Uroculture : qu’est-ce que c’est et pourquoi l’utilise-t-on ?

26 janvier 2021
Nous avons tous déjà fait une analyse d'urine, mais il est difficile de savoir ce que devient l'échantillon une fois que nous le remettons au médecin. L'uroculture est l'une des techniques utilisées pour isoler les agents pathogènes.

Les infections du tractus urinaire (ITU) sont des pathologies très communes. Des études scientifiques calculent qu’entre 50 et 60 % des femmes en auront au cours de leur vie. Beaucoup de germes peuvent les provoquer mais, par chance, l’uroculture sert à détecter l’agent qui en est responsable.

En 1995, le coût direct et indirect de ces infections aux Etats-Unis atteignait, de façon annuelle, les 2000 millions de dollars. Par conséquent, savoir identifier l’agent pathogène qui déclenche chaque cas est essentiel pour la récupération du patient.

Pourquoi utilise-t-on une uroculture ?

Dans un premier temps, il faut bien souligner qu’une uroculture et une analyse d’urine ne représentent pas la même chose. La seconde consiste en une série d’examens appliqués sur l’échantillon du patient, parmi lesquels nous retrouvons des tests macroscopiques et microscopiques, physicochimiques et, si nécessaire, une uroculture à la fin.

Par conséquent, toutes les analyses d’urine ne requièrent pas une uroculture pour déterminer un diagnostic. Celles-ci sont envisagées quand le professionnel soupçonne une infection urinaire chez des adultes et enfants, comme l’indique la Bibliothèque Nationale de Médecine des Etats-Unis.

Pour en savoir plus : Que détecte une analyse d’urine ?

Comment acquiert-on l’échantillon ?

La majeure partie du temps, l’échantillon d’urine sera prélevé à la maison et sera ensuite emmené au centre médical de confiance du patient. Retrouvez maintenant chacune des étapes de façon détaillée.

Un échantillon d'urine.

L’échantillon d’urine est traité dans les laboratoires, selon les consignes de l’ordonnance médicale.

Obtention de l’échantillon

Il s’agit d’une étape cruciale dans le processus de récupération de l’urine. Le liquide peut en effet être contaminé par des bactéries commensales de la peau et des conduits génito-urinaires du patient. Selon la Société Américaine de Microbiologie, on considère comme valide un échantillon avec moins de 5 % de contamination.

Il existe plusieurs types de récupération de l’échantillon, mais nous allons ici nous concentrer sur le plus typique de tous : le patient doit uriner dans un petit récipient à la maison et ensuite l’emporter dans un centre médical. Lors de ce processus, les règles suivantes doivent être respectées :

  • Il doit s’agir de la première urine du matin car c’est la plus concentrée.
  • Il ne faut pas ingérer trop de liquides avant d’uriner car l’urine serait trop diluée.
  • On recommande de récupérer un volume de 25 à 50 millilitres. La quantité minimale avec laquelle on peut réaliser une uroculture est de 3 millilitres.

Il faut ici souligner que l’échantillon peut s’obtenir à travers d’autres techniques, comme la ponction vésicale ou un cathétérisme vésical transitoire. Ces techniques sont plus aseptiques que la miction mais il s’agit de procédés beaucoup plus invasifs qui ne s’appliquent que dans des cas exceptionnels.

Que se passe-t-il avec l’échantillon ?

Selon les portails médicaux déjà cités, plusieurs analyses sont effectuées lors d’une uroculture, même si la plus commune est l’ensemencement microbiologique. Voici ses particularités :

  • On utilise une anse d’ensemencement et on répand l’échantillon d’urine sur un milieu propice à la croissance bactériennegénéralement composé d’un mélange de gélose nutritive sur une plaque de Petri.
  • On incube l’échantillon ensemencé pendant 16 ou 18 heures à 35-37°C.
  • Une fois incubé, on compte les colonies bactériennes qui ont grandi – ou non – sur la plaque.

Le postulat est simple : si les bactéries sont présentes dans l’urine du patient, elles se multiplieront lors de l’uroculture. Cela permet de savoir si la personne est infectée ou non et, à travers des tests postérieurs – ou s’il s’agit du milieu spécifique pour ce pathogène – on pourra découvrir l’agent exact responsable de l’infection.

Symptômes d’une infection urinaire

Savoir si vous avez besoin ou non d’une uroculture pour remédier à une gêne qui persiste peut être un problème. Nous allons donc vous présenter les symptômes les plus communs d’une infection des voies urinaires. La Clinique Mayo nous parle des suivants :

  • Besoin impérieux et constant d’uriner.
  • Sensation de brûlure au moment de la miction.
  • Urine de couleur trouble, rouge ou avec une odeur forte.
  • Douleur pelvienne chez les femmes.

Selon la zone de l’appareil génito-urinaire où les colonies bactériennes se sont installées, les symptômes seront différents. Malgré cela, la présence des signes déjà décrits avec des épisodes de fièvre et de douleurs abdominales sont très communs.

Résultats de l’uroculture

Les résultats de l’examen sont simples à interpréter : la valeur prolifération normale indique que tout est en ordre et on peut donc écarter une infection bactérienne chez le patient. Un examen avec un résultat positif, lui, implique la présence de bactéries ou de champignons dans une zone du tractus urinaire.

Dans ces situations, le professionnel qui vous suit déterminera l’antibiotique ou l’antifongique pertinent. Suivez strictement les recommandations du médecin car un traitement interrompu trop tôt peut compliquer l’évolution de l’infection.

Un échantillon d'urine d'une femme.

Le processus de récolte d’échantillons des urocultures est une étape clé car on ne doit pas contaminer le matériel.

Uroculture au moment de la grossesse : est-elle importante ?

L’uroculture au moment de la grossesse est particulièrement importante. Les femmes enceintes présentent une plus grande disposition aux infections bactériennes à cause des changements physiologiques qui se produisent pendant la période de la grossesse.

Par ailleurs, beaucoup sont asymptomatiques. Une infection urinaire, même si elle ne déclenche pas de signes cliniques chez la mère, peut provoquer des complications indésirables, comme un plus grand risque d’accouchement prématuré.

L’importance de l’uroculture

Comme vous avez pu le voir au fil de cet article, l’uroculture est l’un des tests compris dans l’analyse d’urine si le médecin soupçonne une infection chez le patient. Cette technique de laboratoire très simple permet aux scientifiques d’isoler et d’identifier l’agent pathogène dans chaque cas.

La récupération de l’échantillon est simple. Elle peut se faire à la maison, même s’il existe des cas exceptionnels qui requièrent des ponctions et des cathéters. Une culture négative indique l’absence de la bactérie dans les voies génito-urinaires du patient tandis qu’une positive rend nécessaire la prise d’antibiotiques ou d’antifongiques.

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