Comment le coronavirus affecte-t-il chaque groupe sanguin ?

21 mai 2020
Une étude scientifique réalisée en Chine a analysé la façon dont le coronavirus affecte chaque groupe sanguin. Il s'agit simplement d'une recherche : les résultats ne sont pas définitifs et doivent donc être maniés avec précaution. 

Au cours du mois de mars, une étude scientifique chinoise consistant en l’analyse de la manière dont le coronavirus affecte chaque groupe sanguin a été réalisée. Grosso modo, cette étude a consisté en un nouveau comptage des personnes infectées selon leur groupe sanguin.

Cette recherche chinoise a regroupé 2173 participants. Après obtention des résultats, les chercheurs sont parvenus à la conclusion suivante : les patients de groupe sanguin A sont les plus susceptibles de contracter l’infection COVID-19, et les personnes de groupe sanguin O sont, elles, les moins susceptibles de contracter la maladie.

Les mêmes chercheurs alertent sur le fait que ces résultats ne sont pas définitifs et qu’il faut donc les manier avec précaution. Ces chercheurs estiment qu’il est préférable de récolter plus d’informations pour pouvoir donner un verdict solide.

Mais de manière générale, les chercheurs considèrent que les résultats de cette étude ne sont pas farfelus. Comme nous le verrons plus loin dans cet article, on sait que les groupes sanguins constituent une partie du système immunitaire humain et, par conséquent, ils entretiennent un lien étroit avec les maladies virales.

Un groupe sanguin, qu’est-ce que c’est ?

Les groupes sanguins consistent en une classification humaine des protéines présentes dans les globules rouges. Le système de classification date de 1901 et a été imaginé par Landsteiner, un biologiste autrichien.

Son questionnement a surgit suite à l’observation suivante : certaines transfusions sanguines fonctionnaient et d’autres non. Ce chercheur a donc émis l’hypothèse selon laquelle certains tissus seraient rejetés et a ensuite voulu trouver les causes à l’origine de ce rejet.

Pour cela, des échantillons de sang de différentes personnes ont été mélangés en laboratoire. Landsteiner a ainsi pu constater que, parfois, les différents sangs s’unissaient, et d’autres fois, cela n’était pas le cas. Cela ne pouvait que s’expliquer par une réponse immunitaire, et c’est bel et bien le cas : les globules rouges ne contiennent pas forcément les mêmes protéines d’une personne à une autre.

Suite à ces observations, les chercheurs ont pu établir une classification des différents groupes sanguins : A, B, O et AB. Ces dénominations indiquent la présence ou non des antigènes nommés A et B sur la surface des globules rouges.

Plus tard, cette classification a été complétée par le système Rh qui porte également le nom de système de l’antigène D. De la même manière, ce système évalue la présence ou non de l’antigène D sur la surface des globules rouges. Les personnes qui possèdent l’antigène D sont dites Rh positives. Les personnes qui ne possèdent pas cet antigène sont, elles, Rh négatives, ce qui représente un problème pour les femmes enceintes, par exemple.

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Le coronavirus et le groupe sanguin

Comment le coronavirus infecte-t-il un organisme humain ?

À l’heure de se demander comment le coronavirus affecte chaque groupe sanguin, il faut prendre en considération le point suivant : le virus pénètre dans cellules grâce à des protéines. Le SARS-CoV-2 possède des spicules sur sa surface, lesquelles fonctionnent comme une clé pour pénétrer dans les cellules.

Nous savons aujourd’hui que les cellules pulmonaires, rénales, cardiaques, ainsi que les neurones, possèdent des récepteurs pour ce coronavirus. Le récepteur en question est l’ACE2, lequel fait partie du système rénine-angiotensine.

Ce récepteur ne se trouve évidemment pas dans notre organisme pour accueillir le coronavirus : il existe pour d’autres raisons. Le problème est que, pour le virus SARS-CoV-2, ce récepteur est un emplacement parfait pour pénétrer dans les cellules.

Bien qu’il n’y ait aucune recherche indiquant que le coronavirus infecte les globules rouges, le système des groupes sanguins est, comme nous l’avons laissé entendre précédemment, lié à l’immunité. Les protéines et antigènes qui se trouvent sur la surface des globules rouges ont pour fonction de reconnaître les agents pathogènes externes ou différents.

Que se passerait-t-il si le groupe sanguin A ne possédait pas la même capacité de détection d’une infection que le groupe B ? Cette question ouvre la voie vers de nouvelles recherches.

Pourquoi le coronavirus affecte différemment chaque groupe sanguin ?

Le mécanisme d’entrée du coronavirus dans les cellules entretient un lien étroit avec la raison pour laquelle ce virus infecte différemment chaque groupe sanguin. Nous tenons à rappeler que les résultats de la recherche chinoise selon lesquels le lien entre ces deux points s’explique par l’immunologie ne sont pas définitifs.

Une partie des protéines dont nous parlons sont des sucres ou s’unissent à des sucres qui circulent dans le sang. Nous savons déjà depuis longtemps que la famille des coronavirus a une forte affinité pour le sucre. Nous faisons ici référence au sucre en tant que composé chimique et non au sucre que nous utilisons en cuisine.

Du côté des globules rouges, les antigènes qui régulent le rejet ou l’acceptation d’un autre sang a également recours au sucre. Il est alors logique de penser qu’un patient qui possède certains sucres dans ses globules rouges réponde de manière différente par rapport à un autre patient qui ne possède pas ces sucres, par exemple.

Des coronavirus

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En somme…

Ces informations ne doivent pas modifier nos mesures actuelles. Mais c’est une avancée pour étudier, dans le futur, le comportement des virus dans des situations particulières. Nous pourrons peut-être percer plus de mystères sur le sujet et ainsi améliorer notre réponse immunitaire face aux agents pathogènes externes tels que le coronavirus.

  • Zhao, Jiao, et al. « Relationship between the ABO Blood Group and the COVID-19 Susceptibility. » medRxiv (2020).
  • Li, Wenhui, et al. « Receptor and viral determinants of SARS‐coronavirus adaptation to human ACE2. » The EMBO journal 24.8 (2005): 1634-1643.
  • Chen, Hongying, et al. « Interaction of the coronavirus nucleoprotein with nucleolar antigens and the host cell. » Journal of virology 76.10 (2002): 5233-5250.