Fantosmie : d’où viennent les hallucinations olfactives ?

22 janvier 2021
Il existe un trouble olfactif qui nous fait sentir des odeurs qui ne sont pas vraiment réelles. Nous analysons aujourd'hui les causes de ce phénomène étrange qui semble être plus vécu par les femmes.

Odeur de pourri ou de pain brûlé. Sentir une odeur de produits chimiques ou la fumée de tabac. La fantosmie fait référence à l’altération de l’odorat qui nous fait percevoir des odeurs qui ne sont pas réelles. Autrement dit, ce stimulus olfactif que nous pensons venir de l’extérieur jusqu’aux narines n’existe pas. C’est le cerveau qui est à l’origine de ce phénomène.

Les personnes qui souffrent de ce trouble ne perdent pas la tête et n’entrent pas non plus dans un état psychiatrique. Elles savent parfaitement que ce qu’elles sentent n’est pas réel, d’où la confusion. Par ailleurs, il faut souligner que ce phénomène n’est pas isolé ou ponctuel. En réalité, nombreux sont ceux qui, à partir d’un certain âge, commencent à signaler cette curieuse altération.

Ces hallucinations olfactives apparaissent vers l’âge de 40 ans et deviennent plus intenses avec les années. De même, les données démographiques concernant son incidence nous indiquent qu’elles sont beaucoup plus fréquentes chez les femmes. Analysons ce phénomène de la fantosmie.

Causes de la fantosmie

La perception d’odeurs qui n’existent pas peut devenir très invalidant. La fantosmie est une expérience véritablement désagréable. En effet, la personne sent soudainement des odeurs nauséabondes qui la dérangent et interrompent son quotidien. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette condition se manifeste chez 1 personne sur 15 de plus de 40 ans.

Des études, comme celles réalisées à l’Université de Vermont et à l’Institut National de Santé de Maryland, signalent que la fantosmie est plus commune chez les femmes. Surtout lorsqu’elles appartiennent à des milieux plus défavorisés. Elle semble également être en corrélation avec d’autres réalités que nous approfondissons dans la suite de l’article.

Une femme qui se bouche le nez.

“La fantosmie survient généralement chez les personnes qui vivent dans des environnements très pollués.”

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Fantosmie périphérique et centrale

Nous pouvons distinguer deux types de fantosmie : la périphérique et la centrale. La première apparaît lorsque l’origine de l’altération se trouve dans les fosses nasales. De son côté, la fantosmie centrale est légèrement plus complexe puisqu’elle serait due à un déclencheur cérébral. Dans ce cas, la persistante est plus importante et peut donc être extrêmement problématique.

Xérostomie ou bouche sèche

Le syndrome de la bouche sèche ou xérostomie survient souvent chez les personnes entre 50 et 60 ans. Il se caractérise par un manque de salive à cause d’une altération des glandes salivaires.

La conséquence de ce dysfonctionnement est sérieux parce qu’une telle situation entraîne une irritation des tissus mous et durs de la bouche. Augmentant alors la présence de bactéries et le risque de pathologies bucco-dentaires. Nous avons pu observer également qu’un autre effet associé est la fantosmie.

Le tabac

Certes, l’addiction au tabac est nocive. Cependant, nous négligeons souvent l’impact de cette dépendance à la cigarette sur nos 5 sens. Nous savons, par exemple, que la consommation intense de tabac affecte le sens du goût et de l’odorat.

Ce n’est pas seulement la capacité à distinguer les odeurs et les saveurs qui se perd. Ces sens sont également altérés. Autrement dit, ce que nous mangeons n’a pas le même goût et parfois nous sentons des mauvaises odeurs sans aucun stimulus spécifique. La bonne nouvelle, c’est que, si nous cessons de fumer, ces effets disparaissent.

Migraines avec aura

Les migraines avec aura ont comme particularité de commencer avec un ensemble de symptômes qui anticipent l’apparition du mal de tête. Ainsi, parmi ces signes (auras), se trouvent les hallucinations visuelles, telles que la vision de lumières vives, et l’expérience d’odeurs qui n’existent pas (fantosmie).

Rhinite et sinusite

La rhinite, allergique ou non, est également liée à ce trouble de l’odorat. En effet, cette inflammation de la muqueuse nasale qui provoque des éternuements, écoulement nasal, du prurit nasal et une congestion, conduit aussi à de nombreux cas d’altération des odeurs.

Pollution environnementale

La relation fut établie entre la fantosmie et la pollution environnementale. Certaines personnes (surtout les femmes), qui vivent dans des environnements très pollués, développent progressivement un trouble olfactif. Les mécanismes exacts qui orchestrent ce phénomène ne sont pas encore connus, mais c’est une donnée qu’il faut prendre en compte.

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Troubles neurologiques

Au sein des troubles neurologiques, l’altération de l’odorat est un symptôme qui apparaît lors de multiples maladies. Il est donc toujours décisif d’avoir un diagnostic adéquat :

  • La fantosmie peut résulter d’un traumatisme crânien. Certaines personnes, après un coup à la tête ou une simple chute, manifestent une altération.
  • Les troubles olfactifs sont un autre symptôme associé à la maladie de Parkinson.
  • La fantosmie peut également se manifester chez les patients souffrant de schizophrénie.
Le nez d'une femme.

“La stimulation transcrânienne est l’un des traitements utilisés pour aborder la fantosmie.”

Comment traiter la fantosmie ?

Les patients souffrant de fantosmie présentent, à court terme, de multiples complications comme des altérations de l’appétit. Une étude réalisée à l’Université de Louisville (Etats-Unis) signale qu’il n’existe pas encore de traitement ponctuel et efficace qui puisse apporter une solution.

Il est donc préférable de consulter un médecin dès que possible pour découvrir l’origine de la fantosmie : migraines, allergies, maladie de Parkinson, etc. En général, l’approche est multidisciplinaire et combinée avec des séances chez le neurologue et l’oto-rhino-laryngologiste.

Enfin, parmi les traitements qui peuvent être administrés, on trouve des antiépileptiques, antimigraineux et des anticonvulsifs, en plus de la stimulation transcrânienne. Le plus important est de personnaliser les soins à chaque patient et d’améliorer, autant que possible, sa qualité de vie.

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