4 façons dont la dépression peut affecter physiquement le cerveau

· 14 juin 2019
Beaucoup de choses changent chez une personne en proie à la dépression. Bien que nous ne le remarquions pas, son corps subit d'importantes modifications dues aux déséquilibres chimiques.

Bien qu’il semble que la dépression soit un trouble émotionnel distinct qui ne modifie que l’humeur et les sentiments, ceux qui en souffrent peuvent également subir des modifications physiques et chimiques du cerveau pouvant affecter non seulement la santé mentale, mais aussi le reste du corps.

C’est un problème mondial plus généralisé que ce que l’on croit. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 300 millions de personnes souffrent de dépression dans le monde. En moyenne 800 000 personnes se suicident chaque année en raison de la dépression. C’est également la principale cause de décès chez les jeunes de 15 à 29 ans.

La dépression n’est pas un changement émotionnel temporaire. Les altérations qu’elle produit dans le cerveau rendent difficile le contrôle de ceux qui en souffrent. Pour cette raison, il est important de la reconnaître et de la traiter avec un spécialiste, au lieu de penser que ce n’est qu’un problème d’humeur qui disparaîtra de lui-même.

Qu’est-ce qui se passe dans le cerveau quand on est déprimé ?

La dépression affecte directement trois parties du cerveau : l’ hippocampe, l’amygdale cérébrale et le cortex pré-frontal. Continuez à nous lire, car nous passons en revue ces régions en détail.

 

La dépression affecte directement trois parties du cerveau : l’hippocampe, l’amygdale cérébrale et le cortex pré-frontal. De plus, le corps est moins oxygéné au cours de l’évolution de cette maladie.

1. Rétrécissement de l’hippocampe

L’hippocampe est situé dans la zone centrale du cerveau. Il est chargé de stocker la mémoire et de réguler la production de cortisol, appelée hormone du stress.

Lorsque nous souffrons de stress physique ou mental, y compris de dépression, le corps libère du cortisol pour tenter d’atténuer les effets du stress. Cependant, lorsque les niveaux de cortisol sont trop élevés, se produit un déséquilibre chimique qui diminue la production de neurones et rétrécit la taille de l’hippocampe.

Découvrez cet article : Habitudes des personnes souffrant de dépression masquée

2. Rétrécissement du cortex pré-frontal

Situé dans la partie antérieure du cerveau, le cortex pré-frontal est responsable de la régulation des émotions et de la création de souvenirs. Le cortex pré-frontal peut également diminuer en raison d’un excès de cortisol. On pense que cette cause est à l’origine du manque d’empathie dans la dépression postpartum.

3. Inflammation de l’amygdale cérébrale

L’amygdale cérébrale est située dans le lobe temporal, la partie centrale inférieure du cerveau. Sa fonction est de réguler les émotions telles que le plaisir, le bonheur ou la peur, entre autres.

L’excès de cortisol l’affecte également en l’inflammant et en la rendant plus active ; cela provoque des troubles du sommeil et des comportements anormaux. De plus, le fait d’être plus actif provoque la libération de davantage d’hormones par les autres parties du corps et ainsi d’autres complications pour la santé.

4. Manque d’oxygénation

Outre les altérations directes que la dépression produit dans le cerveau, d’autres modifications affectent indirectement le fonctionnement du cerveau. Des études montrent que le corps est moins oxygéné en période de dépression. On ne sait pas si cela est dû à des changements dans les habitudes respiratoires ou à une autre raison.

Les cellules du corps en général sont affectées par la réduction de l’oxygène. Plus particulièrement, les cellules cérébrales peuvent être endommagées ou mourir.

Quels sont les effets de ces changements dans le cerveau sur la santé ?

Ces altérations du cerveau ne se produisent pas immédiatement, mais sont le produit de l’action continue de la dépression. Des études suggèrent que la réduction de l’hypothalamus et du cortex pré-frontal prend 8 à 10 mois à se manifester.

Le Dr Thomas Frodl, chercheur à l’hôpital de Magdeburg en Allemagne, a suivi pendant 3 ans des patients souffrant de dépression pour constater que les changements physiques dans le cerveau augmentaient avec le temps.

effet de la dépression sur le cerveau

Certaines des conséquences des changements physiques et chimiques produits par la dépression dans le cerveau sont les suivantes :

  • Perte de mémoire
  • Fonction diminuée des neurotransmetteurs
  • Stagnation du développement du cerveau
  • Diminution de la capacité d’apprentissage
  • Problèmes cognitifs
  • Problèmes de concentration
  • Changements d’humeur
  • Manque d’empathie envers les autres
  • Difficulté à dormir
  • Fatigue

Lisez également : 3 façons d’équilibrer la chimie du cerveau pour affronter la dépression

Comment traiter les effets de la dépression sur le cerveau ?

Des études scientifiques suggèrent que le déséquilibre chimique produit par l’excès de cortisol et d’autres produits chimiques dans le corps est la principale cause de perturbations émotionnelles et de changements physiques dans le cerveau.

Pour cette raison, les traitements visent à réguler la production d’hormones telles que le cortisol et la sérotonine, avec des médicaments inhibiteurs ou avec une thérapie.

effet de la dépression sur le cerveau

Les recherches montrent que la psychothérapie aide à modifier la structure du cerveau et à lutter contre les symptômes de la dépression. C’est pourquoi il est nécessaire de faire appel à un professionnel lorsque vous pensez que vous souffrez de dépression.

Une personne déprimée peut également agir seule pour améliorer son fonctionnement cérébral et lutter contre la dépression. En effet, elle peut :

  • Contrôler le stress
  • Faire de l’exercice
  • Manger sainement
  • Bien dormir
  • Éviter l’alcool et les drogues

En résumé, la dépression est un trouble qui va au-delà des changements d’humeur. Bien que cela ne puisse pas être visible,le cerveau subit des modifications physiques qui peuvent nuire au bien-être général de la personne.

 

  • Depresion. Key Facts. World Health Organization, (2018). https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/depression
  • Depression duration but not age predicts hippocampal volume loss in medically healthy women with recurrent major depression. Sheline YI1, Sanghavi M, Mintun MA, Gado MH. Department of Psychiatry, Washington University School of Medicine, St. Louis, Missouri. (1999). https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10366636
  • Psychotherapy and brain plasticity. Frontiers in Psychology. Collerton, D. (2013, September 6). 2013(4), 548 ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3764373/
  • Stress, depression and brain structure. McEwen, B.S. (n.d.). dbsalliance.org/site/PageServer?pagename=education_anxiety_stress_brain_structure
  • The neurobiology of depression. Eleni Palazidou. British Medical Bulletin, Volume 101, Issue 1 (2012). Pages 127–145, https://doi.org/10.1093/bmb/lds004
  • Neurochemical alterations in frontal cortex of the rat after one week of hypobaric hypoxia. Bogdanova OV, et al. (2014).DOI: 10.1016/j.bbr.2014.01.027
  • Inflammation: A mechanism of depression?  Han Q-Q, et al. (2014). link.springer.com/article/10.1007%2Fs12264-013-1439
  • Depression-Related Variation in Brain Morphology Over 3 Years. Effects of Stress? Thomas S. Frodl, MD; Nikolaos Koutsouleris, MD; Ronald Bottlender, MD. (2008) 65(10):1156-1165. doi: 10.1001/archpsyc.65.10.1156
  • Schecklmann, M., Dresler, T., Beck, S., Jay, J. T., Febres, R., Haeusler, J., … Fallgatter, A. J. (2011). Reduced prefrontal oxygenation during object and spatial visual working memory in unpolar and bipolar depression. Psychiatry Research – Neuroimaging. https://doi.org/10.1016/j.pscychresns.2011.01.016