Comment le COVID-19 affecte-t-il le cerveau ?

21 mai 2020
De nouvelles preuves suggèrent que le coronavirus est capable de nuire à des organes autres que les poumons. Certains neurologues ont expliqué comment il affecte le cerveau, et nous vous en parlons dans cet article.

Savoir comment le COVID-19 affecte le cerveau, c’est l’une des nouvelles préoccupations de l’équipe de santé. Il existe déjà des preuves indiquant également une affection des reins et du cœur, on commence donc à parler d’une maladie multi-systémique.

Cela marque une différence avec d’autres pathologies virales comme la grippe, pour laquelle nous n’avons que des symptômes respiratoires, et tout au plus de la fièvre. Les recherches sur le coronavirus indiquent que les récepteurs cellulaires ACE2 sont les clés de l’accès aux différentes cellules du corps.

La situation est que le récepteur ACE2, comme nous l’expliquerons dans cet article, est présent dans de multiples sites chez l’être humain. C’est ainsi que le COVID-19 affecte le cerveau en utilisant l’affinité à cette protéine.

Il est important de souligner que les symptômes indicatifs par excellence restent les mêmes : fièvre, toux, fatigue et détresse respiratoire. Mais de plus en plus de personnes sont averties des signes secondaires qui peuvent conduire à une attention précoce, ce qui permet de gagner du temps. On a déjà mentionné les problèmes visuels et la perte d’odorat. Peut-être faut-il maintenant ajouter la question neurologique.

Le récepteur ACE2 explique comment le COVID-19 affecte le cerveau

Les coronavirus ont une conformation externe en forme de couronne, et c’est de là que vient leur nom. Cette couronne se compose de spicules qui possèdent les protéines permettant d’accéder aux cellules humaines. Le récepteur humain est la protéine ACE2.

Le récepteur existe dans le corps humain, comme nous le savons, pour interagir dans un système appelé rénine-angiotensine. Ce système d’hormones et de substances internes est activement impliqué dans la régulation de la pression sanguine. Les poumons, le cœur et les reins sont donc impliqués.

Mais le COVID-19 affecte le cerveau car nous avons aussi des récepteurs ACE2 sur certains neurones. Bien qu’il n’y ait pas de confirmation complète du neurotropisme – affinité des neurones par le SARS-CoV-2 – le soupçon est fondé.

La pertinence du récepteur ACE2 est essentielle pour comprendre la mort par le coronavirus. Différentes séries révèlent que les hypertendus constituent un groupe à forte incidence de létalité, ce qui s’expliquerait par l’influence du système rénine-angiotensine.

Le cerveau en miniature

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Les symptômes qui révèlent comment le COVID-19 affecte le cerveau

L’absence d’odorat, qui est apparue comme un symptôme précoce du coronavirus, mis en garde par les associations médicales du monde entier, est attribuée au tropisme neurologique du SARS-CoV-2.

Le nom du signe est anosmie, et les neurologues s’accordent à dire que cela se produirait à cause de problèmes dans les neurones du système olfactif.

Des cas de personnes infectées par des coronavirus ayant eu une myosite – inflammation musculaire -, le syndrome de Guillain-Barré et une méningite ont également été décrits. Tous peuvent se référer au système nerveux central et périphérique.

Un risque important d’atteinte cérébrale par le COVID-19 est lié à la vascularisation du cerveau. Outre le tropisme possible du SARS-CoV-2 vers les neurones, les couches internes des artères cérébrales peuvent être endommagées lors de l’infection.

On connaît cette lésion endothéliale microscopique sous le nom de microangiopathie. Dans le pire des cas, elle entraîne une hémorragie intracérébrale et un accident vasculaire cérébral.

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Deux voies de de lésions cérébrales dues au coronavirus

Une femme pendant la pandémie de coronavirus

Il y aurait deux voies que la maladie du COVID-19 suit pour affecter le cerveau. L’une de ces voies est plus directe et repose sur l’hypothèse du tropisme neuronal du virus. L’autre voie est indirecte et s’explique par les multiples organes qui entrent en état de choc lorsque le patient est dans un état grave dans les unités de soins intensifs.

La voie directe n’est pas complètement prouvée, comme nous l’avons déjà dit. Le SARS-CoV-2 entrerait dans les neurones via le récepteur ACE2, de la même manière qu’il entre dans le poumon et le rein.

D’autre part, la voie indirecte est celle qui envisage l’évolution du coronavirus dans l’organisme. Il y a d’abord le cadre respiratoire, puis la pneumonie consolidée, la défaillance de multiples organes, la diminution du flux sanguin vers le cerveau et, par conséquent, la mort des neurones qui ne reçoivent pas suffisamment d’oxygène.

Le COVID-19 affecte-t-il le cerveau ?

Nous savons que le COVID-19 affecte le cerveau, directement ou indirectement. La recherche scientifique continue d’informer et de révéler de nouveaux aspects de cette pandémie.

Pour le personnel de la santé des unités de soins intensifs, ces connaissances sont essentielles car ils peuvent adapter leur thérapie en fonction des résultats obtenus.

Ces informations précieuses améliorent la survie des patients, ce qui redonne de l’espoir dans l’incertitude de l’épidémie mondiale de coronavirus.

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