Ventilation émotionnelle : comment aide-t-elle à améliorer le bien-être ?

Pratiquer la ventilation émotionnelle équivaut à exprimer nos émotions et à bénéficier de ce qu'elles veulent nous dire et nous apprendre sur nous-mêmes.
Ventilation émotionnelle : comment aide-t-elle à améliorer le bien-être ?

Dernière mise à jour : 21 septembre, 2022

La technique de ventilation émotionnelle vise à favoriser une expression et une gestion saines des émotions. Souvent, des phrases du type “ce n’est pas si mal”, “tu ne peux pas te sentir comme ça” ou “tu exagères” pénètrent lentement dans nos têtes et invalident la façon dont nous nous sentons.

Celles-ci cherchent à marquer le “bon” chemin sur la façon d’exprimer nos émotions. Pourtant, ce sont des phrases qui fonctionnent comme des obstacles, qui nous amènent à penser davantage en fonction des attentes des autres et à nous déconnecter de ce qui nous arrive et de ce que nous vivons. Comment mieux y faire face avec la technique de ventilation émotionnelle ? C’est ce que nous allons voir.

Les émotions

Les émotions sont la base d’une bonne santé physique et mentale, car elles nous renseignent sur nos états internes et nous aident à nous adapter à une situation. Elles ont également une composante sociale, à travers laquelle nous pouvons communiquer et nous connecter avec d’autres personnes.

Elles nous poussent également à l’action, car elles guident nos décisions. Ainsi, les rejeter ou les éviter reviendrait à passer à côté de tous leurs apports.

La femme exprime ses émotions.
Les émotions jouent un rôle fondamental dans le bien-être physique et mental. Par conséquent, il convient d’apprendre à les reconnaître et à les gérer.



Que faut-il garder à l’esprit pour appliquer la ventilation émotionnelle ?

La ventilation émotionnelle nous encourage à nous ouvrir à nos émotions, à les reconnaître, à les exprimer, à les « éclairer » et à les faire émerger. Cela n’implique pas nécessairement de les transmettre aux autres en premier lieu, mais de les accepter.

Pour pouvoir réaliser cette technique, il convient de prendre en compte quelques clés que nous vous présentons ci-dessous.

Non aux préjugés sur les émotions

Il peut sembler difficile de ne pas associer le bonheur à une émotion positive et la colère à une émotion négative. Mais si on vous disait que cette association est un apprentissage, le croiriez-vous ? Les émotions font partie de ce chapitre non lu ou que nous négligeons au cours de notre développement et de notre apprentissage.

Pendant longtemps, on a accordé beaucoup d’importance au cognitif, et l’intelligence émotionnelle a été laissée de côté. Dans ce contexte, auquel s’ajoutent d’autres croyances – dont beaucoup sont « genrées » –, les émotions qui pourraient nous faire perdre le contrôle ont mauvaise réputation et ont commencé à faire partie de « la liste noire ».

Mais attention ! Les émotions fournissent des informations sur ce que nous ressentons, elles ne sont ni bonnes ou mauvaises en elles-mêmes. Elles reposent sur leur expression, leur gestion et leur impact.

Prenons un exemple. Une émotion de colère bien canalisée nous permet de poser des limites face à une situation injuste, comme empêcher quelqu’un de nous maltraiter. Une émotion de colère mal canalisée nous submerge et peut alors nous inciter à insulter quelqu’un qui nous maltraite.

Par ailleurs, il y a des émotions qui se présentent comme plus adaptées selon qu’on parle d’un homme ou d’une femme. Prenons un exemple classique : “les hommes ne pleurent pas”; cette croyance n’encourage pas ces derniers à s’exprimer et à demander de l’aide.

Or, les émotions sont universelles. Ce sont des facteurs culturels qui ont établi que les hommes ne pleurent pas et que les femmes sont plus sensibles. S’en tenir à cette idée et refouler nos émotions implique de payer un prix très élevé vis-à-vis de notre bien-être.

Les émotions doivent être comprises et travaillées, et non évitées d’emblée.

Analyse de l’émotion

Face à une émotion « chaude », il est important de l’analyser. Par exenple : nous sommes en colère parce que nous n’avons pas obtenu la note que nous attendions à un examen. Il est important de comprendre pourquoi cette émotion s’est déclenchée.

Dans une même situation, deux personnes réagiraient sans doute différemment, en raison du fait qu’elles interprètent et vivent la situation d’une manière différente.



Exercices et techniques pour mettre en pratique la ventilation émotionnelle

Il existe plusieurs façons de mettre en pratique la ventilation émotionnelle. Voici quelques exemples.

Commencez par lui donner un nom

La colère, la rage, la jalousie, l’envie, la joie, la peur… Définissez l’émotion telle qu’elle est, sans chercher à la déguiser ou à l’enjoliver. Ressentez-la telle quelle, cela ne fera pas de vous une moins bonne ou meilleure personne.

Exprimez les émotions verbalement ou par écrit

Choisissez la méthode qui vous convient le mieux. Par exemple, il y a ceux qui préfèrent les écrire ou les dessiner, tandis que d’autres s’expriment mieux avec des mots.

Via l’écriture, vous pouvez « déposer » des émotions sur un post-it, de façon à les faire sortir et à vous distancer d’elles. “Je me sens mal parce que mon ami…” “Aujourd’hui j’ai envie de pleurer parce que…” “J’ai passé une mauvaise journée parce que…”

Évaluez la situation

Un autre exercice clé consiste en l’évaluation d’une certaine situation en vue d’intégrer les pensées, les sentiments et les comportements associés.

Vous pouvez faire en fin de journée ou en fin d’activité. Qu’est-ce que j’ai ressenti en faisant ça ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ? Il s’agit de poser des questions qui nous permettent de nous connecter aux émotions.

Que faut-il garder à l'esprit pour appliquer la ventilation émotionnelle ?
La ventilation émotionnelle nous invite à faire une pause pour reconnaître et extérioriser les émotions.

La ventilation émotionnelle, un état d’esprit bénéfique

Comme nous l’avons mentionné précédemment, la ventilation émotionnelle est une façon de penser et de se sentir. Souvent, nous sommes capables de faire preuve d’empathie envers les émotions des autres, mais nous n’appliquons pas la même règle à nous-mêmes.

Nous nous jugeons faibles, stupides ou trop sensibles à nos sentiments dans certaines circonstances. Être capable de se connecter aux émotions est une question de connaissance de soi, de limites, d’acceptation et d’estime de soi. Cela nous donne la place que nous méritons pour pouvoir partir de là et grandir.

Tôt ou tard, cette « marmite émotionnelle » finit par atteindre un point d’ébullition, et les maladies psychosomatiques, le stress, l’anxiété, les troubles du sommeil font leur apparition. Par conséquent, “se lier d’amitié” avec nos émotions est plus qu’un choix, c’est une question de santé.

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Exprimer des sentiments est aussi sain que nécessaire pour son propre bien-être. Mais qu'arrive-t-il à celui qui contrôle les émotions ?



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