.

Outre ces manifestations, les symptômes typiques de la septicémie sont les suivants :

  • Peau pâle et tachetée
  • Respiration accélérée
  • Tremblements dans les mains et pieds froids
  • Somnolence et confusion
  • Pression sanguine faible
  • Douleur dans les articulations ou dans les membres
  • Éruption cutanée de type rashl’éruption due à la septicémie ressemble à de petites taches rouges et brillantes. Elles peuvent s’agglutiner et prendre la forme d’ecchymoses récentes. Toutes les personnes souffrant de la septicémie à méningocoque n’en présentent pas

Diagnostic et traitement de la septicémie à méningocoque

La septicémie à méningocoque peut survenir avec ou sans méningite. Le diagnostic est généralement établi sur la base d’une analyse sanguine, d’un prélèvement nasal et pharyngé, d’une radiographie du thorax et d’un échantillon de selles.

Par ailleurs, le traitement de la maladie a lieu dans un hôpital ou un centre médical, mais ne requiert pas d’isolement. L’approche conventionnelle comprend quatre mesures :

  • Administration d’antibiotiques : ils doivent s’administrer le plus vite possible. En cas d’apparition visible d’un foyer septique ou infectieux, celui-ci doit être drainé
  • Fluides : l’hydratation parentérale est effectuée pour remplir l’espace vasculaire et maintenir la pression sanguine, de façon à prévenir une hypotension extrême
  • Utilisation de médicaments vasoactifs : ces médicaments neutralisent les changements cardiovasculaires qui sont le résultat de l’inflammation provoquée par la septicémie
  • Mesures de maintien des fonctions vitales : cela comprend l’administration d’oxygène, une intubation trachéale et la ventilation mécanique. En cas d’hémorragie, on utilise souvent des coagulants et du plasma frais congelé
Un homme recevant un vaccin contre la septicémie à méningocoque.

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Prévention de la septicémie à méningocoque

La prévention de la septicémie à méningocoque consiste principalement à éviter la propagation d’une maladie à méningocoque. Pour cela, il existe deux vaccins disponibles :

  • Vaccin anti-pneumococcique : il protège contre la méningite à pneumocoque. Il est couramment administré aux nourrissons et aux personnes de plus de 65 ans. On a émis l’hypothèse qu’il pouvait réagir de manière croisée et prévenir, par similitude, les infections à méningocoque. Toutefois, pour l’instant, il ne doit être considéré comme efficace seulement face au S. pneumoniae
  • MenC : il offre une protection face à l’ensemble des méningocoques du type C. Il s’applique aux bébés et est accessible à toute personne de moins de 25 ans

Enfin, les vaccins ne protègent pas contre tous les types de méningocoques, mais ils réduisent la propagation des bactéries liées à ces maladies. Les autres lignes directrices en termes de prévention concernent la limitation du contact avec les personnes malades, le lavage fréquent des mains et l’hygiène des objets personnels.

 

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