Troubles du sommeil à la ménopause : les causes possibles

Le climatère est une étape normale pour les femmes. Cependant, les symptômes peuvent affecter leur qualité de vie. Découvrez ce que la science a découvert sur les causes possibles des troubles du sommeil pendant la ménopause.
Maryel Alvarado Nieto

Rédigé et vérifié par le médecin Maryel Alvarado Nieto.

Dernière mise à jour : 13 novembre, 2022

La ménopause est une étape normale de la vie d’une femme. Elle représente l’arrêt des cycles menstruels et la fin de la fertilité. Pendant la période de ménopause, certains symptômes fréquents apparaissent, comme les troubles du sommeil. Nous vous invitons ici à découvrir les causes possibles et les facteurs de risque associés.

Il est important de définir la ménopause, car il existe certaines confusions dans le concept. Le terme fait référence à l’arrêt définitif des menstruations et il n’est possible de parler de ménopause seulemen 12 mois après les dernières règles.

La ménopause apparaît naturellement vers l’âge de 50 ans. Les problèmes de sommeil surviennent souvent au cours de cette transition dans la vie d’une femme.

Pourquoi le sommeil est-il si important ?

Le sommeil est un état normal dans lequel les perceptions et les réponses aux stimuli externes sont diminuées. Il s’agit d’un moment crucial pour le bon fonctionnement du corps.

L’activation de divers groupes neuronaux pendant le sommeil permet de consolider la mémoire, de réguler la température et l’immunité, ainsi que de contrôler la libération de certains neurotransmetteurs.

Phases de sommeil normales

De manière générale, le sommeil se divise en deux phases distinctes : REM et NREM. Cette nomenclature répond aux mouvements oculaires rapides – rapid eye movement en anglais – ou à son absence, auquel cas un N de négation est ajouté.

La phase NREM est divisée en quatre étapes. Parmi elles, se trouve le sommeil profond, considéré comme la composante réparatrice de l’endormissement.

Un cycle de sommeil commence par une période de somnolence (stade I de la phase NREM). Les ondes observées dans un électroencéphalogramme (EEG) changent progressivement au fur et à mesure que les différentes étapes passent.

Après cela, la personne entre dans la période de mouvements oculaires rapides, complétant ainsi un cycle de sommeil qui se répète. Il est important de souligner que les étapes ont des durées différentes tout au long de la nuit.

Les changements dans le rythme du sommeil chez les femmes pendant la ménopause

Le rythme de sommeil considéré comme normal comprend 8 heures de repos la nuit, réparties en 4 ou 5 cycles de sommeil. Par conséquent, les 16 heures restantes de la journée constituent la période d’éveil. Cette alternance entre sommeil et veille est connue sous le nom de rythme circadien veille-sommeil.

Chez les personnes âgées, les périodes de sommeil profond sont généralement plus courtes et les phases REM plus réduites, avec des latences prolongées. Cela conduit à une diminution de la durée totale du sommeil, en plus de réveils fréquents.

Ainsi, certains considèrent qu’à la ménopause, les troubles du sommeil font partie du quotidien des femmes.
Ondes cérébrales pendant le sommeil.
Les ondes cérébrales changent au fur et à mesure que le sommeil progresse.

Les modifications de la ménopause liées aux troubles du sommeil

La fin de la vie reproductive entraîne l’apparition de diverses modifications progressivement, jusqu’à la disparition complète de l’ovulation. Ces changements affectent différentes fonctions corporelles, générant les symptômes caractéristiques de cette période.

A la ménopause, les troubles du sommeil semblent avoir une origine neuroendocrinienne. Il est nécessaire de connaître les mécanismes impliqués.

Les changements hormonaux à la ménopause

Le changement le plus connu de la ménopause est l’insuffisance ovarienne, c’est-à-dire l’incapacité de l’organe à produire des hormones sexuelles (œstrogène et progestérone ). Dans les effets normaux des hormones sexuelles ovariennes, la régulation de la libération des gonadotrophines (FSH et LH) par l’hypophyse est décrite.

Ces molécules sont, à leur tour, responsables de la stimulation des ovaires pour produire des hormones sexuelles. Cependant, étant diminué, l’effet suppresseur sur la glande pituitaire ne se produit pas, provoquant une augmentation considérable de la FSH et de la LH.

Certains auteurs affirment que la FSH peut augmenter de 10 à 20 fois sa valeur et la LH le fait environ 3 fois. D’autre part, l’inhibine, une autre substance produite par l’ovaire, est actuellement reconnue comme une hormone qui supprime la production de ces gonadotrophines. Comme les ovaires sont atrophiques à la ménopause, l’inhibine ne bloque pas non plus la libération hypophysaire.



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Neurotransmetteurs et ménopause

Les substances responsables de la régulation du système nerveux sont appelées neurotransmetteurs. Avec la ménopause, ces molécules sont également touchées.

Premièrement, la noradrénaline est impliquée dans la libération de GnRH (substance hypothalamique chargée de stimuler la production de gonadotrophines par l’hypophyse). La sécrétion de norépinéphrine augmente pendant la ménopause, entraînant une libération accrue de GnRH, et donc des gonadotrophines.

Cela semble jouer un rôle important dans la modification du cycle du sommeil à la ménopause, car la phase REM est associée à des impulsions de libération de GnRH. Par conséquent, les femmes sont plus susceptibles au cours de cette période de se réveiller pendant le repos.

D’autre part, le sommeil profond (phase NREM) est lié à la libération de sérotonine. Ce neurotransmetteur diminue pendant la ménopause, ce qui entraîne une diminution de la capacité à obtenir un sommeil profond et réparateur.

Les causes des troubles du sommeil à la ménopause

Bien que plus de 40 % des femmes éprouvent des troubles du sommeil après la ménopause, la littérature qui approfondit le sujet est rare. Certains auteurs affirment que les difficultés à obtenir une nuit réparatrice chez ces femmes sont secondaires à d’autres altérations. Par conséquent, pour améliorer la qualité du sommeil, la cause sous-jacente devrait être traitée.

Les symptômes vasomoteurs

La plupart des femmes connaissent une transition vers la ménopause qui s’étend sur plusieurs années avant le début de la ménopause. Et cela peut durer encore quelques années.

Cette période est appelée le climatère et est connue pour les symptômes qu’elle produit, en particulier les populaires bouffées de chaleur. Les femmes rapportent une sensation de chaleur qui se présente sous la forme d’ondes soudaines, affectant le visage et le torse.

Les bouffées de chaleur durent généralement quelques minutes. Elles peuvent apparaître la nuit, et sont donc une cause fréquente de troubles du sommeil.



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Les troubles émotionnels

Les états anxieux et dépressifs semblent également être liés aux troubles du sommeil à la ménopause. C’est pourquoi les troubles affectifs sont considérés comme un facteur de risque.

De plus, on sait qu’avec le processus de vieillissement, les risques de fluctuations de l’humeur sont plus grands, rendant le lien entre les émotions et le sommeil plus complexe à élucider. De nombreuses recherches sont ainsi nécessaires à cet égard.

Stress à la ménopause.
Le climatère est vécu avec une certaine inquiétude et un plus grand stress. Les changements d’humeur affectent le repos.

Les autres facteurs de risque associés aux troubles du sommeil à la ménopause

Les femmes qui traversent le climatère peuvent souffrir d’autres pathologies sous-jacentes qui altèrent le sommeil, telles que :

Il ne faut pas non plus sous-estimer la concurrence de maladies chroniques douloureuses, telles que l’arthrite et le syndrome du canal carpien. Ou encore des troubles du sommeil sous-jacents, tels que le syndrome des jambes sans repos et l’apnée obstructive du sommeil.

La nycturie est fréquente à la ménopause. Il s’agit du besoin de se réveiller la nuit pour uriner.

Que peut-on faire pour améliorer le repos nocturne à la ménopause ?

Bien que la ménopause soit associée à des troubles du sommeil, certains changements de style de vie peuvent être apportés pour atténuer leur impact. Par ailleurs, il existe des études qui proposent l’utilisation de thérapies alternatives au remplacement hormonal pour traiter les symptômes.

Cependant, si les altérations persistent, il est nécessaire de consulter un médecin pour une évaluation adéquate. Parmi les recommandations générales, figurent les suivantes :

  • Réduire la consommation de caféine
  • Maintenir un espace frais et sombre
  • Dîner au moins deux heures avant le coucher
  • Éliminer les habitudes toxiques, comme l’alcool et le tabac
  • Prendre une douche tiède ou chaude avant le coucher
  • Se coucher et se réveiller à la même heure chaque jour.
  • Faire de l’exercice physique régulièrement, mais loin de l’heure du coucher.

Il faut accorder aux troubles du sommeil la pertinence qu’ils méritent, puisqu’un sommeil réparateur est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme. Cela s’applique à tout âge.



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