Anosmie ou perte de l'odorat : qu'est-ce qui peut l'expliquer ?

Le terme anosmie désigne la perte de l'odorat. Ce n'est pas un symptôme courant, mais ceux qui en souffrent voient leur qualité de vie affectée, car ils ne peuvent pas percevoir la réalité telle qu'elle est. Nous en parlons ici.
Anosmie ou perte de l'odorat : qu'est-ce qui peut l'expliquer ?

Dernière mise à jour : 13 septembre, 2021

L’anosmie désigne la perte totale du sens de l’odorat. Nous verrons ci-dessous quelles situations peuvent la provoquer. Il ne s’agit pas d’une affection très courante chez les adultes, bien que la forme plus légère de diminution de l’odorat, appelée hyposmie, soit fréquente. L’anosmie chez les nouveau-nés – l’anosmie congénitale – n’est pas non plus très courante.

Cette incapacité à détecter les odeurs n’affecte pas seulement la capacité à apprécier des arômes agréables et plaisants, qu’il s’agisse de l’odeur des fleurs, d’un parfum riche, d’une tasse de café ou d’un aliment. Elle peut également mettre une personne en danger en raison de son incapacité à détecter des odeurs potentiellement dangereuses, telles que des produits chimiques, des fuites de gaz ou des aliments avariés.

En outre, la perte de l’odorat affecte également le sens du goût. Les deux sens, c’est-à-dire l’odorat et le goût, interagissent pour distinguer certaines saveurs.

En soi, il ne s’agit pas d’une affection grave, mais elle peut faire partie des symptômes d’une maladie plus sérieuse. Et quoi qu’il en soit, comme nous allons le voir dans les lignes suivantes, l’anosmie affecte la qualité de vie.

L’anosmie, un véritable problème

La perte de l’odorat empêche de profiter de certains plaisirs de la vie, ce qui peut entraîner une frustration, voire une dépression chez certaines personnes souffrant d’anosmie. En bref, la qualité de vie diminue.

Parfois, cette perte entraîner des changements dans les habitudes alimentaires. Elle peut aussi provoquer une perte de poids et une éventuelle malnutrition en raison d’un manque de perception du goût des aliments. La personne se désintéresse de la nourriture, car elle n’en perçoit pas le goût.

L’autre extrême est aussi possible : une personne atteinte peut être en surpoids. Il existe également un risque d’augmentation de la pression artérielle en raison de l’excès de sel ajouté à l’alimentation en vue de détecter la saveur des aliments.

Femme qui renifle des fleurs.
L’anosmie peut conduire à la dépression, car elle empêche d’apprécier les odeurs agréables et affecte le sens du goût.

Comment sentons-nous les odeurs ?

La couche qui tapisse l’intérieur du nez est une muqueuse. Dans cette muqueuse, il y a des détecteurs qui détectent les odeurs et envoient l’information au cerveau via des neurones.

Lorsque nous respirons, des molécules microscopiques sont libérées des différentes substances qui nous entourent et entrent en contact avec les récepteurs responsables de la détection des odeurs. Une fois en contact avec ces récepteurs, l’information continue son chemin jusqu’au cerveau, où l’odeur est identifiée.

À son tour, l’information provenant du sens du goût atteindra également le cerveau, et les deux informations contribueront à l’identification de nombreuses saveurs. Le toucher et la vue interviennent également dans l’identification des saveurs.

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Qu’est-ce qui peut causer l’anosmie ou la perte de l’odorat ?

Plusieurs causes peuvent être à l’origine de l’anosmie ou de la perte d’odorat. En voici quelques-unes :

  • Affections du nez et des voies respiratoires supérieures, comme le rhume, la sinusite, la grippe, les allergies saisonnières
  • Traumatisme encéphalocrânien
  • Polypes ou tumeurs nasaux
  • Tabagisme
  • Maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson
  • Utilisation de certains médicaments, comme certains antibiotiques et antihypertenseurs
  • Exposition à des produits chimiques, comme les insecticides ou solvants qui peuvent endommager la muqueuse nasale

Il est à noter que le processus de vieillissement normal peut entraîner une diminution, voire une perte de l’odorat. Cela s’explique par une diminution du nombre de neurones responsables d’envoyer les informations des récepteurs chargés de détecter les odeurs au cerveau. Cette perte peut augmenter au fil des années.

Une femme qui sent une marguerite.
Les causes de l’anosmie sont variées, allant de l’utilisation de certains médicaments au simple rhume.

L’anosmie peut-elle être traitée ?

L’anosmie ou la perte de l’odorat n’est pas une maladie en soi, il n’existe donc pas de traitement spécifique. L’approche est basée sur la détection de la cause et sur son traitement, si possible.

Les médecins peuvent traiter les affections des voies respiratoires supérieures et du nez, donner des conseils sur le sevrage tabagique, enlever des polypes ou des tumeurs. Parfois, il s’agit d’une affection temporaire et donc réversible, et d’autres fois, d’une affection chronique et irréversible.

L’objectif est de trouver la cause de l’anosmie, afin de l’inverser, mais une récupération partielle ou complète de l’odorat n’est pas toujours possible. Il est également important de mettre en place un soutien psychologique pour les patients qui en ont besoin.

Si vous avez des doutes ou si vous avez remarqué des symptômes compatibles avec une perte de l’odorat ou une diminution de ce sens, consultez un spécialiste. L’idéal serait de contacter un spécialiste ORL, à savoir un spécialiste du nez, de la gorge et des oreilles.

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